ÉLÉVATION DU TAUX DES RÉSERVES OBLIGATOIRES
L'intervention sur le marché des valeurs ne suffisait pas pour enrayer un « boom ». Dès le mois de novembre 1935, le Président du Stock Exchange avait signalé que le danger qui menaçait la Bourse provenait des taux dérisoires de l’argent et des réserves trop élevées des banques commerciales. De son côté, le Conseil des gouverneurs s’inquiétait de cette situation.
Un communiqué publié en décembre à la suite d’une réunion tenue avec le « Federal Open Market Committee » montre cette préoccupation : « L’existence de trop larges réserves à tendance à entretenir et à encourager l’activité de la spéculation, à accroître les prix, à élever le coût de la vie. Le Conseil est d'avis que même si les réserves en excès disparaissaient, les banques pourraient faire face à tous les besoins légitimes et fondés du commerce et de l’industrie ; mais pour empêcher une inflation de crédit non justifiée et dangereuse, il est souhaitable à tous points de vue d’éliminer ou au moins de réduire considérablement les réserves. »
Ainsi l’abondance des capitaux qui avait permis depuis 1933 de pratiquer une politique d’argent bon marché apparaissait dangereuse. L’aisance monétaire qui avait aidé le gouvernement fédéral en lui facilitant la gestion de la dette publique :, ensuite l’industrie et le commerce en leur pro-
1. Malgré l’augmentation de 15 milliards de la dette publique fédérale depuis 1933, le taux moyen de l’intérêt a été réduit pour les fonds
curant des ressources à des taux très faibles : pouvait déclencher une inflation de crédit. |
Les importations d’or, qui n’avaient pas cessé depuis à stabilisation de fait du dollar, avaient augmenté les réserves des banques, leur procurant ainsi une marge de crédit considérable sans avoir à faire appel au concours des Banques de Réserve.
La situation troublée de l’Europe tant au point de vue politique que monétaire et économique, la hausse des marchés américains qui permettait de réaliser d'importants bénéfices, expliquent ce mouvement des capitaux vers les États-Unis. La dévaluation des monnaies du « Bloc-or », puis la signature de l’accord tripartite n’amenèrent pas le rapatriement des fonds européens. L’or continua à affluer. De 8 milliards 238 millions de dollars fin 1934, le stock monétaire passait à 10 milliards 125 millions fin 1935, 11 milliards 258 millions fin 1936, représentant plus de la moitié . du stock d’or mondial.
L’or importé par l’intermédiaire des banques était obligatoirement vendu à la Trésorerie, qui pour s'acquitter remettait un chèque payable sur ses comptes auprès des banques fédérales. La banque importatrice déposait ce chèque à la banque fédérale de son district pour s’en faire créditer. Les avoirs des banques affiliées auprès des banques fédérales, c’est-à-dire leurs réservesaugmentaient, bien que n'ayant pas à garantir une élévation considérable des dépublics de 3 et 4 p. 100 à 2,6 p. 100 grâce à d’heureuses conversions. Voir F. Louis Closon : La politique financière du président Roosevelt.
4. Les taux sur les marchés libres ont été les suivants : JUIN
Papier commercial p. 100 . . . GONNA /EuS ES ENT A Bankers acceptance p. 100 . . 51/2 3/8 3/16 1/8 1/8 7/16
pôts. Les réserves en excès prenaient ainsi des proportions de plus en plus fortes : pour l’ensemble des banques affiliées les chiffres sont les suivants :