‹ L'exploitation de notre empire colonialChapitre 32 sur 130 · DÉPENSES COLONIALES ORDINAIRES · texte numérisé non relu

DÉPENSES COLONIALES ORDINAIRES

On ne saurait certes critiquer, et nous l'indiquerons plus loin, l'aide prêtée par la métropole à une -colonie dont les facultés sont médiocres pour Texé- -cution de travaux d'utilité générale. On comprendrait une avance ou même une subvention à fonds perdu ; mais les sacrifices que la France a faits à la Réunion et au Sénégal sont, en vérité, trop considérables. Il n'est pas une colonie anglaise où le gouvernement métropolitain ait consenti des libéralités tant soit peu comparables.

Mais, on le sait déjà, la France ne compte pas. Elle n'a pas seulement payé les dépenses extraordinaires de ses possessions d'outre-mer, elle supporte •aussi, chaque année, une lourde part de leurs dépenses ordinaires, militaires et civiles.

La légitimité do. certaines dépenses militaires, — les plus lourdes, — est, en principe, incontestable. Madagascar, le Soudan, l'Indo-Chine ne sont pas assez riches pour payer leur corps d'occupation. Toutefois, il convient de le dire, dans deux de ces colonies les dépenses sont excessives. Madagascar figure au budget de 1899 pour 23 38i ooo francs ; le Soudan pour •6 1 65 ooo francs, et ces chiffres, comme chaque année d'ailleurs, sont grossis par de lourds crédits supplémentaires. Nos officiers ne savent pas compter €t nos administrateurs les ont laissé faire. Dans ces immenses régions où la colonisation avance très lentement, est-il nécessaire d'occuper de suite des territoires presque a inabordables », et qui pendant de longues années ne seront d'aucun rapport? Toute

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nouvelle province, où Ton installe des postes, constitue une augmentation de dépense. Les Anglais^ plus sages que nous, sérient leurs efforts; ils n'occupent que progressivement les pays neufs placés dans leur sphère d'influence où leurs nationaux ne possèdent encore aucun intérêt. Pour les dépenses militaires de gendarmerie et autres, que nous supportons du fait de nos colonies plus anciennes et moins pauvres, elles ne sont point justifiées ; elles devraient figurer dans les budgets locaux.

Si maintenant on étudie les dépenses civiles (i 3 710000 francs) leur exagération ne paraît pas douteuse. La plupart des gouverneurs, des administrateurs et des magistrats, un grand nombre d'emr ployés appartenant à divers services, — et ces différents personnels sont partout trop importants, — sont appointés par les contribuables métropolitains. C'est ainsi que la France dépense annuellement 5ooooo francs à la Martinique, 58oooo francs à la Guadeloupe, 2^5 000 francs en Guyane, 2 loooo francs, dans rinde... Voici, dans l'océan Indien, deux colonies semblables, sous bien des rapports, habitée» l'une et l'autre par une population d'origine et de langue française : sous la domination anglaise, Maurice paye ses dépenses d'administration, de justice et toutes les autres, sans excepter le traitement de son gouverneur; elle supporte, ce qui est plus, une part importante des grosses dépenses militaires d'intérêt stratégique, que le gouvernement impérial fait chez elle; ses routes, ses ports, son chemin de

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