INQUIÉTUDES PROTECTIONNISTES
accueilli ces paroles, car c'est une vérité essentielle au camp protectionniste que les colonies doivent s'organiser pour nous envoyer les seules productions dont nous avons besoin ; qu'elles doivent être un auxiliaire et un complément de la production nationale, jamais des concurrents * ; que les seules industries coloniales qui peuvent être fondées sont celles qui ne pourront jamais faire concurrence aux industries françaises^.
Il importe donc, et au plus vite, de prendre des mesures. « Si nous laissons les industries s'installer dans les colonies, a dit M. Méline dans une réunion de la Société d'Économie Politique Nationale, les capitaux iront également s'y installer ; on y amènera des contremaîtres, des équipes d'ouvriers et dans ces conditions, rien ne sera plus facile que d'y faire fonctionner les industries exactement comme elles fonctionnent en France^. » Et dans une aiitre réunion, M- Méline, complétant son idée, a proposé, — sous le prétexte que les impôts peuvent être moins lourds aux colonies qu'en France et la main-d'œuvre meilleur marché, — d'entraver par des mesures spéciales le développement de l'industrie. « Il faudrait, a-t-il dit, imposer sous une forme quelconque aux établisselïients industriels qui essayeraient de se fonder aux colonies, une taxe suffisante pour rétablir l'égalité