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AUX COLONIES

11 faut se hâter ; trop de temps a été perdu. Le mot de Stanley : « l'Afrique sera au premier qui saura pousser le rail », est vrai, en Asie comme dans le noir continent. Paf tout oii les lignes anglaises, belges, allemandes, devanceront les nôtres, il en résultera pour la France, il n'en faut point douter, un préjudice politique et commercial.

Nous devons donc nous mettre à l'œuvre, et cette oeuvre est considérable. Elle exigera des millions par centaines, puis des milliards. L'argent ne manquera pas. On ne doit pas compter seulement, en effet, sur les sommes accumulées tous les ans par l'épargne, jusqu'à concurrence d'environ i milliard 5oo millions, et qui cherchent des placements, mais aussi sur les capitaux actuellement placés, que le jeu régulier des combinaisons financières rend disponibles à époques fixes. M. Neymarck a montré dans une communication, faite à la Société de statistique au mois de février 1899, que de ce jour à i95o ou i960, au plus tard, les Compagnies de chemin de fer, le Crédit foncier, les villes, les départements, etc., amortiront et rembourseront près de 5o milliards. Il faudra que ces capitaux énormes trouvent de nouveaux emplois. N'est-ce point, en vérité, un heureux hasard qu'ils deviennent disponibles précisément à

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rheure où se pose le problème de la mise en valeur de notre domaine colonial? Et n'est-il pas évident que s'ils ne s'emploient pas pour une large part^ dans les emprunts coloniaux, ainsi que dans toutes les entreprises coloniales de navigation, de commerce, de cultures, d'élevage, de mines, de forêts et dans les industries, la faute en sera soit au gouvernement métropolitain, soit aux administrations locales qui n'auront pas su les attirer?

L'abondance de l'argent n'étant pas douteuse, il s'agit de savoir comment les colonies appelleront les capitalistes, comment elles les intéresseront à Tœuvre de& travaux publics. Les combinaisons possibles sont multiples quant aux détails, mais, dans les lignes générales elles se ramènent à deux : l'appel direct de la colonie au public, sous la forme de l'emprunt — l'appel indirect, par l'intermédiaire de compagnies auxquelles la colonie confie l'exécution des travaux avec promesse d'une garantie d'intérêt ou d'avantages équivalents.

C'est ce dernier système que doivent employer les colonies qui ne veulent ou ne peuvent emprunter. Il a été adopté notamment dans ces dix dernières années par la Tunisie, qui n'était pas autorisée par le gouvernement métropolitain à faire appel au crédit, et qui, malgré le bon état de ses finances, ne pouvait, avec les soultes de ses conversions, ses réserves ou ses excédents, exécuter tous les travaux reconnus indispensables dans la Régence. L'administration du Protectorat a donc confié la construction et l'exploitation des ports de Bizerte, Tunis, Sousse

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