‹ L'Expérience RooseveltChapitre 50 sur 54 · National City Bank Bulletin, octobre · texte numérisé non relu

National City Bank Bulletin, octobre

prit d'entreprise et les commandes d'outillage fléchissent avant que ne diminuent les prix de vente des marchandises et des objets de consommation :. Or, au moment où commence le mouvement de baïsse, de nombreuses commandes d’outillages annoncées dans les comptes rendus des sociétés pour l’année qui vient de se terminer n’ont pas encore été passées. Pour la plus grande partie, elles durent être annulées. Les plans d’extension ou de modernisation, ne furent pas réalisés. |

La marge de développement qu’avait encore devant elle l’économie américaine disparut. La volonté du gouvernement d’arrêter la hausse, volonté qui s’est traduite non seulement par des avertissements répétés donnés aux milieux d’affaires, mais par des actes, à découragé les initiatives nouvelles, affaibli l'esprit d'entreprise. Les mesures monétaires de déflation dont les effets ont été précédemment analysés sont à l’origine de la diminution de l’activité économique. Les réactions psychologiques qu’elles ont déclenchées ont amplifié encore leur influence.

On trouve dans l’histoire économique des États-Unis depuis la guerre un précédent à cette situation.

Au début de 1923 se place une augmentation très nette des prix et de la production. Le rythme de cette reprise est assez rapide, les milieux d’affaires estiment qu’elle durera longtemps. Les importations d’or sont importantes et ont pour effet de donner une nouvelle base de crédit aux banques affiliées et de les libérer du contrôle des Banques de Réserve. Sans faire appel à leur concours, les « member banks » peuvent développer leurs prêts. Les prévisions semblent fondées et la marge de hausse paraît considérable.

1. J. Lescure. Les crises générales et périodiques de surproduction.

Mais brusquement, au printemps de 1923 la hausse des prix s'arrête, une baisse sensible lui succède. La production s’accroît encore légèrement, puis diminue à partir du mois de mai, le chômage augmente, les cours des actions baissent. On note tous les traits caractéristiques de crise de surproduction, cependant la période d’intense activité qui précède le renversement de la conjoncture n’a pas eu lieu.

Nombres indices. Bureau of Labor Statistics. 1926 — 100.

MATÉRIAUX INDICE PRODUITS PRODUITS de construc- MÉTALgénéral. agricoles. alimentaires. tion. LURGIE TEXTILE Janvier 1922. 91,4 88,0 83,3 91,6 91,0 977

—— 41923. 102,0 99,6 92,3 107,1 106,6 1102 — 1924. 99,6 - 101,4 91,4 105,1 117,5 112,3 — : 1925. 102,9 113,8 99,7 103,8 107,3 108,8 Avril 1922. 93,2 92,6 84,3 90,9 91,9 95,0 — 1923. 103,9 98,5 93,3 115,5 122,9 114,4 Rd 07 leo 8 86,7 105,0 113,2 1050 — 4925. 101,9 107,6 97,3 101,5 103,1 108,6

Juillet 1922. 99,4 95,6 88,4 97,1 96,2 100,7 011923. 1.08 4 5. "08.0 90,5 108,99 120,6 107,9 — 1924 95,6 98,6 87,4 99,2 109,4 103,7

Octobre 1922. 99,6 100,6 91,6 104,6 108,6 104,0 1004928. 199: 11032 95,8 105,7 117,6 111,1 — 1924 98,2 107,0 94,9 99,8 102,9 106,4 — 1925. 103,6 97,9 103,8 101,3 99,6 108,3

Indice général de la production industrielle (non ajusté) 1923-25 = 100 (Federal Reserve Bulletin).

1922 1923 1924 4925 Janvier ::: Leu 0172 99 99 105 Février nn enAaur 076 101 104 107 INTALS AN PE AN TE 6 1 105 103 107 De 1 NRC MR RE EL 107 96 104 Mae SET LES 108 90 103 TOR MER Te 6 105 84 100 ile NEA SE 101 81 99 AQU Mara s 3 100 87 101 Septembre. . . . 89 101 95 102 Octobre : :.”. 11 17196 102 98 407 Novembre. . . . 99 99 99 108

Décembre. . : . 95 92 97 103

Indice de l'emploi.

(1923-25 — 100) Bureau of Labor Statistics,

1922 1923 1924. 4925 J'ANVTET CINARNE D NES 100,8 400,1 96,5 Février. . . . . 84,5 402,6: 101 ,5 98,2 DTA CSP MT NPNEANE ASE 104,7 101 ,7 9971 ANT ICT Mn DRE 05,2 400,0 98,9 (UE EN AO Te 105,3 96,7 98,2 DU AAA GONE 406,0 93,8 98,1 JU EN RME MTS TES 104,9 90,8 87,0 AOÛ CIE UPS 105,2 92 ,1 99,7 Septembre. . : . 94,0 105,6 94,8 101,6 Octobre. . . . . 96,7 104,4 95,1 102,2 Novembre. . . . 98,4 108,1 94,7 101,9 Décembre. . . . 99,7 101,3 96,1 101,6

Indice des salaires payés.

(1923-25 — 100) Bureau of Labor Statistics.

1922 1923 1924. 1925 danvier CHE UNE MT OS 94,8 98,7 9527 Février. LS 0073,1 98,1 104,1 400,9 IMATS I EE NP ÉRIRTS Se 102,8 104,1 402,6 ANT AM T4 104,1 104,9 400,1 DTA FAURE OPA 6, 107,5 97 ,% 100,8 ne AE AUS 079 107,7 92,2 98,8 Juillet ET TSX E. 103,4 85,4 96,9 Ve QU A AN LEE A LEE RE OP 103,8 89,2 9975 Septembre. . . . 87,1 104,2 92,38 98,8 Octobre .1147"0789,6 106,5 94,9 404,7 Novembre. . . . 93,4 104,4 93,4 104,7 Décembre tie MON 102,8 97,7 105 ,1

Or en 1923, le Federal Reserve Board à inauguré sa politique, de monnaïe dirigée. Estimant que la hausse, si elle n’était freinée pourrait provoquer une « boom », les autorités monétaires sont intervenues. Leur action $’est exercée sur le marché libre pour annuler linfluence des importations d’or. L? «open market committee » créé en 1922 pour coordonner les décisions des différentes Banques de Réserve a fait procéder à des ventes de titres. Le portefeuille des titres fédéraux passe ainsi de 421 millions de dollars aux: dé-

but de l’année 1923 à 89 millions en août. Le taux d’escompte des Banques de Réserve de Boston, New-York, San Francisco, à été relevé de 1 /2 point en février. Ces mesures techniques furent, comme dans là crise récente, amplifiées par des influences psychologiques. Les déclarations d’économistes, d’autorités officielles, d’hommes politiques, ont mis en garde les industriels contre l'inflation. Ces conseils de prudence renouvelés à plusieurs reprises ont ajouté leurs effets au renchérissement du crédit. La baisse de la production industrielle se poursuit jusqu’en juillet et août 1924.

Dès le début de 1924 cependant, la politique monétaire subit un changement complet. Les Banques Fédérales qui ont cessé de vendre des valeurs depuis le mois d’août 1923 commencent à acheter des titres et reconstituent leur por- . tefeuille. En février et mars 1924, les achats atteignent 109 millions. Puis le taux d’escompte est progressivement abaissé, 4 p.100 en mai 1924, 3,5 p. 100 en juin, 3 p. 100 en août. L’intention du Federal Reserve Board est de faciliter le crédit. L’afflux d’or, auquel les autorités laissent maintenant exercer son influence normale, contribue à l’abaissement du loyer de l’argent et à l’accroissement des disponibilités. A cette nouvelle orientation de la politique monétaire correspond un renversement de la situation économique et au cours du dernier trimestre de 1924, on assiste à une reprise de la production des prix.

Décrivant cette évolution de l’économie américaine au cours des années 1923 et 1924, M. Lescure s'exprime ainsi : « En resserrant le crédit dès le départ de la reprise, les Federal Reserve Banks vont provoquer une pseudo-crise, une paracrise. Au lieu de modérer la hausse, on précipite la baisse dans tous les domaines. La différence avec la cerise

réside simplement dans ampleur de la baisse plus brutale, plus marquée en cas de crise 1 ».

La baisse de production ne fut en 1923 que de 21 p. 100, celle des cours de Bourse de 16 p. 100. Pour la période actuelle cependant, les chiffres sont beaucoup plus forts. L’indice général de production marque une baisse de 36 p. 100, celui des cours de Bourse une chute de 50 p. 100.

Si la baisse à été si profonde en 1937-38, qu’il paraît diff cile d'employer le terme de «paracrise », c’est probablement parce que les mesures monétaires n’ont pas été les seules prises par le Président Roosevelt. La déflation monétaire a été accompagnée d’une réduction importante du déficit budgétaire.

Pendant quatre ans, le déficit avait atteint ou dépassé 3 milliards de dollars?, or, en 1937-38, il n’a été que de 1 milliard 459 millions.

Les dépenses n’ont pas été sensiblement réduites 5, mais les recettes ont été augmentées. Le financement par les banques de l’excédent des dépenses fédérales à donc diminué. La dette offerte sur le marché libre qui était en 1936 de 4 milliards 768 millions de dollars, n’était plus en 1937 que de 1 milliard 292 millions.

La fin de l’intervention des banques dans le financement du déficit budgétaire devait être la preuve de la force du redressement amorcé par la mise en application du « New- Deal ». Les banques, par les crédits consentis à l’État

1. Lescure. Les crises générales et périodiques de surproduction.

2. Les déficits ont été (millions de dollars) 1938-84 : 3.989,1984 35 : 3.575 ; 1935-36 : 4.764 ; 1936-37 : 2.811.

3. Les dépenses ont été les suivantes (dépenses totales y compris Pamortissement de la dette) en millions de dollars, 1932-33 : 5.143 ;: 1933-34 : 7.105 ; 1934-35 : 7.336 ; 1935-36 : 8.880 ; 1936-37 : 8.105 ; 1937-38 : 7.671.

avaient créé un pouvoir d'achat nouveau qui avait ranimé l’activité économique. En cessant de recourir à leur aide et en augmentant les recettes pour couvrir les dépenses, le gouvernement ne faisait plus que transférer un pouvoir d'achat existant. Pour compenser cette déflation, conséquence obligée de ce changement de politique, les dépenses et investissements privés auraient dû être plus élevés et auraient dû venir remplacer les capitaux fournis par l’État.

Cette transition ne s’est pas produite. La reprise économique à duré tant que les fonds ont été répandus par l'État. Laiïssée à elle-même, livrée à ses seules ressources, l’économie américaine à été incapable de subsister.

Si l’on s'accorde, pour expliquer cette situation, à penser qu’une réglementation trop rigide paralyse les entreprises, que des taxes trop lourdes et mal réparties frappent leurs revenus et leurs bénéfices non distribués !, on doit constater que les mesures monétaires qui devaient décourager la hausse, prévenir un emballement excessif ont été prises au moment même où le gouvernement estimait favorable de se retirer du domaine économique et de laisser à l'initiative privée le soin de poursuivre le redressement qu’il avait commencé.

1. Impôt sur les bénéfices non distribués : taux progressif de 20 à

60 p. 100 selon l'importance du revenu net non distribué. Impôt sur le revenu des sociétés : taux progressif de 12 1 /2 à 15 p.100.

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