ENTRE
La Ferme :
Elle se situe toujours dans une vallée aussi bien abritée que possible au centre des terres qui lui fournissent le fourrage nécessaire au bétail.
Les bâtiments d’exploitation se résument ordinairement en une étable avec un grenier. Beaucoup d’étables sont du type longitudinal à deux rangs de bêtes face au mur sans couloir d’alimentation. Il n’y a pas souvent de rigole d'écoulement du purin. Les déjections s’accumulent dans un couloir large de 3 mètres d’où elles sont évacuées par un tombereau, à moins qu’elles ne demeurent accumulées dans un coin de la vacherie.
Les ouvertures sont petites ne permettant pas une aération suffisante. Les hauteurs sous plafond souvent inférieures à 2 m. 50 ou égales, contribuent à entretenir une atmosphère ammoniacale. La longueur de couche est trop faible. Les abreuvoirs se situent à l’intérieur ou à l'extérieur de l’étable.
Les veaux prennent place à une extrémité du bâtiment, dans un compartiment à claire-voie, mais trop souvent obscur et malsain.
Heureusement quelques éleveurs ont su réagir contre ces erreurs, conséquences d’une négligence vieille de plusieurs siècles.
Certains possèdent de larges étables aux lignes modernes, couloir d’alimentation et de service spacieux, dimensions équilibrées, enlèvement du fumier par wa- $ons le déversant dans une fosse. De vastes risoles à purin y débouchent. L’abreuvement s'effectue par eau courante, etc.
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Le fenil surmonte l’étable. Grand, son remplissage s'opère par des chars à bœufs venant y décharger le foin par une porte charretière. Pour la distribution on use de trappes placées au-dessus des rateliers et d’abatfoin. La paille de seigle se loge ésalement dans ce grenier de fourrage.
En conclusion nous voyons que l’hysiène des animaux est fort peu respectée et que beaucoup d’heureuses améliorations pourraient être apportées.
Période de Transition :
Le régime de la stabulation n’est pas imposé au bétail brutalement lors de sa descente de la montagne en octobre. Une transition existe entre l’ère de la pleine liberté et le séjour permanent à l’étable. Dans les vallées, la situation abritée, l’exposition clémente, la pousse des regains, offrent aux animaux la ressource de pâturer les prairies. Cette période intermédiaire se prolonge aussi longtemps que. possible, mais cesse dans le courant de novembre, dès que le climat devient trop rigoureux. Inutile de nous étendre sur les bienfaits d’une telle transition : nourriture encore abondante et de bonne qualité, saine et surtout la vie en plein air durant le jour.
Stabulation :
Bientôt et brutalement l’hiver oblige les animaux à réintégrer définitivement leur place à l’étable. Désormais leur existence doit s’écouler dans ce milieu malsain précédemment décrit.
Les bovins ne reçoivent plus qu’un mélange de foin et de paille. Très souvent l’éleveur hiverne un trop $rand nombre de têtes et se voit obligé de réduire chaque ration individuelle. Ainsi les animaux dépérissent
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régulièrement pendant l’hiver et ce régime s'étend à tous les animaux, même aux femelles pleines.
L'usage des fourrages : artificiels des racines et des tubercules se rencontre chez les éleveurs soucieux de leurs intérêts ne craignant pas de rompre avec de traditionnelles habitudes néfastes. Mais l’application (des méthodes rationnelles d'alimentation est bien loin d’être Sénéralisée.
Seconde Transition :
À la fin de l’hiver la provision de foin bien que parcimonieusement distribuée ne peut plus suffire à l’entretien des animaux. Ceux-ci doivent quêter leur nourriture au dehors sur les devèzes et les prairies de fauche qui se recouvrent à nouveau de $azon. Pour ne pas trop nuire à la prochaine récolte de foin, on évite de laisser paître les vaches pendant trop longtemps. Mais l’éleveur qui a épuisé sa provision de fourrage a besoin de recourir à cet expédient. Les prairies se ressentent de cette méthode et leur rendement en foin est diminué. Et le cultivateur s’enferme ainsi dans un cercle vicieux de pénurie alimentaire.
Avec le 25 mai les animaux quittent les vallées pour aller paître dans les montagnes. Des milliers de bêtes se pressent vers les hautes altitudes, attirées par un irrésistible instinct. Le cycle est terminé.