LES EMPRUNTS DES COLONIES ANGLAISES
ses, — même grossis de plus de loo millions par les emprunts des départements et des communes d'Algérie qui ne sont point à proprement parler des emprunts coloniaux, — ne représentent qu'un capital de 490 millions et demi produisant un intérêt annuel d'environ i5 à i8 millions ^
Nous n'aurions pas suffisamment fait sentir toutes les conséquences qui résultent du déplorable régime financier de nos possessions d'outre-mer, si nous n'ajoutions une observation fort importante. Les colonies britanniques, en administrant leurs budgets avec économie et en faisant sur le marché de Londres des emprunts considérables, n'ont point seulement assuré leur mise en valeur. Il y a plus : en s'adressant au grand public, en acquittant avec régularité l'intérêt de leurs dettes, elles se sont fait connaître des capitalistes anglais comme des pays riches avec lesquels on peut entreprendre des affaires, — et « qui payent », suivant le mot employé chez nos voisins. Aussi, en même temps que les rentiers de la métropole ont engagé 12 milliards et demi de francs dans les emprunts de leurs colonies ils ont placé d'autres milliards, — pour une somme qu'aucun statisticien anglais n'a essayé d'évaluer, parce que cela n'est pas
Emprunts des départements et communes
d Algérie loG 4oo ooo francs.
Emprunts tunisiens 198200000 —
Emprunt malgache io 000 000 —
Emprunts indo-chinois. . . . '. . . i3o 000 000 —
Emprunts de toutes les autres colonies. . a 5 800 000 —
Total /190 /|Oo 000 —
lOO L EXPLOITATION DE NOTRE EMPIRE COLONIAL
possible, — dans toutes les affaires coloniales à revenu fixe ou à revenu variable : emprunts des provinces et des villes, des chemins de fer, des compagnies de prêts hypothécaires ; entreprises de navigation, de commerce, de plantations, de mines, de forêts, etc. Personne n'ignore la prospérité générale et croissante des possessions britanniques.
On no saurait songer, il faut encore le répéter, h comparer l'Empire colonial anglais à l'Empire français ; nous ne possédons aucune colonie semblable à rinde, au Canada, à l'Australasie. Toutefois, il est bien certain que nos colonies, — à peine peut-on excepter l'Algérie, la Tunisie et l'Indo-Chine, — ont encore la réputation trop fondée d'être pauvres et misérables. Les colons hésitent à y porter leur pécule, les rentiers leurs capitaux.