UNE RÉFORME INDISPENSABLE I
sentants des colonies. Un alinéa de l'article 33 dispose : « Il n'est apporté aucune modification aux règles actuelles en ce qui concerne les dépenses facultatives. » Ainsi donc les conseils généraux conservent le droit, qu'ils tiennent du sénatus-consulte ou des décrets subséquents, de voter souverainement les « dépenses facultatives », de les enfler sans mesure, de gaspiller leurs ressources. Il fallait encore sur cette question suivre le système de nos voisins. Le ministre des Finances sait mieux que personne que l'Angleterre n'hésite pas à interdire aux assemblées coloniales toute initiative en matière de dépense ^ MM. Caillaux et Decrais ont-ils craint de toucber aux « grands principes » ? d'être accusés de « faire œuvre de réaction » ? Les conseils locaux ne méritent cependant que les droits dont ils ont la sagesse de ne pas abuser. L'article 33 de la loi du i3 avril a fait de nos colonies des collectivités distinctes, de grandes personnes qui auront la responsabilité de leurs affaires. S'il avait réservé aux gouverneurs l'initiative des propositions de dépenses, il leur aurait permis d'établir partout, d'ici peu, des budgets nets et bien réglés. Or, il ne s'agit pas seulement de débarrasser la métropole des charges qui ne doivent pas lui incomber, mais aussi de mettre nos possessions, — les anciennes comme les nouvelles, — en situation d'exécuter chez elles les travaux publics qui hâteront leur
I. Nous avons déjà cité l'étude de M. Caillaux sur les budgets coloniaux de France et d'Angleterre.
développement. II faut donc souhaiter que Terreur que nous signalons soit bientôt réparée. Cela est indispensable pour que la réforme des budgets locaux soit complète.
Après quatre ou cinq années de sage administration la plupart de nos colonies pourraient satisfaire à toutes leurs dépenses. Quant aux moins fortunées, le budget colonial, allégé grâce aux réformes dont il vient d'être parlé, viendrait à leur aide au moyen d'avances ou même de subventions. C'est ainsi que les Chambres ont prêté assistance, il y a deux ans, à la colonie du Soudan en inscrivant à la charge de la métropole la moitié de la dépense du chemin de fer du Sénégal au Niger ^