‹ L'exploration collective des services publicsChapitre 82 sur 108 · INFLUENXE POLITIQUE DU PERSONNEL · texte numérisé non relu

INFLUENXE POLITIQUE DU PERSONNEL

la dignité humaine, politiquement à Tée-alité de tous les citoyens. Enfin elle est inutile puisqu'elle ne correspond à aucun dan^-er véritable.

On objecte que les employés communaux réclameront des salaires ou appointements élevés et qu'ils s'associeront pour y arriver. C'est d'abord leur droit ; tout individu peut demander une amélioration de situation s'il la mérite par son travail. Les municipalités commerçantes et industrielles ont fait beaucoup pour leur personnel ; elles ont relevé les traitements, établi un minimum de salaires, réduit les heures de travail. Les individualistes n'osent pas reprocher ouvertement aux ouvriers municipaux d'avoir de hauts salaires ; ce serait à la fois inhumain et maladroit, et la critique attirerait sur ses auteurs une impopularité trop justifiée. Mais, par un détour, ils adressent le reproche aux villes et jugent sévèrement l'augmentation des dépenses des ré^^ies, les frais, (( le gaspillage ». Ils ne devraient pas oublier pourtant que le municipalisme a pour motif, entre autres, l'intérêt général et le profit du public ; comme on l'a remarqué, une ville ne peut pas, logiquement, commencer par mal payer et surmener ses propres employés; ce serait contraire au but social des régies. Ces améliorations dans la condition du personnel ne sont d'ailleurs pas perdues ; au point de vue matériel et productif la ville y gagne. L'aue^mentalion des salaires est plus apparente que réelle; la ville qui paie bien exige une somme de travail plus considérable et des capacités plus grandes chez ses ouvriers et employés. Et puis les (( revendications » des salariés des administrations publiques sont moins vives que

celles des salariés de l'industrie privée; ayant une meilleure condition ils ont moins souvent l'occasion de se plaindre. Leurs réclamations seront d'autant moins intenses que leur situation économique sera plus avantageuse et leur situation juridique plus assurée. Telle est la constatation à laquelle a abouti le travail de la Commission d'enquête américaine et que l'on ne saurait trop méditer. Elle a démontré que « le travail organisé » se désintéresse de la politique. Plus les travailleurs sont i^TOupés, syndiqués, org^anisés fortement en apparence contre la municipalité qui les occupe, mais ils se mêlent aux luttes électorales. Les associations dont ils font partie les aident à obtenir des avantasfes de salaires, d'heures de travail, d'hyg'iène ; la défense des intérêts professionnels est non seulement leur but lég^al, mais aussi leur effet pratique. Quand ces avantagées matériels sont acquis, les ouvriers communaux n'ont plus besoin de s'occuper des candidatures politiques. En fait c'est par l'org-anisation du travail qu'ils les ont obtenus et non pas par la politique, parce qu'en Angleterre c'est le travail qui est oro;-anisé dans la classe des travailleurs, tandis qu'en Amérique c'est avant tout la politique. Aussi les entreprises municipales anglaises visitées par la Commission d'enquête américaine ont toujours eu soin de prendre les devants et d'améliorer ellesmêmes la situation de leur personnel. Pendant qu'elles combattaient quelquefois le principe fondamental du trade-unionisme. en maintenant dans leurs exploitations le principe des opeu-sJwps, elles se montraient en même temps les meilleurs adeptes des trade-unions. Les corporations ont adopté, pour la

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