‹ L'Expérience RooseveltChapitre 32 sur 54 · L'AIDE APPORTÉE A L’ÉTAT PAR LES BANQUES · texte numérisé non relu

L'AIDE APPORTÉE A L’ÉTAT PAR LES BANQUES

Le financement de l’activité industrielle, commerciale ou agricole par l'État ne s’est pas fait seulement par l’in- termédiaire d’offices publics accordant des prêts remboursables, mais il à été réalisé pour la plus grande partie par l'augmentation des dépenses et par une politique systématique de déficit budgétaire. Les deux procédés sont conduit à une augmentation de la dette publique qui est passée de 17 milliards en 1931 à 37 milliards de dollars à la fin de 1937°.

Cette politique financière à été facilitée par les banques qui ont absorbé la majeure partie des émissions de fonds d'État. La progression du portefeuille « titres du gouvernement fédéral » des banques affiliées, alors que les investissements de ces mêmes banques en « titres divers » n’ont

. 4. Dette du gouvernement fédéral portant intérêt.

augmenté que faiblement, montre le rôle joué par les banques ces dernières années.

Portefeuille « titres du gouvernement fédéral » des banques affiliées.

AUTRES VILLES BANQUÉS

NEW-YORK CHICAGO de réserve. locales.

30 juin 1929. . . 1.006 158 1.606 1.384 —— 101090. 2-00 1 384 2.483 1.469 — 104934. 0531210 661 dog 2.007 —4935.1-10.043:819 853 4.283 2.484 LE INLOSC NES LtE 708 1.106 5.000 2.803 0041987404 5:1680 4.001 4.902 3.155

(Millions de dollars).

Portefeuille «titres autres que ceux du gouvernement fédéral » des banques affiliées.

AUTRES VILLES BANQUÉS

NEW-YORK CHICAGO de réserve. locales.

30 juin 4919. . . 813 176° 1.670 3.240 M 1086 ere 312 1.863 2.605 0 SP 100 29% 1.733 2.639

(Millions de dollars).

Les banques ont pu aider le gouvernement sans rencontrer de difficultés parce que leurs disponibilités à la suite des importations massives de capitaux n’ont fait qu’augmenter, mais surtout parce qu’un circuit s’est créé, application de la règle «Loans make deposits» qui leur à permis et peut leur permettre encore d'augmenter leurs investissements en titres d'Etat sans agoraver leurs risques.

Pour souscrire aux emprunts les banques n’effectuent pas de versements en espèces dans les caisses du Trésor, ce qui diminuerait leur réserve et les obligerait à restreindre leurs engagements, mais elles créditent le gouvernement comme elles feraient pour un de leurs clients ordinaires. Lorsqu'il effectue ses dépenses le gouvernement tire un

chèque au profit des créanciers, comme ces derniers règlent à leur tour leurs dépenses en utilisant des chèques, tous les règlements se font par compensation, les fonds ne sont pas retirés mais restent en dépôt. Si ce circuit venait à s'ouvrir, si les crédits accordés ne se retrouvaient pas en totalité sous forme de dépôts, les banques pourraient mobiliser leur portefeuille auprès des Banques de Réserve en le faisant escompter.

Le financement des dépenses de l'Etat à eu pour conséquence une transformation profonde de la structure des banques. Les dépôts ont augmenté; ainsi ceux des banques affiliées sont passés (millions de dollars) :

30 juin 1933 : 25.078 ; 30 juin 1935 : 33.755 ; 30 juin 1937: 39.289.

Cette progression n’a eu pour contre-partie qu’une augmentation des investissements, les prêts qui constituent le crédit accordé par les banques au commerce ou à l’industrie n’ont pas cessé de décroître ::

PRÊTS PRÊTS INVESTISSEMENTS

30%juin 1929%%%,7#25:658 74 28 — DOS AE NU: 558 52 48 — HOS EE 12 023 46 54 — 4995 AA 928 41 59 — 1OS ENS A 12 542 39 61 — 1937. 14.285 4% 56

(Millions de dollars.)

(Ces chiffres correspondent aux banques affiliées.)

Cette diminution du portefeuille commercial tient pour une large part au déclin général du volume des affaires depuis le commencement de la dépression économique.

Mais la baisse des prêts commerciaux, si elle à été très accentuée depuis 1929 a commencé cependant bien aupa-

ravant. Elle dure en fait depuis la guerre et s’explique par la politique suivie par les sociétés pour essayer de devenir indépendantes des banques, ce qui les à conduit à augmenter leur capital et leurs émissions d’obligations. Le développement des magasins à succursales multiples et des grands magasins dont les ressources sont plus importantes que les petits magasins d'autrefois à diminué le rôle que jouaient les banques locales dans le financement du commerce de détail. Les moyens de transports plus rapides et les méthodes perfectionnées de production rendent moins nécessaire la constitution de stocks importants et exercent aussi une influence sur la demande de crédit.

Une enquête faite en 1935 par les Banques de Réserve : a montré que les grandes sociétés commerciales ou industrielles avaient de 1933 à 1935 augmenté considérablement leurs dépôts à vue. Elles avaient ainsi constitué de larges encaisses leur permettant même en cas de reprise économique de se passer en partie du concours des banques.

On à voulu imputer à la politique suivie par les banques ce faible montant de leurs prêts. Trop prudentes dans leurs ouvertures de crédit, elles se seraient montrées réticentes pour satisfaire les demandes. Cette opinion communément répandue à été à l’origine d’une mesure prise en 1934. Les Banques de Réserve ont été autorisées à faire directement des avances au commerce et à l’industrie, ce qui leur était interdit par le Federal Reserve Act de 1913. Une propagande intense par articles de journaux ou par radio fut entreprise pour faire connaître au publie les facilités dont il pouvait profiter. De nombreuses demandes ont été reçues par les Banques de Réserve mais la plupart

Page 1