A MEL
il joue le rôle d’auxiliaire du juge, sa parole a, sur certains points, droit à la foi la plus entière.
À cause précisément de sa qualité d’auxiliaire l'expert est l’objet d’un choix; il convient de s’adresser à un homme de métier et de prendre non seulement le technicien le plus adroit mais encore le plus indépendant, le plus capable de comprendre la portée en fait et en droit de sa mission. L'expert se choisit donc, mais le témoin se trouve. La présence du témoin à un événement résulte de circonstauces purement fortuites:; souvent le fait perçu et conservé est en lui-même d’un intérêt nul mais, plus tard, il servira à enchaîner d’autres faits, si on le rappelle. Chacun de nous peut assister à des événements en apparence insignifiants qui, le cas échéant, seront utiles comme éléments de crédibilité; il faudra seulement que nous pensions, ou que les parties nous découvrent et nous invitent, à faire part à la justice de nos souvenirs. Les témoins sont par conséquent forcément limités et faute d’un témoin à un fait la preuve défaille. L'expert au contraire n’est qu’un instrument «un verre qui grossit les objets et sert au juge, qui a la faculté de s’en servir à examiner en toute liberté si les images qu’on lui présente sont nettes (Bonnier). L’instrument devient remplaçable s'il ne peut servir: on remplacera lexpert inapte. empêché, reproché ou déporté. Or, si un témoin disparait ou est reproché et le reproche admis, la preuve défaille encore.
Différentes, l'expertise et l'enquête le sont encore