CONCLUSION
La loi de 1935 et la politique bancaire suivie par les États-Unis sont dominées, semble-t-il, par l’idée que les problèmes quantitatifs ont en matière de crédit une importance plus grande que les problèmes qualitatifs. Pour les autorités fédérales la surveillance de la gestion des banques consiste beaucoup plus à faire observer certaines proportions entre les éléments de l’actif et les exigibilités du passif qu’à distinguer la nature des placements et à rechercher s’ils sont vraiment liquides. Pour le public, la confiance qu’il doit accorder au système bancaire repose moins sur sa capacité de faire face aux obligations assumées que sur l’assurance des dépôts. Quant aux banques d’émission, les crédits qu’elles consentent ne sont plus uniquement des avances à court terme, nécessairement remboursables parce que basées sur des transactions déjà réalisées, mais ils peuvent représenter des capitaux investis de façon permanente dans la production.
Ainsi la distinction entre le crédit à court terme et les placements à longue échéance, fondement du rôle traditionnel d’un système de banques d’émission et de banques commerciales, n’est plus admise. Dans la théorie classique, les crédits fournis par les établissements de dépôt refluant automatiquement au bout d’une courte période doivent
s’adapter continuellement aux flutuations économiques
sur lesquelles ils n’ont pas d'influence déterminante.
La conception nouvelle, au contraire, ne fait pas de différence entre une avance pour un besoin de capital et un effet de commerce. La qualité du crédit ne joue pas un rôle important pour les partisans de la thèse de l’initiative bancaire en matière économique. Tout leur intérêt se concentre sur les problèmes quantitatifs et sur la facon de contrôler le volume du crédit. Les emprunts à court terme développés dans une large proportion, leur paraissent même être une cause des troubles éprouvés par l’économie. Aucune stabilité réelle de production ne serait possible tant que les préteurs à court terme pourront à tout moment demander le remboursement de leurs avances. Le pire même serait que tous les emprunts fussent au jour le jour. Mais le développement du crédit à long terme sous forme d’avance, s’il permet d’assurer plus facilement la stabilisation de l’activité économique, ainsi que le pensent les promoteurs de la monnaie dirigée, rend plus difficile le maintien de la liquidité du système bancaire.
Présenter une situation liquide consiste pour une banque à pouvoir faire face aux obligations qu’elle à assumées. Cette possibilité ne dépend pas obligatoirement d’une proportion fixée de façon absolue entre ses réserves en espèces et ses engagements. Mais elle existe, lorsque les investissements dans des entreprises saines sont répartis de façon appropriée aux obligations. Plus longue est l’échéance d’un placement, plus sérieux sont les risques courus, plus il est nécessaire d’étudier de façon approfondie les probabilités d’avenir pour faire une juste discrimination et une répartition exacte. C’est en matière de crédit à long terme et d’investissement que les banques éprouvent les pertes les plus fortes.
Une politique quantitative de crédit systématiquement poursuivie peut, si elle réussit, contribuer à maintenir l’expansion de l’activité économique, mais parce qu’elle abandonne tout souci qualitatif, elle encourage aussi les banques à financer des entreprises vouées d'avance et obligatoirement à l’insuccès, compromettant ainsi leur situation et celle du système bancaire tout entier.
Un échec de la politique de stabilisation a des consé-
quences très graves pour le système bancaire. Liées étroitement à la production, les banques en suivent les vicissitudes et dans le cas d’une dépression économique profonde, elles ne peuvent résister.
Si, pour pratiquer une politique monétaire de stabilisation, il est nécessaire que le système bancaire soit assaini et stable, un pareil résultat est difficile à obtenir lorsqu’une telle politique est mise en œuvre.
Actuellement, la situation des banques américaines peut, dans son ensemble, être considérée comme satisfaisante, la garantie d’une amélioration définitive repose en grande partie sur le contrôle de la F. D. I. C. et sur son indépendance vis-à-vis des autorités monétaires.
UXIÈME PARTIE
et
PM