LE FONCTIONNARISME
zèle des ag-ents et employés intéressés à la prospérité du service serait également stimulé.
La g-énéralisation du système serait la meilleure réponse à faire aux économistes qui appuient avec tant d'insistance sur le défaut d'intérêt personnel chez les administrateurs ou sur leur esprit de routine et leur indifférence vis-à-vis des résultats pratiques. Avec ce régime tomberait l'un des arguments classiques contre l'activité municipale.
I o. — Le fonctionnarisme. Influence électorale
DES employés municipaux
Les défenseurs des compagnies pi'ivées redoutent que, avec la municipalisation, le nombre des employés et agents communaux de toute sorte n'augmente considérablement et que leur influence ne devienne prépondérante en matière électorale.
C'est d'abord l'auomentation du nombre des fonctionnaires publics qui est critiquée. On remarquera que cette formule n'est pas très heureuse. Il est abusif de considérer comme fonctionnaires tous les travailleurs touchant un salaire ou un appointernent sur le budget communal. Un allumeur de réverbères, un conducteur de tramways, un manœuvre du service des eaux, ne sont pas des fonctionnaires. Mais enfin il faut laisser les mots et considérer les choses. Si, avec les rég"ies, il n'y a pas développement du fonctionnarisme proprement dit, il y a développement des emplois municipaux. Le fait est incontestable.
Mais ce fait entraîne t-il des conséquences funestes, la question est tout autre. Ce nombreux person-
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nel travaillant dans les entreprises de g-az, d'électricité, de tramways, est nécessaire. Que les entreprises soient aux mains des municipalités ou des compagnies concessionnaires, il existera toujours; il travaillera dans les mêmes conditions, il aura les mêmes inquiétudes, il aspirera aux mêmes salaires élevés, il fera partie des mêmes associations ouvrières. Les agents, emplovés et ouvriers de grandes compagnies n'ont pas la même situation que ceux des entrepreneurs privés ordinaires. La régie les transporte de la dépendance des sociétés concessionnaires dans la dépendance des municipalités, mais elle n'en augmente pas le nombre. Ce changement a-t-il une influence en matière politique et électorale ?
Les individualistes l'affirment. D'après eux, il y aurait danger, au point de vue électoral, à multiplier le chiffre des employés communaux. Les municipalités se trouveront dans une situation difficile en face des prétentions même déraisonnables de leurs agents. Ils voteront pour les candidats qui promettront des augmentations de salaires, et leur nombre même est redoutable. Dans le Comté et les bourgs de Londres, les travailleurs municipaux représentent un quatorzième du corps électoral, à Glasgow un seizième, à Plymouth 3 0 0 des votants. A Manchester, sur 120.000 électeurs il y a 18.000 employés municipaux. A Xew- York on en compte actuellement 46.000, et si les services de lumière et de tramways étaient municipalisés, on en trouverait 80.000. Presque tous font partie de puissantes associations ouvrières (1).
(1) Lord AvEBURY, pp. 43 et s. — Alberto Geisser, p. 102.