I . Voir le chapitre sur le Régime douanier
de Bénin; mais au Gabon, où notre drapeau flotte depuis 1889, les seules maisons importantes étaient^ hier encore, anglaises et allemandes ; au Congo, sur rOuélé et le M'Bomou, dans une région qui nous appartenait, tout le commerce était, en 1894, aux mainsdes sociétés belges, de telle sorte que le gouvernement de l'État Libre a pu nous faire abandonner nosdroits au profit de ses négociants * ; en Cochinchine, les maisons anglaises et allemandes ont été longtemps plus actives et plus riches que les françaises ; à Tahiti, enfin, ce sont les Allemands et le& Américains qui tiennent la première place.
Il résulte de ces observations, faites chez les différents peuples colonisateurs ou chez nous-mêmes, que les partisans les plus déterminés de l'initiative individuelle doivent réclamer Tintervention de l'État, — ou des gouvernements coloniaux, ce qui est ici même chose, — pour « la mise en train » de T œuvre coloniale. On jugera d'ailleurs, à chaque page de cette étude, que pareille intervention est légitime et nécessaire. On verra en même temps qu'il ne s'agit nullement de substituer l'action de l'État à l'initiative privée; il convient, tout au contraire, de conduire cette dernière, de la guider, de lui ouvrir les voies. C'est elle qui fera les colonies comme elle a fait la France !
I. Traité du i4 août 1894 par lequel la France renonce aux limites que l'Etat Libre lui avait reconnues en 1887 et se retire sur la rive droite du M'Bomou.