‹ L'Exploitation Des Mines Par L'ÉtatChapitre 3 sur 18 · S CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

S CHAPITRE PREMIER

peu améliorée, mais il est à craindre que nous soyons définitivement entrés dans la période des charbons chers : la consommation augmente régulièrement tous les ans, tandis que les gisements connus en France ne sont pas susceptibles d'un développement rapide.

L'élévation du prix des houilles,qui est supportable lorsqu'elle est généralisée dans tous les pays, risque, si elle devient permanente en France, de compromettre la prospérité de l’industrie nationale.et, par contre-coup, celle des houillères elles-mêmes.

Il paraît évident qu’il serait de l'intérêt bien entendu, aussi bien des producteurs que des consommateurs, de ramener d’une facon permanente le cours des houilles à un taux normal, laissant un bénéfice rémunérateur pour les mines, mais cessant de mettre l’industrie du pays en état d’infériorité par rapport aux pays voisins.

La régularisation des prix de vente, voilà le but à poursuivre aussi bien pour maintenir la paix entre ouvriers et patrons, que pour donner satisfaction aux légitimes revendications des consommateurs.

Les associations de producteurs pour la réglementation artificielle des prix de vente étant interdites en France par l’article 419 du Code pénal (dont l'abrogation serait difficilement admise par l'opinion publique), il est peu probable que les mines, sans aucun engagement contractuel les unes vis-à-vis des autres, consentent à se priver du maximum des bénéfices à tirer de leurs concessions ; même

en étant animées du désir de ne pas exagérer les cours, il

suffirait que l’une d’elles se laissät aller à abuser de la situation, pour entraîner toutes les autres.

Aussi l'intervention de l'Etat est-elle et sera-t-elle de Jour en jour réclamée plus énergiquement de tous côtés. Déjà les pouvoirs publics se préoccupent de diminuer les tarifs de transport des houilles, et de supprimer les droits de douane, de manière à faciliter les approvisionnements des industriels du centre et du midi, en charbons tant français qu'étrangers.

Pour les interventionnistes à outrance, ce n'est point suffisant ; ils voudraient une action plus directe de l'Etat sur l’industrie minière et réclament l'exploitation en régie d’un certain nombre de concessions, de manière à influer sur les autres exploitations et à maintenir les cours des houilles à des taux raisonnables.

L'opinion publique, qui tend de plus en plus à considérer l'intervention de l'Etat comme une panacée universelle, ne serait pas éloignée d'admettre non seulement qu'on éviterait ainsi les grèves et les luttes sociales qui ont tant de fois retenu l'attention du pays et des pouvoirs publics, mais que l'Etat seul peut gérer en « bon père de famille » le patrimoine minier du pays dont l'importance est si grande pour la prospérité de la nation.

Cette absorption par l'Etat de l’industrie des mines aurait, sur tout notre régime économique,une influence profonde : ce serait le premier pas vers la socialisation des moyens de production.

Aussi avant d'entreprendre une réforme dont les con-

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