ETUDE DE NOS OBSERVATIONS PERSONNELLES
Nous avons fait quinze observations anatomiques :
Obs. I. — Boz..., 80 ans.
Décédée d’urémie. È
CONSTATATIONS ANATOMIQUES
— pas de pannicule adipeux ;
— Ccyphose dorso-lombaire telle que le thorax est coudé à angle obtus sur l'abdomen. Appendice xiphoïde très long ;
— le lobe gauche du foie n'apparaît pas au creux épigastrique en raison de celte cyphose et de la longueur de la xiphoïde. Le stéthoscope placé juste sous la xiphoïde n'est pas appuyé sur le foie mais au dessous ;
— le bord inférieur du lobe droit du foie, sur la ligne mamelonnaire, coïncide avec le rebord costal.
RÉSULTATS DE LA PHONENDOSCOPIE
— bord supérieur exactement délimité; — bord inférieur exactement délimité.
2 bg
Le pavillon de notre stéthoscope n'était pas appuyé sur le foie mais au-dessous. Toute délimitation aurait dû être impossible d’après la théorie de Bianchi.
Nous avons vu (Comte cité au chapitre 2) que pour déterminer les limites d’un organe il faut pouvoir € appliquer la tige du phonendoscope sur un point du corps qui se trouve en rapport avec l’organe à explorer ».
Or le fait est là : les limites dessinées sur la paroi correspondent exactementau bord supérieur et au bord inférieur du foie. L'examen phonendoscopique a été aussi facile que dans les autres cas.
Et ce n’est pas un faitisolé. Nous verrons à l’observation X un cas comparable de délimitation phonendoscopique alors que le stéthoscope n’était pas appuyé sur le foie.
C'est donc que l’explication théorique de Bianchi est fausse. Cette observation capitale prouve que les vibrations déterminées par lefrottement ne sont pas conduites jusqu’au stéthoscope par le foie mais uniquement : par la paroi.
Mais comment se fait-il que la délimitation hépatique soit exacte si la phonendoscopie ne met en jeu que la vibration de la paroi ?
Est-ce que le foie sous-jacent peut par sa seule pré: sence, modifier les vibrations de la paroi ?
Les observations suivantes vont fournir la réponse à ces questions.
= OAUE
Obs. II. — Cla.. …, 96 ans.
Décédée de cancer du côlon transverse
CONSTATATIONS ANATOMIQUES
— pas de pannicule adipeux ;
— le lobe gauche du foie traverse le creux épigastrique et le stéthoscope s'appuie nettement sur lui ;
— le bord inférieur du lobe droit du foie, sur la ligne mamelonnaire, n'atteint pas le rebord costal. Il est sous le gril costal, distant de 4 centimètres du rebord ;
— lefoie est peu volumineux il pèse 800 gr. ; son aspect à la coupe est normal ;
— Ja face supérieure du lobe droit est très bombée en forme de dôme ;
RÉSULTATS DE LA PHONENDOSCOPIE
— bord supérieur mal délimité ; marqué deux centimètres trop haut ;
— bord inférieur mal délimité, marqué quatre centimètres trop bas. La phonendoscopie marque exactement le rebord costal.
Obs. III. — Duc... , 82ans.
Décédée de pneumonie du sommet droit
CONSTATATIONS ANATOMIQUES
— pannicule adipeux épais de quatre.centimètres ;
— le lobe gauche du foie traverse le creux épigastrique et le stéthoscope s'appuie nettement sur lui ;
— le bord inférieur du lobe droit, sur la ligne mamelonnaire n'alteint pas le rebord costal ; ilest sous le gril costal, distant de trois centimètres du rebord ;
— Ja face supérieure du lobe droit est très bombée en forme de dôme,
RÉSULTATS DE LA PHONENDOSCOPIE
— bord supérieur difficile à délimiter. Le passage du son faible au son fort se fait insensiblement sur une zone large de 5 à 6 centimètres ;
— bord inférieur mal délimité, marqué trois centimètres trop bas. La phonendoscopie marque exactement le rebord costal.
Obs. IV. — Bér, …., 81 ans...
Décédée d'hémorragie cérébrale.
CONTASTATIONS ANATOMIQUES :
— pannicule adipeux insignifiant ;
— le lobe gauche du foie traverse le creux épigastrique. Le stéthoscope s'appuie nettement sur lui ;
— Je bord inférieur du lobe droit du foie, sur la ligne mamelonnaire, n'atteint pas le rebord costal. Il est sous le gril costal, distant de trois centimètres du rebord.
RÉSULTATS DE LA PHONENDOSCOPIE
— bord supérieur bien délimité ;
— bord inférieur mal délimité, marqué trois centimètres
trop bas La phonendoscopie marque exactement le rebord costal.
Ces trois observations sont identiques. Dans les trois | cas la phonendoscopie a marqué comme limite infé: rieure exactement le rebord costal alors que le bord inférieur du foie n’atteignailt pas ce rebord mais restait sous le gril costal. La limite phonendoscopique était indiscutable : on passait brusquement d'une zone de son fort à une zone de son nul.
La seule conclusion possible de ces-trois observations c’est que la pnonenaoscopie ne met en jeu que la vibra-
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