‹ L'exploitation de notre empire colonialChapitre 117 sur 130 · LA DISTILLERIE DES RIZ · texte numérisé non relu

LA DISTILLERIE DES RIZ

<c protectionnistes industriels » se sont récriés. Comment empêcher les distilleries de Rouen et des environs de Paris, de se procurer, au meilleur compte possible, les grains qui leur sont indispensables ? Appuyant leurs réclamations, la Chambre de commerce de Saigon s*est exprimée ainsi de son côté : « L'exportation des riz de Tlndo-Chine vers la France est extrêmement instable ; la moindre variation de prix du côté de la Chine suffit, sinon pour l'arrêter, tout au moins pour la diminuer dans de très grandes proportions. Si un droit quelconque était appliqué sur nos riz, nos exportations deviendraient nulles, ce qui serait un grand dommage et pour nos lignes de navigation, auxquelles le fret manquerait ■et pour les industries de la métropole auxquelles nous ne ferions plus d'achats puisque nous n'aurions plus d'éléments d'échanges ». La proposition des repréisentants de la « betterave nationale » est tombée devant ces justes observations ; mais ce simple incident ne suffit-il pas pour convaincre ceux qui ne sont point aveugles, qu'il existe un lien étroit entre la situation économique de nos colonies et l'intérêt de l'industrie métropolitaine?

Si maintenant on envisage l'autre côté de la question, c'est-à-dire l'avenir industriel de nos possessions, il n'est pas possible d'admettre un instant <ja'on lui oppose des entraves douanières.

Il faut le favoriser, tout au contraire. Qu'observet-on aujourd'hui en Asie .^ — pour ne rien dire de

l'Afrique noire dont la vie industrielle ne commencera vraisemblablement que dans un demi-siècle \ Nous l'avons dit déjà : Tlnde, le Japon, la Chine deviennent de grands pays producteurs. Pourquoi le Tonkin n'aurail-il pas de semblables destinées? La nature les lui a promises en lui donnant le charbon, le fer, le coton, la soie, et sa population nom^ breuse, docile, intelligente peut être employée par les colons dans les ateliers comme sur les plantations. Il convient donc que cette province de notre empire colonial devienne au siècle prochain, comme Tlnde, le Japon, la Chine, un pays industriel. D'abord elle fabriquera pour son propre compte, puis elle exportera sur les marchés asiatiques les cotonnades, les soieries, Tacier, les machines, etc. Les capitaux français ont ainsi à choisir entre difierents emplois. Mais pour que l'industrie tonkinoise fasse des progrès rapides, il importe que, loin d'être contrariée, elle soit aidée par le gouvernement et l'administration. Dans cet ordre d'idées, deux sortes de mesures

I. Le lieutenant gouverneur du Soudan, dont nous avons cité plus haut le rapport, ne prévoit pas seulement l'installation de l'industrie du coton dans ce pays, mais encore les deux suivantes :

« Fabrication d'alcools industriels pour l'exportation ; alcool de mil notamment, le mil étant par excellence le produit que les noirs s'attachent à cultiver et qui forme la base de leur nourriture. La récolte en est très abondante, il pousse partout.

« Fabrication d'huiles végétales diverses, en particulier d'huile d'arachide et d'huile de coton. L'arachite coûtant moins cher à Kayes qu'à Saint- Louis, on a tout intérêt à la traiter sur place. »

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