UNE BROCHURE POUR LA TUNISIE
niales de T Algérie, de la Tunisie, de Tlndo-Chine ont cru assez faire en créant à Paris des « ofTices » , qui répondent aux demandes de renseignements qu^on leur adresse et distribuent , dans un cercle restreint d'hommes de cabinet, des « Notices » ou des « Bulletins mensuels » contenant des descriptions géographiques, des statistiques ou de savantes études sur la culture de tel ou tel produit. C'est se tromper grandement. Le « bureau tunisien » de l* Union coloniale ^ pour citer un fait, se félicite d'avoir envoyé en Tunisie io8 familles pendant les trois années 1897, 1898 et 1899. Ce résultat est cependant bien maigre. Il convient donc de faire mieux, — beaucoup mieux qu'il n'a été fait jusqu'ici. 11 importe que les « Notices », les a Bulletins » , les brochures soient rédigés dans un esprit très pratique, très terre à terre, et que d'abord des affiches appellent l'attention du public. L'affiche ou la brochure de propagande rédigée, par exemple, pour la Tunisie, dira d'abord la somme dont il faut disposer pour s'établir dans la Régence, les conditions du passage, le prix des terres mises en vente, leur situation, les moyens de communication avec les centres voisins, le prix des instruments et des animaux de labour, celui de la main-d'œuvre, les cultures que l'on peut entreprendre, leur coût et leur rendement à l'hectare, année moyenne... Mais tous ces renseignements ne seraient pas encore suffisants ; ils paraîtraient trop froids : il importe de les animer^ de les illustrer, pourrait-on dire. On continuera donc en citant des faits, des exemples d'une parfaite exac-
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titude : « Dans telle région, telles cultures ont été poursuivies, en i8.., et i8..., dans telles et telles conditions quant au personnel, — au matériel, — aux moyens de transports, — aux frais de toute nature; le bénéfice net est demeuré de...; il a donc possibilité de faire produre 5 ou lo ou 20 pour 100 du capital engagé. » Des données aussi précises retiendront l'attention du lecteur, décideront les hésitants, détermineront des vocations. Peut-on objecter que de semblables publications sont de nature à engager, jusqu'à un certain point, la responsabilité des « bureaux » qui les auront édités ? Nous ne le pensons pas. Il serait d'ailleurs facile de rappeler, dès la première page, que les renseignements sont fournis sans aucune garantie et surtout que la condition essentielle du succès est la valeur personnelle du colon, son esprit de conduite et son énergie.
Ces brochures, il ne suffirait pas, naturellement, de les écrire : il faudrait les répandre, et cela demanderait quelques soins. Il y a en Franice 36 000 mairies, peut-être autant de bureaux de poste, 5 000 à 6 000 gares de chemin de fer. Ce sont là autant de lieux où il est possible d'apposer des affiches, de distribuer des brochures. Assurément cette propagande doit être conduite avec mesure. Il ne s'agit pas de jeter du papier imprimé à tous les vents ; on peut attaquer une seule région, puis attendre les premiers résultats * ; on peut aussi ne recommander