‹ L'exploitation de notre empire colonialChapitre 15 sur 130 · Proposition de M. Georges BERRy,séance du8 mars · texte numérisé non relu

Proposition de M. Georges BERRy,séance du8 mars

PROPAGA>DE POUR l'ÉMIGRAïIO> 35

ment instruits (Jes choses de la terre, sachant qu'ils doivent compter sur eux-mêmes pour réussir. Les essais répétés de la « colonisation officielle » en Algérie pendant quarante à cinquante ans sous toutes ses formes, les lourdes dépenses qu'elle a occasionnées; plus récemment les essais malheureux tentés sur deux j)oints de Madagascar, à Diego-Suarez et à Mananjary, devraient éclairer ceux qui désirent le plus ardemment hâter le peuplement de nos colonies *.

C'est d'un autre côté que doivent porter les efforts. Parmi nos 20 000 à 26 000 émigrants annuels, il en est plusieurs milliers qui possèdent un pécule, sont doués d'énergie, d'intelligence, d'esprit d'entreprise. Ce sont ceux-là qu'il faudrait conserver à nos colonies parce qu'ils pourraient en assurer la prospérité. Pourquoi ne s'y rendent-ils pas ? C'est d'abord parce qu'ils suivent le courant établi et vont rejoindre en

1. Nous avons longuement exposé ces questions dans notre volume sur l'Algérie.

Nous nous bornerons à dire ici que les propositions de MM. de Mahy, Bazille et Dutreix, Georges Berry, nous rappellent le triste essai de « colonisation officielle » tenté par le gouvernement de i848. L'Assemblée nationale, préoccupée de donner du pain aux ouvriers inoccupés des villes, vota les crédits nécessaires pour assurer leur transport et leur installation en Algérie. De i848 à la fin de i85o, 30 5oo ouvriers -colons lurent envoyés en Afrique. Ils trouvèrent dans 56 « centres » préparés pour les recevoir des maisons construites, et ils reçurent, avec la terre, des semences, des instruments de culture, du bétail, des vivres ; on leur donna, en outre, des secours en argent pour attendre la récolte. Mais ces « ouvriers » n'étaient pas des a paysans ». Ils ignoraient tout de leur vie nouvelle, jusqu'à l'époque des semailles... Au i*^*" janvier i85i, des 3o5oo colons amenés, il n'en restait que io4oo; 7000 étaient partis, 3 000 étaient morts.

Amérique des parents, des amis qui les appellent. C'est ensuite parce qu'ils ne savent rien de notre domaine colonial : ils ignorent quelles entreprises ils pourraient mener à bien en Algérie, en Tunisie ou en Calédonie, quel avenir ils pourraient s'y préparer. La plupart des émigrants vont chercher au dehors une existence plus large et plus heureuse que celle qui les attend dans la métropole. Il faut donc leur apprendre qu'ils la trouveront dans la France d*outre-mer, aussi bien ou mieux qu'au Canada ou en Argentine.

Nos maîtres en colonisation, les Anglais, se sont depuis longtemps rendu compte des moyens à employer pour diriger vers leurs colonies les émigrants britanniques et les disputer aux Etals-Unis, dont la force d'attraction est considérable. C'est ainsi qu'ils ont organisé dans les trois royaumes, en faveur de leurs terres de peuplement, un merveilleux système de publicité. Des affiches, des brochures illustrées, des « offices d'émigration » informent partout les ouvriers agricoles, les fermiers, les artisans, des conditions de vie qu'ils sont assurés de trouver au Canada et en Australasie, des salaires qui les attendent, des cultures qu'ils doivent entreprendre, des profits qu'ils peuvent espérer.

Il n'est pas excessif de dire qu'en France, malgré l'heureuse initiative prise dans ces dernières années par l'Union coloniale et le Comité Duplex, la propagande en faveur de nos provinces d'outre-mer est très insuffisamment organisée. Les administrations colo-

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