‹ L'Expérience RooseveltChapitre 51 sur 54 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

En face de la crise qui s’est déclenchée en 1937, ladministration américaine n’est pas restée passive. Après avoir par des mesures monétaires redonné aux banques de larges possibilités de crédit, elle entend favoriser par tous les moyens une politique d’argent abondant et à bon marché. Les banques ont été incitées à collaborer avec le gouvernement pour octroyer des prêts et des facilités de crédit aux entreprises. Travaux publies, travaux de secours pour lutter contre le chômage vont reprendre avec une nouvelle ampleur. Comme en 1933, le Président Roosevelt veut « amorcer la pompe » (pump priming).

Il est probable que le financement du déficit par les banques permettant d'augmenter le pouvoir d'achat de tous ceux qui bénéficient des dépenses publiques, une reprise de Pactivité économique se produira si cette augmentation est suffisante. Mais cerésultat acquis, le même problème qu’en 1937 se posera : le gouvernement ne pouvant augmenter indéfiniment la dette publique devra restreindre ses dépenses ou augmenter ses recettes. L'économie américaine serat-elle alors capable de se suffire et pourra-t-elle par ses propres moyens soutenir le mouvement quilui aura été donné ?

I] faudrait pour cela que les investissements de capitaux privés remplacent les dépenses budgétaires. De cette substitution qui fut manquée une première fois, dépend la réussite ou l’échec de ce que l’on peut appeler le second New Deal, Mais si la poursuite d’une politique d'inflation de cré-

dit apparaît encore nécessaire, elle peut conduire aussi vers de nouvelles difficultés et retarder encore le moment où ayant repris confiance, les capitaux viendront s'investir.

Comme tous les stimulants, l’inflation de crédit produit à mesure qu’on l’emploie de moins en moins d'effets.

Pour réaliser le « choc psychologique » dont il attend la reprise, le gouvernement américain prévoit pour l’année fiscale 1938-39, un déficit de plus de 4 milliards, sensiblement égal à celui de l’année 1935-36, année exceptionnelle au cours de laquelle fut payée lindemnité de « bonus » aux anciens combattants, et dépassant le chiffre de 1933-34, bien que la situation économique ne $oit pas aussi défavorable.

L’augmentation plus rapide de la dette publique, conséquence du défeit plus important, rapproche le moment où les charges financières s’accroissant, le problème des finances publiques ajoutera un élément de trouble et deviendra préjudiciable au Crédit Public.

La limite au delà de laquelle une politique qui hypothèque l'avenir comme le fait la politique financière du Président Roosevelt devient alarmante, dépend du volume des charges fiscales et du revenu national.

Les intérêts de la dette représentent à l’heure actuelle environ 25 p. 100 des dépenses ordinaires (Regular Operating Expenditures) et 11 p. 100 des dépenses totales de l'État fédéral.

Le capital de la dette publique : représente 430 dollars par tête d’habitant, il est au Canada de 575, en Angleterre de 1.011 dollars. Les recettes fiscales de l’État et des collectivités ont représenté : en 1935, 17,5 p. 100 du revenu na-

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