I. On sait ce dont il s'agit
Les Chambres, effrayées de la lourdeur de notre budget colonial, effrayées aussi du haut chiffre qu'avaient atteint les premières dépenses pour la ligne du Soudan, n'accordaient depuis une douzaine d'années que des crédits dérisoires pour la poursuite de cette entreprise. Elle menaçait de s'éterniser. C'est dans ces conditions que la colonie du Soudan comprit qu'elle devait s'imposer un sacrifice et contribuer elle-même à l'achèvement d'un travail qui assurera sa prospérité : Une convention intervint donc, à la date du lo février 1898, entre le gouverneur représentant notre possession et le ministre des Colonies représentant l'Etat, aux termes de laquelle les deux parties s'engagent à contribuer par moitié, jusqu'à concurrence de 24 «lillions, à l'achèvement du chemin de fer. Le Soudan a été en conséquence autorisé à faire à la Caisse des dépôts et consignations un premier emprunt de 3 300 000 francs (décret du 9 juin 1899). D'autre part, un crédit annuel de 5oo 000 francs a été ouvert au ministère des Colonies.
Est-il besoin d'ajouter que ce premier exemple d'un accord entre l'Etat et une colonie en vue de l'exécution, à frais communs, d'un travail public est très intéressant et mérite d'être retenu ?