‹ L'exploration collective des services publicsChapitre 83 sur 108 · INFLUENCE POLITIQUE DU J-ERSONNEL · texte numérisé non relu

INFLUENCE POLITIQUE DU J-ERSONNEL

fixation des salaires, les tarifs établis par les tradeunions. Le conseil du comté de Londres, pour ne citer que cet exemple, a publié un tarif des salaires et des heures de travail « daprès les bases reconnues par les associations d'employés et les trade-unions ;). Par certains côtés de leur situation, les employés municipaux, comme les employés de TEtat et même les fonctionnaires des services publics administratifs, se rapprochent des employés privés, tandis qu'à l'inverse les ouvriers et employés de l'industrie privée deviennent à certains égards des fonctionnaires. Il se produit une assimilation entre tous les salariés et les mêmes institutions h?ur deviennent communes, syndicats professionnels, droit de grève, associations coopératives, repos hebdomadaire et autres règles sur l'organisation du travail, etc.

Ce fait capital que « le travail organisé » est exclusif de la poUtique et des influences électorales des ouvriers a été une lois pour toutes mis en lumière par les travaux de la Commission américaine, et ce n'est pas là un des moindres résultats de son admirable enquête. II est établi par les recherches faites dans chaque entreprise municipal examinée (1), et la démonstration péremptoire en a été faite, avec des considérations générales, dans des études d'ensemble présentées par deux des commissaires, M. J. W. Sullivan et le professeur John R. Commons (2).

(1) Sous la rubrique Labor and politics. qui est distincte des rubriques : gênerai and historical^ — engineering matters, — finance and accounting, etc.

(2) J. W. Sullivan, Labor report, et professeur John R. Comynons, labor and politics, Enquête américaine de la Xational

Et alors on est ramené à la conclusion à laquelle a abouti déjà Tétude, faite plus haut, sur la situation légale et juridique du personnel des régies. La meilleure manière, et la seule, d'éviter les abus politiques, les influences de partis, les pressions et les campagnes électorales de la part de ce personnel, c'est de lui assurer d'abord une condition stable, des garanties professionnelles et un statut. Voilà la réponse aux objections des adversaires de la municipalisation. Quand on aura donné aux agents, employés et ouvriers communaux l'organisation légale qui leur fait défaut en France, on aura par cela même coupé court à la possibilité des abus ; ils seront des citoyens exerçant leurs droits électoraux et votant, comme les autres d'après des préoccupations d'ordre général. Etablir législativement des règles fixes sur le recrutement, l'avancement, la révocation, déterminer les traitements et salaires et au besoin la participation aux bénéfices, en un mot leur faire une situation juridique, les placer à l'abri des influences politiques et électorales, tel est le moyen de leur ôter toute occasion de mettre à leur tour en mouvement ces influences. C'est ainsi qu'ils seront conduits à a remplir exclusivement leur fonction, qui est de bien servir l'Etat et non de servir un parti politique ou de s'en servir (1). « Si l'on veut qu'ils ne fassent pas de poli-

civîc fédération, t. I, pp. 60 et 88. — Sur la question v. encore : Lord AvEBURY, p. 43 : Les questions du travail. — Ernest Brees, pp. 359 et 360. — Professeur A. Cabiati, pp. 532 et s. — Alberto Geisser, p. 100. — André Mater, pp. 549 et 551.

(1) Discours de M. Joseph Reinach à Fa Chambre des dépu-

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tique contre les municipalités, que tout d'abord les municipalités ne puissent pas en faire contre eux : la politique attire la politique.

tés, séance du 0 juillet 1909. V. aussi le discours de M. Laf- FERRE, séance du 10 juillet.

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