LE CREDIT FONCIER D ALGERIE
Voici, d'ailleurs, quelques chiffres : depuis sa fondation jusqu'au 3i décembre 1898, le Foncier d'Algérie n'a réalisé dans toute la colonie que pour io5 millions de prêts hypothécaires faits en participation avec le Crédit foncier de France * et si l'on s'attache spécialement aujLdeEmâs&* exercices, on observe que les prêts varient entre 2 385 00a francs, — chiffres de 1890, — et 4 millions et demi, chiffres de 1898^. Ce sont là, il faut en convenir, des résultats bien médiocres.
Quel remède peut être apporté à la situation présente ? Il n'est pas douteux que le colon emprunteur a pour premier souci la modération des intérêts stipulés et leur rapport avec les revenus qu'il peut raisonnablement espérer de son bien. La solution qui, tout d'abord, se présente à l'esprit est donc la rupture des liens existant entre le Foncier de France et le Foncier d'Algérie. « Si le Foncier d'Algérie, dit-on, obtenait du gouvernement le droit de s'adresser directement au public pour se procurer les sommes dont il a besoin, s'il recevait la faculté d'émettre des valeurs à lots comme le Foncier de France, s'il obtenait, en un mot, tous les privilèges
I . Les prêts faits par rétablissement avec son propre capital (les statuts les autorisent) sont insignifiants.
Les prêts en participation du Foncier d'Algérie aux départements et aux communes se sont élevés, dans le même temps, à 71 millions et demi.
a. En 1898, 3 560000 francs de prêts à long terme ; 5ooooo francs de prêts à court terme ; 334 000 francs d'ouvertures de Crédit.
feoïiférés parle décret du 28 février 1 85 2 et la lot du ' lo juin ï853 aux Sociétés de Crédit foncier, il pourrait oflFrir à ses emprunteurs des conditions plus favorables. Le Foncier de France, lorsque Targent est abondant, place ses obligations au taux de 4 ^t même 3 fr. 75 pour 100, — amortissement et lots <îompris, — pourquoi le Foncier d'Algérie, doté •d'une personnalité propre, ne jouirait-il pas du ïhême crédit ? » Cette opinion est discutable : le crédit •des sociétés à obligations est long à s'établir ; le Fon- -cier de France existe depuis un dqmi-siècle; il a fait ' de nombreux appels au public ; il a tenu ses engagements; partout il est connu, et les petits rentiei:^ lui font confiance. Ceux-ci souscriraient-ils avec le même empressement aux émissions d'un établissement nouveau dont le centre d'opération serait non la France, mais l'Algérie... une colonie? Ne réclameraient-ils pas un prix plus élevé de leurs capitaux?
Dès lors, l'indépendance du Foncier d'Algérie n'offrirait aucun avantage ; les agriculteurs de notre colonie • ne paieraient pas moins cher les capitaux qu'ils de- - vraient emprunter. Auâsi semble-t-il qu'il y a lieu de maintenir le lien existant entre les deux établissements. Le Foncier d'Algérie continuerait à passer par les gui- : chets 4n Foncier de France, mais cqlui-ci lui ferait des conditions plus avantageuses qu'aujourd'hui. Le traité qui lie les deux établisseinents vient à expiration dans quelques mois. Une serait pas impossible qu'à l'occasion de son renouvellement, le Foncier de France, — que la « garantie » du Foncier d'Algérie met déjà à