MÉTHODE SUIVIE POUR ÉTUDIER LA PHONENDOSCOPIE DU FOIE
Nous avons volontairement négligé toutes nos observations cliniques. Nous n’apportons ici que des observations faites sur le cadavre. Ce sont les seules qui comptent. Seule l'observation anatomique permet de juger si la prétention de la phonendoscopie est légitime, de fixer les limites exactes où le foie est en contact avec la paroi.
Nous avons recueilli ces observations à la Salpêtrière dans le service de notre maître M. Crouzon. Il nous est particulièrement agréable de rendre ici un hommage public à la bienveillance qu’il nous a toujours témoignée.
Tu
Nous avons fait l'examen phonendoscopique du foie
suivant la technique que donne SÉDIELOT :
Pages 36-37. — Le malade est en décubitus horizontal...
Le médecin se place à main gauche du malade. Les branches du stétho-phonendoscope aux oreilles il applique exactement au point A le tambour de l'appareil tenu entre le pouce et l'index de la main gauche et l’appuie suffisamment (il faut éviter soigneusement que le bord du tambour ne touche le rebord costal). Alors l'index de la main droite partant exactement au niveau et
SÉDiLLoOT : L’Arthritisme, page 35
D'après l'anatomie topographique de Tesrur et Jacog
au-dessus du mamelon droit commence à tracer légèrement sur la peau des lignes de frottement horizontales et parallèles en descendant vers l'appareil.
À un point précis, subitement, d'un seul coup, le bruit perçu par l'oreille s'intensifie considérablement. À ce point précis nous marquerons la limite supérieure de matité absolue du lobe droit (point x’ de la figure). La main droite saisit alors le tam-
AD. en
bour de l'appareil maintenu en place au point A pour libérer la main gauche dont l'index partant de la fosse iliaque droite va à son tour tracer des lignes de frottement horizontales et parallèles en remontant peu à peu vers l'appareil, Subitement à un certain niveau le bruit perçu s'intensifie brusquement, Nous marquons alors la limite inférieure de matité absolue du lobe droit (soit le point y’) toujours exactement sur la ligne mamelonnaire droite,
Réglons tout de suile, pour ne plus y revenir, la question du stéthophonendoscope.
Nous avons utilisé trois appareils: le stéthoscope à tambour, le stéthoscope à pavillon, le phonendoscope de Bianchi (qui ne serait qu’une contrefaçon d'un stéthoscope français, le stéthoscope de Boudet de Paris [Capitan et Verdin, Société de biologie, 16 mai 1896).
Dans dix observations nous avons délimité le foie successivement avec les 3 appareils; les résultats ont été identiquement les mêmes pour ces trois sléthoscopes. Le phonendoscope de Bianchi ne nous paraît pas mériler sa réputalion de stéthoscope amplificateur ; il nous paraît être un instrument compliqué, fragile et totalement dénué d'intérêt.
Après avoir fait l'examen clinique par la phonendoscopie et marqué au crayon dermographique les limites du foie sur la ligne mamelonnaire, nous avons pratiqué l’autopsie.
Nous avons fait l’incision médiane de l’appendice xiphoïde à la symphyse pubienne ; nous avons pénétré immédiatement dans la cavité abdominale. Il nous
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No était facile alors, sans avoir «modifié aucun rapport anatomique, d'apprécier la concordance ou la discordance des repères marqués sur la paroi et des limites réelles de l’organe.
Pour chaque observation nous avons noté les parlicularités anatomiques susceptibles d'intéresser la phonendoscopie. Trois détails anatomiques se sont révélés capitaux: le rapport du bord inférieur du lobe droit avec le rebord costal, lé rapport du lobe gauche avec le creux épigastrique, l'épaisseur de la paroi.