‹ L'exploitation de notre empire colonialChapitre 111 sur 130 · COLONIALES · texte numérisé non relu

COLONIALES

Au point où nous sommes arrivés, le lecteur connaît dans son ensemble le régime douanier, éminemment vexatoire, imposé à nos possessions extraeuropéennes, mais il reste à lui faire connaître les dispositions nouvelles que les protectionnistes songent

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â édicter contre elles. Pauvres colonies ! Elles viennent & peine à la vie ; les colons et les capitaux leur font défaut et, loin de pouvoir espérer le concours du Parlement elles doivent craindre sa défiance ! C'est, — il faut le dire nettement, — qu'aucun protectionniste ne saurait voir sans effroi une augmentation quelconque de la production sur un point quelconque du globe. Lorsqu'il apprend qu'une terre demeurée jusque-là improductive est mise en culture, qu'une manufacture a été élevée dans une région où il n'y en existait pas encore, le « bon protectionniste » doit redouter un accroissement dans la concurrence universelle, qui déjà menace les agriculteurs et les industriels de son pays. Le « bon protectionniste », — et il lui échappe de le dire en propres termes, — regrette la découverte de l'Amérique, l'ouverture du canal de Suez*, l'établissement de relations suivies avec l'Inde, la Chine, le Japon*. Si ces pays se bornaient à consommer des marchandises européennes et à fournir en échange des matières pre-

1. Un des porte-paroles du parti du « marché national », M. Edmond Théry, directeur de V Economiste Européeriy écrivait dans ce journal, au mois de février 1899 : « Avant 1873, les Indes anglaises ne produisaient pas de blé mais le percement du canal de Suez a amené les Indiens à considérer le blé comme un produit d'exportation. Ils se sont mis alors à développer leurs cultures de blé dans de telles proportions qu'en i885 ils exportaient déjà plus de 10 millions d'hectolitres. »

2. Il y a quelques années, les protectionnistes étaient surtout effrayés par le « Péril américain ». Ce fut leur grand fcheval de bataille. Aujourd'hui, ils ont inventé le « Péril Jaune », et nous avons, sur ce sujet, renvoyé le lecteur à une étude spéciale.

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