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AUGMENTATION DES MARGES A LA BOURSE

Tandis que la situation économique s’améliorait progressivement, les autorités financières américaines commencèrent à redouter un mouvement de spéculation analogue à celui de 1928-29.

La Bourse ne s'était pas contentée de suivre les variations des profits des entreprises, mais selon son habitude elle les avait escomptés. La valeur globale des actions cotées au Stock Exchange passait de 32 milliards 542 millions de dollars en janvier 1934 et 33 milliards 933 millions en janvier 1935 à 46 milliards 954 millions en janvier 1936.

Pour freiner une hausse qui apparaissait excessive, les marges des prêts sur titres furent relevées. On sait qu’à New-York, le marché à terme n’existant pas, les spéculateurs doivent régler immédiatement leurs achats. Chaque titre doit être payé et livré le lendemaiïn du jour où il à été acheté avant midi. L’argent nécessaire est obtenu en donnant en nantissement les titres qui viennent d’être achetés. L’acheteur qui ne peut pas payer ses titres dès le lendemain de son achat, les remet à un broker et reçoit une somme dont le maximum depuis le « Securities Exchange Act » de 1934 devait être de 55 p. 100 du prix courant du titre ou égale au prix le plus faible coté depuis le 1er juillet 1933,

sans dépasser toutefois 75 p. 100 du prix courant. Le but de cette réglementation est d'empêcher que la hausse des cours ne donne la possibilité d’un emprunt supplémentaire.

Tant que le cours d’un titre reste inférieur à 133 p.100 du prix le plus faible coté durant la période fixée, un acheteur peut emprunter à un broker jusqu’à 75 p. 100 du prix courant, car jusqu’au cours de 133, les 75 p. 100 du prix courant ne dépassent pas le prix le plus faible. La somme que Von peut obtenir en contre-partie des titres donnés en gage croît donc avec la hausse des cours.

Mais si cette hausse dépasse 133 p. 100 du prix le plus faible et n’atteint pas 182 p. 100 de ce prix, le montant que l’on peut emprunter n’augmente pas, car le pourcentage de la marge requise croît à mesure que le cours du titre monte. Le plafond de 75 p. 100 empêche de profiter de la hausse. Le titre se trouve dans « lantipyramiding zone ».

A partir du moment où les cours dépassent 182 p. 100 du prix le moins élevé, un prêt de 55 ‘p. 100 de la valeur courante étant plus élevé qu’un prêt de 100 p. 100 du prix le plus bas, toute hausse nouvelle permet à l’emprunteur de rétirer une somme plus élevée. |

A la fin de 1935, les cours de la plupart des valeurs cotées en Bourse avaient dépassé 182 p.100, de sorte que les spéculateurs avaient la possibilité de profiter de la hausse en empruntant aux brokers.

En janvier 1936, le Conseil des gouverneurs décida d’abaisser le maximum des prêts sur titres de 55 p. 100 à 45 p. 100 de la valeur courante, « l’antipyramiding zone » était ainsi étendue de 182 à 222 p. 100 du prix le moins élevé coté depuis 1933.

Devenue effective le 1er février pour les brokers, cette mesure fut appliquée aux banques à partir de mars.

La hausse des cours se poursuivit malgré ces restrictions. La valeur globale des actions au Stock Exchange de New- York était de 59 milliards 878 millions de dollars le 1er janvier 1937, de 62 milliards 617 millions le 1er mars.

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