PÉRIODE ESTIVALE
La période estivale commence le 25 mai. A cette date les bêtes conduites par troupeaux g$agnent les pâturages élevés où elles demeurent tout l’été. L’habitat en cette saison pour les bovins soumis à la transhumance est constitué par les pâturages des monts de l’Aubrac. Chaque troupeau jouit d’une étendue appelé « monta- £ne ». D'une façon générale on compte qu’un hectare est nécessaire pour chaque animal. L’étendue d’une montagne s’apprécie par le nombre de bêtes qu’elle peut entretenir. La superficie varie entre 20 et 300 Ha. On peut en dénombrer 400 permettant d’estiver 30.000 à 40.000 têtes de bétail.
Les vaches paissent sur toute l’étendue de Ia « montagne ». La « devèze » est un enclos réservé aux veaux et parfois aux bœufs. Le reste de l’effectif comprend des « bourrets » et des « bourettes » (vaches et taurillons d’un an environ) des « doublons » et des « doublonnes » (vaches et taureaux de 2 ans). On donne le nom d’ «estive » aux vaches appartenant à des propriétaires qui ne possèdent pas de montagne. Ceux-ci les con-
oies
fient pour l’é’té aux possesseurs de « montagne ». Pour les vaches laitières le lait paie l’entretien de la mère. Pour les bœufs et les vaches non productives une redevance en espèces est due.
Dans le pâturage se trouve un bâtiment, le « buron » ou « mazuc » qui est à la fois l’habitation du gardien de troupeau et une petite fromagerie. Le personnel comprend 3 à 5 hommes suivant l’importance du troupeau. Le Cantalès en est le chef. Il s’occupe surtout de la fabrication du fromage. Un autre homme peut le seconder c’est « le trascanlès ». Le vacher se nomme « pastre » et son aide est le « roul ». Le « béde. lio » est Sénéralement un jeune homme, il est chargé des veaux.
Un parc à claire-voie sert à contenir pendant la nuit le troupeau. Une cloison le sépare en deux parties inégales : la petite pour les veaux, la grande pour les vaches. On déplace ce parc de temps en temps pour fumer une $rande partie de terrain.
La traite a lieu de très bonne heure, le matin dans le érand compartiment du parc. Le trayeur appelle un veau en lui tendant un peu de sel, le fait sortir du parc et rejoindre sa mère. Le veau commence à têter puis on l’attache au membre antérieur $auche de sa mère. L'homme trait à droite. Les vaches donnent le lait plus facilement après avoir été ainsi amorcées.
Quand une vache est traite son veau détaché vient à ce moment achever la mulsion car le trayeur laisse volontairement un peu de lait. La traite étant achevée, le lait est porté au buron.
Le bétail demeure dans le parc jusque vers 9 heures du matin. La rosée ayant disparu le « bédelio » con-
duit les veaux à leur « devèze » et les $sarde en ce lieu. Les vaches sont alors libérées et sortent de leur parc. Sous la surveillance du pâtre elles commencent à paître. Elles effectuent ainsi une lente promenade autour de la montagne « l’asegado ». Ce lent déplacement s’effectue jusqu’à 13 heures environ, heure de la seconde traite. Vers 6 heures du soir les vaches reviennent d’elles-même autour du parc où on les claustre toute la nuit.
Parfois cette vie pastorale monotone habituellement est troublée. Des essaims de mouches viennent harceler le bétail. Celui-ci agacé se livre à des $alopades effrénées. Des orages éclatent d’une violence inouïe qui déchaînent leurs vagues de pluie et leurs chutes de grêle sur le bétail transi. Dès la fin septembre le climat est parfois très rude surtout lors des chutes précoces de neige.
Aussi le 13 octobre le signal du retour soulage-t-il bêtes et sens. Cette date est très respectée dans le pays et représente une journée de fête aussi belle que celle du 25 mai, date de la montée. La seconde partie de l’année va s’écouler dans le rnilieu hivernal, dans le domaine proprement dit où s’élèvent les étables et les granges.