‹ L'exploitation de notre empire colonialChapitre 86 sur 130 · RENOUVELLEMENT DU PRIVILÈGE · texte numérisé non relu

RENOUVELLEMENT DU PRIVILÈGE

riz. Ces prêts sont consentis au taux de 8 pour loo dont 2 pour loo sont « ristournés » au Protectorat pour se couvrir de sa garantie. Le développement des prêts, qui est subordonné, en partie du moins, au concours plus ou moins actif des résidents, peut donner un grand essor à l'agriculture par le fait qu'elle soustraira les paysans tonkinois aux usuriers chinois qui réclament ordinairement un intérêt de 3 pour loo par mois * .

L'importance des intérêts français engagés en Indo-Chine et en Chine, — on sait la part que nos capitalistes prennent à la construction des chemins de fer du Céleste-Empire, — fait un devoir aux ministres des Finances et des Colonies de se préoccuper dès maintenant d'éventualités assez prochaines d'ailleurs. Le privilège de la Banque de l'Indo-Chine expire en igoS, mais il est possible de le renouveler

I . La mention du système de prêt aux indigènes imagine en Indo-Chine est une occasion de rappeler qu'il y a vingt-cinq ou trente ans, et particulièrement depuis i886, les administrateurs des communes algériennes ont fondé, très heureusement sur divers points de notre colonie des « Sociétés indigènes de prévoyance, de secours et de prêts mutuels », qui rendent de très grands services.

Le principe est généralement le suivant : les djemâa prélèvent, sur la récolte des gens aisés, une petite part dont elles forment une réserve destinée à secourir les nécessiteux pendant l'hiver et aussi à prêter du grain pour ensemencer à ceux qui n'en ont pas. Ces derniers, la récolte faite, rendent la quantité qui leur a été prêtée, plus un nombre déterminé de litres pour assurer les frais de garde des « silos » et compenser les pertes. — D'après les statistiques de 1898 on comptait en Algérie 78 « Sociétés » ayant 260000 adhérents et dont l'actif, tant en argent qu'en grains, représentait une somme totale de 7 millions.

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avant celle époque pour le bien des deux parties. Cet établissement est déjà la grande banque française de rExlréme-Orienl ; sa direction a été Tort heureuse. Pourquoi, dans de pareilles conditions, ne pas le fortifier encore? Pourquoi ne pas élargir ses attributions? On pourrait, d'une pari, lui faire Tobligation de fonder en Chine un certain nombre de succursales; d'une autre, lui donner la faculté de prendre dans ce pays et en Indo-Chine une participation limitée dans les affaires industrielles. On pourrait encore lui demander, à riinitation de ce qui a été fait avec la Banque de France et la Banque de T Algérie, de mettre à la disposition du gouvernement une avance de quelques centaines de mille francs et une redevance annuelle, en Mie de faciliter Torganisation et le fonctionnement d'une insiilulion de crédit agricole en Indo-(]hine.

^ . LE CRÉDIT IMMOIULIKH KN TLMSIE

Si Ton comprend qu'il ne soit pas innnédiatement possible d'instituer en Indo-Chine le crédit à Tagriculture en faveur des colons, on ne s'explique pas, en revanche, qu'il n'ait point été créé en Tunisie depuis longlom|)s. Voici dix huit ans que la France est établie dans *'i^ pays; on savait dés le premier jour ses terres ferti- |p?^, SCS populations douces et laborieuses ; rcxpériencc acquise en Algérie disait les cultures à entreprendre, !os fésullals qu'on ponrmit espérer. C'était, d'un

LE CRÉDIT IMMOBILIER EN TUNISIE 2b J

autre côté, l'opinion générale, que les « moyens » et les « gros » colons devaient être sollicités, encouragés, que la Tunisie était un champ ouvert à la a colonisation française ». Mais, chez nous, les ministres ont peur des « financiers » et des « affaires » : aussi ontils préféré s'abstenir et se sont-ils refusés à la signature de tout contrat dans la crainte d'engager leur responsabilité. C'est ainsi qu'à l'heure présente, l'agriculteur qui veut planter la vigne ou l'olivier doit, comme au lendemain de la conquête, chercher ses capitaux en France ; il sait qu'il ne trouvera aucun crédit dans le pays même. La Banque de Tunisie, puis, à côte d'elle le Foncier d'Algérie, la Société algérienne et le Comptoir d'Escompte, qui ont fondé des agences, escomptent les effets commerciaux et font toutes les opérations ordinaires des banques ; mais ces établissements se refusent à aider l'agriculture. La vérité est, d'ailleurs, qu'ils ne le pourraient pas. On croit communément que l'introduction du système de VAct Torrens dans la Régence a eu pour conséquence la mobilisation du sol et, partant, qu'il a facilité la transmission des titres de propriété au grand profit des prêteurs hypothécaires qui ne seraient pas exactement remboursés par leurs emprunteurs. Rien n'est moins exact. La loi foncière tunisienne^ a très heureusement résolu les questions relatives à la délimitation du sol, à la certitude de la propriété; elle a

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