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ment autrement important que le précédent, illustré de 21 planches tout à fait démonstratives. Les radiogrammes sont pris selon une attitude céphalique à peu près semblable à celle que donnait S. LANGE (v. p. 15) et qui paraît avoir été adoptée par la plupart des radiographes américains.
Les nombreux examens pratiqués lui font affirmer qu'en général les deux mastoïdes sont de structure semblable : fait important qui permettra dans la lecture d'une épreuve de l'os malade, d'établir une comparaïson nécessaire avec le côté sain.
Des XXI épreuves qu'il reproduit, certaines sont particulièrement nettes et d'un intérêt clinique évident. lelle la planche IX (cellules floues, une plage claire monire la fonte de l’os au niveau du coude du sinus), la planche XT (abcès dans la région du sinus), la planche XIT qui représente l'image d’un cholesteatome étendu de la mastoïde (l’apophyse semble être une vaste cavité. non transparente).
Le mémoire d'ISAAG GERBER (1919) n'a d'autre but que de faire entrer les différentes représentations radiographiques de la mastoïde dans le cadre anatomique fixé par CHEATLE. Les mastoïdes, au point de vue structure, peuvent se classer en deux grands groupes :
1° Le type infantile avec ses deux variétés, compacte et aréolaire, aura comme caractéristique radiologique de montrer un sinus latéral très antérieur, souvent procident ; quelques cellules localisées au niveau de la pointe et quelques-unes en arrière de l'oreille moyenne.
2° Le type pneumatique soit pur, avec larges cellules nettement isolables aux rayons et où il est facile de dé-
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pister les signes d'infection, soit mixte avec zones à caractère fœtal. Un type un peu spécial qu'il intitule « à double pont » est caractérisé par la présence d’une eouche externe de cellules pneumatiques et d'uné couche interne de tissu diploétique séparées par une épaisse cloison osseuse compacte.
Il est évident, en effet, que pour établir un diagnostic radiographique certain, il faut avoir présent à l'esprit les différentes variétés de structure mastoïdienne, quelle que soit la classification que l’on adopte.
En 1921 paraît à Leipzig le tome IT du Traité de chirurgie spéciale de KaTz et BLUMENFELD. Tout un chapitre est consacré au radiodiagnostic dans les affections de l'oreille et confié à la plume du privat-dozent W. PrEIrrER (de Francfort). Il est certain que la lecture de ce travail est fertile en indications intéressantes et nous a montré à quel point ce procédé d'exploration des or- -ganes auditifs, si peu employé en France, était largement utilisé en Allemagne. L'auteur y relate les faits observés jusqu'ici dans les divers laboratoires (allemands surtout), selon.les différentes techniques que nous avons déjà indiquées, les résultats de son expérience personnelle tenant peu de place. Cependant, parmi les planches annexées, nous en trouvons une qui nous a semblé particulièrement instructive (PI. XXIV, fig. 1).
OBSERVATION
Un malade de 47 ans avait des douleurs d'oreille à gauche depuis deux mois et présentait une paralysie faciale gauche depuis trois semaines. A l'examen otoscopique, on trouvait un gonflement furonculeux de la partie supérieure du conduit rendant impossible la vue du fond. On avait proposé une in-
tervention mastoïdienne quand une radiographie prise en sagittale montre l'intégrité complète de la mastoïde et fait repousser l'intervention. La paralysie faciale est reconnue d’origine syphilitique (W. +). Le salvarsan et les soins locaux amènent la guérison des divers symptômes. |
La même année, à la Société Royale de Médecine de Londres, L. TURNER fait une communication sur « la structure de l’apophyse mastoïde basée sur l'examen radiologique de 1.000 crânes de diverses variétés de race humaine ». Les recherches, qui comportent en fait la radiographie de 2.000 os temporaux, avaient été entreprises avec laide de W.-G. PORTER, puis suspendus pendant la guerre. Le matériel comportaït la riche collection de crânes du Musée anatomique universitaire d’'Edimbourg, représentant des os de races différentes. C’est dire que les conclusions de ce travail intéressent plus l'anthropologiste ou l'anatomiste que le clinicien. Néanmoins, la richesse des documents donne une valeur indéniable aux résuliats :
1° Conclusions anatomiques. — Une mastoïde à type pneumatique est observée en moyenne, sur 79 % des crânes européens et le type infantile persistant ou acellulaire (classification d’A. CHEATLE) dans 21 %. |
L'asymétrie anatomique de l’apophyse mastoïde sur un même crâne est observée dans 12 % sur des séries de 1.000 crânes, cette asymétrie dépendant le plus souvent du développement plus ou moins grand des cellules pneumatiques d’un côté ou de l’autre.
20 Conclusions anthropologiques. — Le pourcentage des apophyses pneumatiques est plus bas dans les crânes dolichocéphales et plus élevé dans les brachycéphales. .
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Sur des crânes présentant un index céphalique semblable et appartenant aux mêmes races humaines, il semble qu'il n’y ait pas toujours corrélation entre le développement plus ou moins grand des sinus frontaux et des cellules pneumatiques mastoïdiennes.
Le travail de G. HOLMGREN (1921) n'avait en vue que de préciser un point anatomique limité de la structure mastoïdienne : la fréquence des cellules dans l’écaille temporale et dans le zygoma. Le fait avait été nettement établi par de nombreux travaux anatomiques (Luc, RUTTIN, BELLIN, MOURET et SEIGNEURIN, etc.) et même par les explorations radiologiques de STEWART, ainsi que nous l’avons signalé (voir p. 19).
Avec son élève DoHLMAN, HOLMGREN fait l'examen de 81 temporaux recueillis à des autopsies d'adultes. La technique qu’il utilise se rapproche de celle que nous avons vu être employée par S. LANGE et la plupart des auieurs américains (postéro-latérale oblique). Sur ces 81 crânes, il a trouvé 16 temporaux scléreux, 6 diploétiques, 11 modérément pneumatiques, 43 très pneumatiques avec des cellules en avant du conduit et au-dessus de la linéa temporalis.
Dans plus de la moitié des cas, il y Na donc des Gellules dans la racine de l’apophyse zygomatique et dans la portion verticale de la squame. Cette fréquence explique les faits cliniques en relation avec l'extension de la suppuration à ces groupes cellulaires (abcès de la région temporale, arthrites purulentes temporo- CURE res, etc.).
Uomme exemple, HOLMGREN reproduit six radiographies très intéressantes et très typiques représentant dif-
férents états de ce développement cellulaire. 11 ajoute même que sur 7 de ses préparations il y avait des déhiscences de la table interne des cellules de l’écaille. Mais il ne nous donne pas d'application clinique de sôn procédé d'exploration puisqu’aucun des malades qu’il a opérés pour des mastoïdites avec extension des lésions à la racine du zygoma, n’a été radiographié et que le seul qui ait été radiographié n’a pas été opéré.
SPENCER, dans une courte note publiée dans les Annals of Otology (1921), nous expose les eonclusions de ses recherches. Il semble n'avoir employé uniquement que la technique de LanGe. Systématiquement, il fit la radiographie de 100 cas de mastoïdites observées et opérées dans une base hospitalière de Washington. Or, dans 80 cas, les données radiologiques (structure de l'os, situation du sinus, étendue et intensité des lésions) se virent cunfirmées par l'acte opératoire. Proportion, comme il le fait remarquer, que n'atteignent pas toujours les procéds de laboratoire venant en aide à la clinique.
Dans plusieurs articles publiés en langue allemande, puis dans deux mémoires parus dans un récent fascicule des Acta oto-laryngologica, STENVERS nous donne sa technique personnelle et les résultats qu’il en a obtenus. Son but dépasse celui envisagé jusqu'ici par les différents auteurs précédents; ce n’est pas seulement les lésions de l’apophyse qu'il veut dévoiler sur la plaque, mais aussi toutes celles qui peuvent affecter la pyramide pétreuse elle-même.
La position qu'il donne au crâne à examiner et la marche des rayons qu’il emploie se rapprochent beaucoup, comme nous le verrons, de celles auxquelles s’est arrêté
M. ARGELIN. Il se base pour cela sur les considérations suivantes : la circonférence basale du limaçon et le canal semi-cireulaire postérieur se trouvent sur un même plan qui fait avec celui passant par l’axe sagittal du crâne un angle de 45°. Les rayons devront donc tomber normalement à ce plan si l’on veut avoir le maximum de netteté dans les images des organes auditifs internes, c'està-dire qu'il faudra dans la prise sagittale faire tourner la tête du côté opposé d’un angle de 45°. La photographie qu'il donne montre le malade couché sur le côté à examiner, la tête, suivant cet angle de 45°, reposant sur la plaque par la bosse frontale et le nez, en légère flexion (la ligne naso-mentonnière faisant un angle de 12° avec le plan de la cassette). Le tube est appliqué sur ia région occipitale opposée.
Les épreuves qu'il nous donne de pièces sèches permettent en effet d'isoler très nettement les canaux semi-circulaires, le vestibule et la cochlée. Dans l’une d'elle un sel de plomb coulé dans les cavités auditives en rend l’image particulièrement précise.
Sur le vivant, la méthode lui aurait rendu de très grands services dans divers cas de fracture, tumeurs, anévrysmes carotidiens ou même lésions d’oto-sclérose ou celles consécutives aux méningites cérébro-spinales.
Voici les deux observations résumées qu'il cite :
OBSERVATION I
Soldat qui présentait une surdité gauche avec signes de lésions vestibulaires pour lesquels il était important de préciser l'origine traumatique, étant donnée l'insuffisance des anamnestiques. La radiographie montra clairement une fracture oblique du rocher passant par le canal s. €. supérieur et la cochlée (radiographies et schéma).
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OBSERVATION II
Un homme de 29 ans présentait les signes d'une tumeur de l'acoustique gauche. Le diagnostic fut confirmé par l'examen radiographique qui montra notamment que le conduit auditif interne était élargi et plus près du bord supérieur du rocher que normalement. Ce qui fut confirmé par l'examen anatomique (radio et photographies de la pièce).
Son deuxième mémoire nous apporte des résultats encore plus inattendus, si l’on peut dire. Chez deux malades présentant des séquelles auditives et vestibulaires de méningite cérébro-spinale, il aurait pu dévoiler les lésions aux rayons, suivant les schémas qu'il reproduit.
M. Hire fit paraître en juin dernier, dans le Journal de Radiologie, une très importante étude radiographique de la base du crâne. Quelques-unes des épreuves furent montrées par M. REVERCHON au Congrès de la Société Française d’oto-rhino-laryngologie (juillet 1923).
Deux incidences sont utilisées. L'une, antérieure, obteaue par l'attitude de la tête en extension, reposant sur la plaque par le menton (vertex-menton-plaque) donne, surtout les étages moyens et antérieurs et l’arc maxillaire. L'autre, postérieure (menton-vertex-plaque), s’obtient en faisant porter sur la plaque la tête en hyperextension par le vertex, le rayon normal tombant un peu en arrière de la symphyse mentonnière.
Ces deux attitudes, outre qu’elles nous fournissent une image extrêmement nette des sinus sphénoïdaux, par exemple, nous permettent d’avoir une projection horizontale complète de tout le plancher cranien. Aussi pen-
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sons-nous que cette technique constitue un excellent moyen de dévoiler certaines fractures ou corps étrangers de la base, ou des tumeurs de la région des orifices ; HIRTZ en reproduit deux exemples très précieux. Par contre, il est certain qu'elle ne peut nous fournir les mêmes détails dans la structure mastoïdienne ou pétreuse que celles données par la prise postéro-latérale oblique de LANGE, celle de STENYERS, ou celle que nous proposons avec M. ARCELIN. Cependant, signalons que sur les planches reproduites se distinguent très nettement l’image de la trompe d'Eustache et celle de la région de la pointe du rocher, qu'il est difficile de mettre en évidence autrement.
Deux jours après la communication de M. REvER- CHON, notre Maître, M. le Professeur LaANNois, montrait au Congrès international d'otologie une série de radiographies de la mastoïde et du rocher prises d’après la technique de M. ARCELIN. Un fascicule récent des Annales d’otologie publia le texte explicatif et quelques-unes de ces épreuves radiographiques. Nous utiliserons ces planches dans la suite de notre travail et nous insisterons sur la valeur clinique qu'il nous fut donné d'en tirer.
Tout récemment, enfin, le professeur FERRERI (de Rome) faisait paraître dans les Archives internationales de laryngologie une étude vraiment originale sur les données de la radiographie relatives au développement des organes auditifs. Déjà, en 1909, cet auteur avait publié dans le Bollettino delle mal. dell ‘orecchio une courte note, laissant espérer les avantages que devait tirer l’otologiste de ce moyen d'information. Or, malgré les améliorations apportées aux procédés techniques, FERRERI