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III. LA main-d'œuvre AUX COLOMES

Notre sujet est vaste et nous n'avons la prétention de l'épuiser dans aucune de ses parties. Toutefois,

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on ne saurait passer sous silence la question de la main-d'œuvre aux colonies.

Que deviendrait un colon ayant des terres à défricher ou à mettre en culture, des forêts ou des mines à exploiter, si les bras lui faisaient défaut?

C'est donc un devoir pour l'administration de se préoccuper d'assurer aux colons les travailleurs qui leur sont indispensables, et ce devoir elle le rencontre dès maintenant dans toutes nos possessions à l'exception de r Algérie-Tunisie. La question est, d'ailleurs, complexe. D'une part, en effet, la main-d'œuvre peut être fournie soit par les habitants du pays eux-mêmes, soit, s'ils sont en trop petit nombre ou incapables d'un travail régulier, par des « immigrants » recrutés au dehors, — en Inde, à Java, en Chine, — à des conditions déterminées, et après accord entre l'administration coloniale et le gouvernement dont ils ressortent. Il importe, d'autre part, dans l'un et l'autre cas, que cette main-d'œuvre soit : abondante afin de pourvoir à tous les besoins des exploitations existantes, notamment aux époques de presse, — discîplinable, afin que les colons ne soient pas à la merci de caprices ou de prétentions qui pourraient compromettre le sort de leurs entreprises; — bon marché, afin que les employeurs ne se trouvent pas dans une situation^ d'infériorité vis-à-vis des pays avec lesquels ils sont en concurrence.

On sent les difficultés du problème. Sans entrer dans les détails, nous les préciserons en quelques mots.

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Aux Antilles, en Guyane, à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie, à Tahiti, les planteurs et les exploitants de mines ne cessent de solliciter les autorités locales afin qu'elles leur procurent avec régularité les travailleurs dont ils ont besoin. La question se présente dans ces colonies sous un aspeqj autre que dans les précédentes. Les habitants se refusant à toùt#bccupation régulière ou étant trop peu nombreux, Tadministratioti se voit dans l'obligation de chercher la main-d'œuvre au dehors, c'est-à-dire de recruter des « immigrants » indiens, javanais, chinois, annamites ou noirs. La suppression de l'esclavage en 1 848 a notamment posé dans no3 anciennes colonies une question qui n'est point encore résolue. Les mulâtres et les noirs n'ayant point consenti à demeurer sur les plantations au lendemain de l'acte qui les émancipait, le gouvernement impérial, dut conclure avec l'Angleterre, en 1861, afin de préserver les blancs de la mine, une convention qui autorise l'administration française à recruter et engager dans l'Inde des travailleurs pour les Antilles, la Guyane et la Réunion. Mais aujourd'hui cette convention sans être expressément dénoncée ne produit plus d'effets ; le recrutement des Indous est suspendu, aussi nos colonies traversent-elles une crise grave. A la Guyane, les plantations ont disparu et il n'y a pas assez d'hommes sur les placers. Aux Antilles, les propriétaires se plaignent du nombre insuffisant des travailleurs : « Si les bras ne nous manquaient pas, dit la Chambre d'agriculture de la Pointe-à-Pitre au ministre, la surface cultivée à la Guadeloupe pourrait doubler d'étendue » .

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A la Réunion, enfin, la situation est des plus mauvaises. Les planteurs n'ont à leur disposition que 20 à 25 000 coolis indiens, tandis que leurs voisins de Maurice en ont i5o 000. Dans *cet état d'infériorité ils perdent une partie de leurs récoltes. La maind'œuvre manque à ce point qu'à certains jours il faut employer les condamnés au chargement des navires en rade. En présence d'une pareille situation le gouvernement est chaque jour invité dans ces quatre colonies, soit à nouer des négociations avec l'Angleterre pour le rétabHssementde l'immigration indienne, soit à traiter avec l'administration hollandaise de Java, soit encore à recruter des travailleurs en Indo- Chine. — Est-il besoin d'ajouter que les colons de Calédonie et de Tahiti réclament, eux aussi, des « immigrants » pour assurer l'exploitation de 'leurs terres et de letirs mines* ?

Il n'est pas nécessaire d'insister davantage sur l'importance que prend aux colonies la question de la main-d'œuvre ; il est manifeste que, de ce côté encore, l'administration locale et le gouvernement central ont charge de gros intérêts.

I . Les journaux ont récemment annoncé que l'administration de la Nouvelle-Calédonie venait d'obtenir du gouverneur général de Java la faculté de recruter des travailleurs dans les possessions néerlandaises.

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