ALL, HORS
A la Société de biologie le 26 juillet 1902 Bianchi et Léri étudient les variations de volume de la rate pendant la grossesse et après l'accouchement.
Le seul énoncé de ces diverses communications montre quelle valeur on attachait à la phonendoscopie.
Cependant, dès cette époque, quelques auteurs dénient à cette méthode toute valeur séméiologique.
En Italie, en 1885, dès les premières publications de Bianchi, Feletti fait la critique de la phonendoscopie.
En France cette critique est faite par trois auteurs : Four en 1889 dans la thèse qu’il passe à Bordeaux ; Bouveret dans un article paru dans le numéro du 3 mai 1896 du Lyon médical :Oriou dans un article des Archives de médecine et de pharmacie militaires de 1897. Puis avec les premières années du xx° siècle la phonendoscopie de Bianchi est allée rejoindre dans l’oubli la méthode de Cammann et Clark qu’elle avait tenté de rajeunir.
Elle vient de faire une réapparilion timide ces dernières années.
Trois communications lui sont consacrées à la Société médicale des Hôpitaux Ge Paris en 1920 deux de Crouzon et Béhague, une de May.
La communication de May sur les variations d’étendue de la. phonendoscopie pulmonaire se trouve développée dans la thèse de Rouquet (Paris 1921) et dans un article de May et Rouquet publié dans les Annales de médecine de 1921. Ces auteurs établissent que la phonendoscopie ne mérite pas l'oubli où elle est relé-
guée mais qu’elle peut jouer, à titre de méthode acces- .soire, un rôle utile pour le diagnostic des pneumopathies chroniques.
C'était là une réhabilitation timide. Une réhabilitation plus importante a été faite depuis par SÉDILLOT dans une série de publications, spécialement dans Île numéro d’avril 1928 du journal La pui et en 1931 dans son livre « L’Arthritisme ».
Il fait jouer à la phonendoscopie le rôle, qui semble raisonnable, d’une percussion plus fine et plus facile que la percussion classique. Il écrit, en effet, page 36 :
« Cet appareil ne peut permettre de mesurer, de délimiter exactement que la partie des organes pleins (foie, rate, cœur) qui se trouve au contact direct de la paroi et à la condition que ces organes pleins de forte densité se trouvent immédiatement entourés d'organes creux ou de faible densité mauvais conducteurs du son (foie entre poumon droit et intestin.….
Après cet exposé, que nous avons volontairement limité à l'essentiel, nous avons le droit de répéter ce que nous disions à la fin de notre premier chapitre que les auteurs n'ont jamais pu se mettre d’accord sur la valeur de la phonendescopie.
Nous avons vu que Roger n’était pas d'accord avec Cammann et Clark, que Feletti critiquait la méthode de Bianchi, que Four, Bouveret et Oriou déniaient toute valeur à la phonendoscopie alors que la plupart des auteurs la prônaient avec enthousiasme.
IL est évident que les prétentions initiales de la phoneudoscopie de délimiter tous les organes, de dessiner les scissures interlobaires, les cavités cardiaques,
ES
etc, ont par leur exagération même discrédité la méthode.
Mais les prétentions plus modestes et d'apparence raisonnable que Sédillot reconnaît à la phonendoscopie, de délimiter la partie des organes pleins se trouvant au contact direct de la paroi entre deux organes mauvais conducteurs de son, que valent-elles ?
Ce probième ne paraît pas résolu ; du moins si quelques-uns des auteurs que nous avons cités l’ont résolu, la solution n’a pas eu un retentissement suffisant pour faire l'accord unanime. Il n’est donc pas inutile de reprendre cette étude.
Nous allons voir successivement les observations que nous avons faites puis les observations que nous avons recueillies dans les travaux consacrés à la phonendoscopie.