LES EMPRUNTS COLONIAUX
situation financière fût médiocre ou satisfaisante, que les sommes demandées fussent minimes ou quelque peu importantes, — le gouvernement n'a point voulu pour elles le grand jour de la publicité. Il n'a pas cru devoir autoriser les emprunts publics, avec ou sans la garantie du Trésor métropolitain. Les administrations locales ont dû réaliser, en quelque sorte secrètement, les prêts dont elles avaient besoin et s'adresser pour cela à des établissements qui dépendent du gouvernement, tels que la Caisse des dépôts et consignations, ou la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse. Il est vrai que la Guadeloupe devait désirer le silence lorsqu'elle empruntait une somme de i 200000 francs pour être exclusivement consacrée à l'acquittement de ses dettes (décret du 17 mars 1899) ; mais les colonies du Soudan et de la Guinée auraient gagné à faire connaître qu'elles empruntaient 11 millions pour la construction de leurs chemins de ferV
I . Nous essayons de présenter ici un tableau des emprunts coloniaux — sans prétendre, ne rien omettre étant donné le secret de ces petites opérations :
Au 27 janvier 1899, l'état dcs« emprunts coloniaux (colonies ou A-illes) en cours d'amortissement à la Caisse des dépôts et consignations », contractés à des taux variant entre 3, 80 et 4 1/2 pour loo, se résumait ainsi : Capital restant du : Nouvelle-Calédonie, 28 771 francs; — Saint-Pierre de la Réunion, 689446 francs; — Sénégal, 8673501 francs; — Soudan, 702 548 francs ; ■■ — Guadeloupe, 2 499 285 francs ; — Etablissements de l'Inde, i 029 i57 francs ; — Au total, 8 572 710 francs.
Depuis cette date, la colonie du Soudan a emprunté 3 200000 francs à la Caisse des dépôts ; — la colonie de la Guinée, 8 millions à la Caisse nationale des retraites ; — la ville d'Hanoi,
gS l'exploitation de !^otre empire colonial
Nous avons retracé plus haut le système financier du gouvernement anglais dans ses colonies et montré ses résultats. Il est maintenant possible de présenter les résultats du nôtre et de comparer.
L'Angleterre dépense annuellement dans toutes sescolonies environs 62 millions de francs, ce qui est une charge légère pour les contribuables britanniques ^ surtout si Ton considère l'étendue de leur Empire. La France dépense annuellement dans toutes ses colonies, l'Algérie et la Tunisie comprises, mais les crédits militaires de l'Afrique du Nord exceptés, près de 125 millions, ce qui représente assurément pour les. contribuables français une charge très sensible ^
D'autre part, tandis que les emprunts des colonies, anglaises représentent un capital de 12 milliards 420 millions de francs et un intérêt annuel de près, de 628 millions, les emprunts des colonies françai-
I 5oo 000 francs à la même caisse ; — la colonie de la Guadeloupe, I 200000 francs au Crédit algérien ; — la colonie de la Martinique, i Sooooo francs au même établissement; — la colonie du Congo, a millions à la Caisse des dépôts. Çl*est un second total de 17200000 francs.
De l'addition de ces deux totaux, il résulte que la dette de de nos colonies autres que la Tunisie, Madagascar et^ l'Indo- Chine est, en tenant compte des opérations les plus récentes, de 25 millions et demi (26 772 710 francs).
I Algérie (déduction faite des 54 millions
perçus dans la colonie par le Trésor). . 25 277 612 francs.
Tunisie 2 25o 000 —
Toutes autres colonies 97 106 g48 —
Total 124 634 56o francs.
Pour le détail de ces chiffres, se reporter aux tableaux précédents.