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Les prodromes de l’expérience Roosevelt, par J. Lescure

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- à un cours plus élevé que le cours mondial, obligea la Chine à abandonner l’étalon argent et entraîna des difficultés pour le Mexique, mais il augmenta de façon considérable les revenus des producteurs américains.

L'importance de l'inflation monétaire diminua cependant assez rapidement. Le relèvement des prix, sous l'influence surtout des lois de restriction imposées à l’agri-

culture et à l’industrie, ne rendait plus nécessaire la pour-

suite d’une telle politique dont les dangers étaient d’ailleurs connus par le Président Roosevelt. Son refus d’utiliser les 3 milliards de greenbacks mis à sa disposition par le Congrès en est une preuve.

La stabilisation du dollar, maintenue depuis 1934, marque l’abandon de l'inflation monétaire, les achats d’argent qui furent encore très importants jusqu’en 1936 n’ayant eu malgré tout qu’une influence plus restreinte sur l’économie intérieure américaine.

L'amélioration de la situation économique allait conduire la politique monétaire vers un objectif devenu traditionnel aux États-Unis depuis la guerre : la stabilisation économique.

Il s’agit d'éviter les mouvements cycliques dont les effets sont désastreux, que ce soient les périodes de hausse ou les périodes de baisse. La hausse donne aux entreprises une prospérité en partie illusoire; elle éprouve les individus dont les revenus sont fixes (rentiers), ou varient lentement (travailleurs dont les salaires ne s’adaptent pas automatiquement et rapidement à l’élévation du coût de la vie) ; elle est favorable aux débiteurs, mais préjudiciable aux créanciers.

La baisse paralyse progressivement les entreprises, réduit les profits, provoque le chômage ; elle est avanta-

geuse pour les créanciers mais éprouve les débiteurs:

Après la guerre les États-Unis se trouvaient dans une situation telle qu’ils pouvaient adopter: une: politique: monétaire sans se soucier des effets possibles-sur les réserves: d'or. Cette situation privilégiée se: maintint les années suivantesiet tout l'intérêt des dirigeants du Federal Reserve: System se concentra sur la question de là stabilité écono-mique, grâce au maintien: à un niveau convenablement: choisi de l'indice des prix. Les erreurs commises: parles: autorités américaines: pour atteindre ce but sont trop: connues pour qu’il soit nécessaire de les rappeler.

Cette conception, qui prétend faire dépendre la stabilité: de la situation économique de la stabilisation d'un simple indice des prix, est assurément trop étroite. Le Conseil! des Gouverneurs du Federal Reserve System en à d’ailleurs montré les défauts : : « Tout en pensant que les: « larges fluctuations du niveau des prix sont désastreuses,- « nous sommes convaincus que l’on ne peut obtenir uni- « quement par un niveau des prix maintenu stable le « développement et le maintien à leur maximum des res-- « sources de la nation ». Il ne peut être question, en effet, de stabiliser les prix individuellement, ce serait une tâche impossible. Quant à stabiliser un indice général, on se heurte aux difficultés qu’il y a d’en trouver un satisfaisant.

« Les conditions économiques, fait remarquer le Con: « seil’ des Gouverneurs, peuvent se modifier, alors que « l’indice ne change pas, l’activité des affaires peut changer « dans un sens ou dans: un autre et il peut s’écouler un « temps assez long avant que ces changements soient « reflétés dans l'indice des prix.

42° Federal Reserve Bulletin, septembre 1937:

INTRODUCTION: pe T4

«Il y'aides!casoù les changements dans. le niveau. des « prix permettront de maintenir la: stabilité économique. «a baissedes prix à l&: suite d'améliorations techniques « peut servi par exemple à maintenir la stabilité en augmen- « tant la consommation: Dans d'autres cas, pour augmen- «ter là main-d'œuvre employée. ou: pour: éviter le chô- «mage, il est nécessaire d'élever les prix.

«La stabilité des prix comme guide est: inadéquaté « lorsque l’index des prix monte à cause. des: prix. agri- « coles.Une telle hausse peut résulter, soit d’une mauvaise « récolte aux Etats-Unis, soit d’une mauvaise récolte « mondiale, tandis que la récolte nationale est très forte « eb que l’industrie fonctionne à plein rendement. Dans « les deux cas, si l’indice des prix était le seul guide, on « serait conduit à une politique de restriction. Dans le « premier cas c’est toujours une erreur, dans le second on « peut hésiter. »

Comment les autorités monétaires peuvent-elles alors contribuer à assurer la stabilité économique qui demeure l'objectif de leur politique si elles ne peuvent se guider sur le niveau des prix ?

« Elles doivent, répond le Conseil des Gouverneurs, « exercer leur influence de façon à maintenir un crédit suf- « fisant pour que les forces productives du pays soient « employées autant qu’elles peuvent l'être. »

Si on estime que le développement de la production est excessif et dépasse ce qui paraît normal, on le freinera en restreignant le crédit. Dans le cas contraire, on augmentera les possibilités de crédit.

« Mais pour que les variations de quantité du crédit « agissent sur l’économie, il est nécessaire que le système « bancaire, par l'intermédiaire duquel elles s’effectuent

« ait une structure solide et qu’il soit sous le contrôle des « autorités monétaires. »

La politique bancaire conditionne donc la politique monétaire. Le Banking Act de 1935 correspond à ce principe. Il à transformé profondément l’organisation bancaire en poursuivant son assainissement définitif et en étendant le contrôle des autorités fédérales. Il à ainsi facilité l’exécution de la politique monétaire poursuivie ces dernières années.

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