Droits de 8 pour 100 ad valorem
RÉGIME DOUANIER D^LGERIE-TUNISIE 2'j5
décret établit le tarif des droits de douane qui frapperont à l'avenir les importations des différents pays ; le second énumère les produits français et algériens qui, par faveur, seront admis en franchise des droits inscrits à ce tarif. C'est pour eux la « protection. » L'énumération est longue et comprend la plupart des articles qui intéressent notre exportation, tels les sucres, les alcools, les métaux et machines, les fils et tissus de laine et de coton, etc.. On voit dès lors quelle est la situation : il n'existe point entre la Tunisie et la France une union douanière, comparable à celle établie entre l'Algérie et la métropole, mais seulement un système de concessions réciproques qui permet d'entrevoir dans l'avenir, — si du moins les protectionnistes y consentent, — la réalisation d'une véritable union.
Un même jugement peut être porté sur ces deux régimes, semblables quant au fond. L'Algérie et la Tunisie se trouvant à quelques heures de Marseille, il est juste de considérer ces pays, en matière douanière, comme un prolongement de la France continentale. Toutefois, il est permis de regretter que le désir de protéger efficacement l'industrie française contre la concurrence étrangère n'ait souffert aucune exception . Nos provinces de l'Afrique du Nord sont des pays neufs qui ont besoin de s'outiller promptement et au meilleur marché possible. Il eût été sage d'y réduire à des taux très modérés les droits sur certains produits étrangers tels que les fers, les fontes, les aciers, les machines, les outils et ouvrages en métaux. Peut-
276 l'exploitation de IVOTRE EMPIRE COLONIAL
être nos industriels eussent-ils quelque peu perdu à cette disposition, mais les colons y auraient certainement gagné*. D'autre part, il n'est pas possible de considérer comme une mesure défendable le droit de 60 centimes l'hectolitre qui frappe les vins tunisiens à l'importation en France. Les colons en demandent la suppression et ils ont grandement raison.