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HISTOIRE DE LA PHÜNENDOSCOPIE

C'est à la fin du siècle dernier que la phonendoscopie fut inventée par Bianchi (de Parme).

Bianchi publia ses premières recherches en 1882 dans les Annales universelles de médecine et de chirurgie de Milan. Puis en 4894 il présenta un stéthoscope spécial le « phonendoscope » qu’il avait construit avec l’aide de Bazzi (de Florence).

En réalité la phonendoscopie n’était qu’une technique nouvelle d’une méthode plus ancienne: la combinaison de la percussion et de l’auscultation.

Cette méthode de percussion auscultée remonte à LAEN- NEC lui-même. Il écrit (p. 139 dut. I de l'édition d’Andral) que pour certains cas de pneumothorax :

On peut estimer l'étendue de l’espace occupé par l'air en auscultant et en percutant en même temps dans différents points :on entend alors une résonance semblable à celle d'un tonneau vide et mélée par moments detintements, :

Mais à vrai dire Laënnec ne fit qu’entrevoir la méthode et n’a pas cherché à la développer.

En 1826 Prorry réunit le stéthoscope et le plessimètre sous le nom « plesthéthoscope » et au chapitre XVI de son Traité de plessimétrisme et d’organo-graphisme il écrit :

mon intention n’était pas de substituer ma méthode à celle de Laënnec mais d'éclairer les uns‘par les autres, d'une part les

résultats fournis par l’auscultation et de l’autre ceux que donne la percussion.

Et il ajoute modestement que cette méthode ne donne pas de résultats supérieurs à ceux que l’on obtient avec le plessimètre.

C’est en combinant l’auscultation avec la percussion métallique que TroussEAU en 1830 découvre « le bruit d’airain » dans le pneumothorax. |

En fait les premiers auteurs qui essayèrent de tirer de celle percussion auscultée une nouvelle méthode d'examen comparable et même supérieure aux méthodes de palpation ou d’auscultation, furent deux américains : CAMMANN et Cark.

Leur mélhode publiée dans le numéro de juillet 1840 du Journal de médecine et de chirurgie de New- York fut vulgarisée en France, par une analyse parue dans les Archives générales de médecine de 1841 (p. 225), par une communication faite par M. Roger à la Société médicale des hôpitaux de Paris à la séance du 27 mars

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1850 et par un article de H. Roger paru dans l’Union médicale de 1850 (p. 294).

Voici d’après l’article de H. Rocer la technique d’examen de Cammann et Clark, on verra qu’elle ressemble fort à la phonendoscopie.

J'appliquai le stéthoscope plein sur la région médiane du viscère à explorer ; par exemple, s'agissait-il du cœur, je plaçais le cylindre au centre de la région précordiale (centre que m'indiquait le choc de la pointe) puis je faisais percuter : on frappait sur le plessimètre de très petits coups d’abord le plus près possible du stéthoscope pour avoir le son cardiaque type et de ce point on s'éloignait en percutant tour à tour dans chaque direction et marquant avec de l'encre ou du nitrate d'argent tous les points où le son paraissait modifié, Dans cet examen je trouvais que les sons variaient et présentaient des différences plus ou moins sensibles suivant que la percussion était pratiquée sur les régions correspondant au cœur seul, au cœur recouvert par le poumon, à l'aorte, aux oreillettes, au poumon...

La méthode de Cammann et Clark servait à délimiter le cœur, le foie, la rate, les reins, exactement comme la phonendoscopie.

Voici d’après l'analyse parue dans les Aichives qgénérales de médecine ce que l’on prétendait attendre de la méthode de Cammann et Clark pour l’examen du foie.

Ils prétendent également être arrivés à reconnaître le foie dans les conditions les plus diverses-et entre autres à suivre son lobe gauche et le bord inférieur jusqu'au point où il est le plus mince ; à isoler la face supérieure du foie du poumon droit hépatisé ou d'un épanchement pleurétique; à limiter le bord inférieur dans l’ascite ; à marquer la séparation entre le foie et la rate lorsque cette dernière est hypertrophiée,

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Malgré les prétentions des Américains, RoGER ne se laisse pas entraîner par l’enthousiasme.

Le compte rendu de sa communication à la Société médicale des hôpitaux de Paris, se termine ainsi :

La méthode lui paraît d’une exécution très difficile et, en définitive, sauf pour la mensuration du cœur, elle lui semble inférieure à la percussion el à l'auscultation isolées,

Puis la méthode de Cammann et Clark tomba dans l'oubli.

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La combinaison de la percussion et de l’auscultation reparut avec NoEz GUÉNEAU DE Mussy sous le nom d’ « auscultation plessimétrique ».

Dans la France médicale de 1875, dans l’Union médicale de 1876 puis dans ses leçons cliniques il étudia l’auscultation plessimétrique du thorax. Il pratiquait l’auscultation de |la fosse sus épineuse tandis qu’il percutait le manubrium sternal où la clavicule ou bien il auscultait la région sous claviculaire tandis qu’il percutait la colonne vertébrale et il appréciait. les modification de la transsonance thoracique.

L'œuvre de Guéneau de Mussy fut poursuivie par plusieurs auteurs.

Ce fut à Paris en 1881 la thèse d’Amirault, en 1887 la these de Blond, en 1895 la thèse de Larcher, en 1912 un article de Fernet.

Ce fut en 1903.en Italie les travaux de Signorelli sur la percussion vertébrale auscultée et en 1909 à Bordeaux la thèse de Baisez.

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Malgré loutes ces recherches l’auscultation plessimétrique de Guéneau de Mussy a pratiquement échoué.

En réalité tous les travaux sur la percussion auscultée n’ont apporté que deux signes utilisables : le bruit d’airain de Trousseau, le signe du sou de Pitres. Ils appartiennent tous deux à la percussion métallique auscultée. .

C’est à l'étude de ce dernier signe que Sieur à Bordeaux en 1883 a consacré sa thèse.

C'est à l’étude générale de la méthode de percussion métallique auscultée que Robinne à Paris en 1919 a consacré la sienne

Percussion mélallique auscultée de Trousseau, percussion auscultée de Cammann et Clark, auscultation plessimétrique de Guéneau de Mussy, phonendoscopie de Bianchi, telles sont les étapes essentielles de cette méthode qui combine la percussion et l'auscultation.

La méthode de Brancai diffère des précédentes par deux points : elle utilise un stéthoscope spécial, le phonendoscope, elle ausculte les vibrations produites non pas par la percussion mais par le frottement.

La phonendoscopie fut introduite en France à la suile de la communicalion que Bendersky (de Kiew) fit au Congrès de Rome de 1895.

Immédiatement nous trouvons celte discordance d'opinions que nous avons constatée au chapitre précédent pour le cas particulier du foie,

af.

Le 22 février 1869 à la Société de Biologie CouTE achève ainsi son exposé de la méthode de Bianchi :

« En résumé du moment où l’on peut appliquer la tige du phonendoscope sur un point du corps qui se trouve en rapport avec l'organe à explorer, on peut déterminer les limites de cet orga-

ne... Le cœur, les poumons, le foie, l'estomac, la ratez les reins,

la vessie peuvent ainsi être vus à travers la peau de même que la hauteur d'un épanchement pleural ou péritonéal. On arrive méme avec un peu d'habitude: à reconnaître chaque cavité du cœur, la position de la cloison et à déterminer les scissures interlobaires du poumon. »

Comte n’est pas le seul auteur qui adopte la méthode avec enthousiasme. É

LAGRANGE dans la Revue des maladies de la nutrition (page 219, année 1896) conclut son article :

«Selon toute apparence, nous devons attendre beaucoup plus de cette méthode que des rayons de Rôntgen, pour l'exploration des organes splanchniques ».

C'est l’âge d’or de la phonendoscopie.

A la Société de biologie le 3 juillet 1897 Capitan et Mile Pokrychkine étudient par la phonendoscopie les changements de forme du cœur sous l'influence de la course.

À la Société obstétricale et gynécologique le 9 décem: bre 1897 Anastasiadès délimite la position de l’enfant dans l’utérus gravide.

A l’Académie des Sciences le 6 février 1899 Bianchi et Regnault étudient par la phonendoscopie les changements de volume des principaux organes sous l’influence du bain turc,

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