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TRAVAUX PUBLICS EN TUNISIE II

et Sfax, à deux grandes compagnies françaises, qui ont fourni le capital de premier établissement et ont obtenu, avec le droit de percevoir certaines taxes, une garantie d'intérêt pour leurs obligataires ^ Elle a, d'autre part, fait construire par la compagnie du Bône-Guelma le réseau tunisien, long de 462 kilomètres ^, moyennant un versement forfaitaire du trésor beylical et une garantie d'intérêt d'exploitation'*.

Peut-on, dans une combinaison de ce genre, éviter de promettre à la compagnie concessionnaire une garantie d'intérêt, toujours onéreuse à la colonie, et rémunérer autrement ses services? Le ministre des Colonies l'a essayé, il y a environ trois ans, à Mada-

1. L*adminîstration de la Régence a créé à Bizerte un port <le commerce. Mais cela ne sufiBsait pas. Le gouvernement français a compris dans ces dernières années, qu'il ne fallait pas faire seulement de cette ville un port de commerce, mais aussi un grand port de guerre. Le lac de Bizerte est d'une profondeur qui permet aux plus grands navires d'y entrer, et ce point de la côte tunisienne commande le détroit de Sicile entre les deux parties, occidentale et orientale, de la Méditerranée. C'est ainsi que de 1897 à la fin de 1899 le ministère de la marine a dépensé 6 millions tant h Sidi- Abdallah qu'à la baie Sans -Nom et que les dépenses prévues en 1900 dépassent 4 millions. En outre, dans le programme de dépenses navales dont il a récemment saisi la Chambre, le gouvernement demande 38 millions pour ce nouveau port militaire français.

2. Il n'est pas question ici de la ligne de la frontière algérienne à Tunis (220 kilomètres), construite avant le Protectorat, ■et qui bénéficie d'une garantie d'intérêt inscrite au budget métropolitain.

0. Le rapporteur du budget du Protectorat tunisien pour 1899, ^- Berthelot, évalue à i64 millions les sommes employées dans les chemins de fer, ports, routes, travaux hydrauliques, bâtiments civils, phares..., etc.. Sur cette somme totale, 81 millions ont été fournis par des sociétés et compagnies, 83 par ie budget tunisien (ressources ordinaires et extraordinaires).

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gascar, en rédigeant un projet de contrat sur les bases de ce que Ton appelle le « système américain ». Il s'agissait de faire construire dans la grande île une voie ferrée de 4oo kilomètres entre Andevorante et Tananarive (un canal devant être creusé entre Tamatave et Andevorante) sans aucune garantie d'intérêt et par la seule attribution à la compagnie concessionnaire : I® de Sooooo hectares de terre^ 2** d'un contrat de transports de 2800000 francs pendant i5 ans. La compagnie qui s'était constituée pour étudier l'aflFaire, présentée dans ces conditions, s'est vue dans la nécessité d'y renoncer après un consciencieux examen. On ne saurait en être surpris. Le contrat de transport offert par le gouvernement, quelque avantageux qu'il pût être, n'était pas suffisant pour garantir réellement les capitaux engagés dans la construction d'un chemin de fer, dont on évaluait alors le coût à 80 ou 90 millions et dont l'exploitation ne sera pas, tout de suite, rémunératrice. D'autre part, les terres africaines, n'ont point la valeur des terres du Far ff^est américain; elles ne sollicitent pas l'immigration de centaines et de milliers de colons-laboureurs, di^osés à payer les champs qu'ils vont ensemencer ; elles exigent, tout au contraire, pour être mises en valeur de gros capitaux. Qui aurait acheté à la « Compagnie coloniale de Madagascar » *

I . Cette compagnie avait été fondée au capital de i million par le Comptoir d'Escompte, le Crédit industriel et la Société générale. Elle a fait étudier la construction du chemin de fer par la maison Yitali.

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