‹ L'exploitation de notre empire colonialChapitre 10 sur 130 · TEMPÉRAMENT ET CARACTÈRE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

TEMPÉRAMENT ET CARACTÈRE FRANÇAIS

radministration coloniale se donne pour premier devoir de venir en aide aux colons. Pourquoi notre gouvernement n'agirait-il pas ainsi? D'autre part, mais dans le même ordre d'idées, si les émigrants français se rendent dans les deux Amériques, si nos capitalistes engagent leur argent en Espagne, en Italie, en Russie, ce n'est point là le fait de la seule initiative individuelle : les agences officielles d'émigration ont sollicité les hommes ; les gouvernements ou les banques ont sollicité les capitaux.

Enfin, nous pourrions ajouter qu'il faut tenir compte, en pareille matière, du tempérament et du caractère de chaque peuple. Or l'esprit d'aventure de rémigrant français ne paraît aujourd'hui le conduire qu'exceptionnellement vers les terres vierges et tout à fait nouvelles : lorsque la Grande-Bretagne a pris possession, en i84o, de la Nouvelle-Zélande, il y avait déjà dans ces îles 2 000 colons anglais ; lorsque la France a pris possession, en i842, de Tahiti, et en i853 de la Calédonie, il n'y avait dans ces îles aucun colon français, mais seulement quelques missionnaires. Il semble aussi que nos commerçants, — la cause en est sans doute dans la « spécialité » de notre production industrielle, dont il sera parlé plus loin*, — ne soient guère portés à nouer d'eux-mêmes des relations d'affaires avec les Africains, les Asiatiques ou les tribus océaniennes : ils ont, à la vérité, devancé l'occupation militaire dans les territoires du golfe

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