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ratoire se trouvait formellement posée de par la seule analyse des symptômes. Vouloïir en pareil cas attendre toujours le résultat de l'épreuve radiographique pour prendre la gouge et le maillet nous semblerait aussi dangereux que de faire dépendre de l'intervention du radiographe la irépanation d’un tibia ostéomyélitique. Aussi bien n’avons-nous rapporté ces observations avec les planches annexes que pour montrer à quel point, grâce à une technique précise, les renseignements radiographiques sont en concordance avec les signes cliniques et la distribution anatomique des lésions. Pareille constatation est nécessaire si l’on veut dans certains cas avoir quelque confiance dans la méthode.
Or, il arrive quelquefois que l'examen clinique est en défaut ou tout au moins ne permet pas une conclusion ferme et rapide. C’est alors que peut intervenir utilement l'épreuve radiologique.
Il en est ainsi, par exemple, dans certaines formes cliniques de mastoïdites où la localisation et l'extension anatomique donnent une allure spéciale aux symptômes et à propos desquelles nous renvoyons aux études récentes de M. le Professeur MoureT (1) (forme postéro- : supérieure, forme postéro-inférieure, forme jugo-digasrique, etc.), soit qu'il s'agisse de panmastoïdite avec manifestation prépondérante (comme dans notre observation IV), soit qu’on ait affaire à une localisation exclusive de l’inflammation mastoïdienne s’expliquant par la présence d’amas cellulaires pseudo-abhérents. Nous insistons tout particulièrement sur la valeur des renseignements donnés par notre incidence n° 2 en transversale
(1) Prof. MourEeT, Annales des Maladies de l'Oreille, 1922.
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oblique, étalant à la vue tout le champ cellulaire mastoïdien.
De même pourront être élucidés objectivement les problèmes diagnostiques souvent délicats que posent ces cas de « mastoïdite latente » sur lesquels Luc à insisté à plusieurs reprises et où l’otologiste manque parfois de la certitude nécessaire pour imposer une thérapeutique salvatrice. Notre observation n° IT peut être citée à l’appui : la confrontation sur le même cliché de ses deux mastoïdes entraîna facilement la conviction du malade, particulièrement averti cependant, alors qu'étaient restés sans effet les moyens persuasifs employés par deux otologistes réputés.
Dans un autre ordre d'idées nous voulons mettre en valeur le rôle décisif joué par la radiographie dans deux circonstances où l’ambiance clinique eût pu faire engager une opération pour le moins inutile.
OBSERVATION VI
M. R.., 41 ans, vient consulter le Professeur LANNois le 9 juin 1922 : il est sujet depuis longtemps à un peu de gêne de l'oreille gauche ; en à eu récemment, vers le 15 avril der- - nier : coryza, surdité, douleurs dans l'oreille, mais pas d'écoulement. On pensa d'abord à des douleurs dentaires et on enleva une dent, sans succès. La douleur a récidivé ces joursci, siège en arrière de l'O. G., s’irradie jusqu'à la nuque. Le médecin constatant de la sensibilité à la pression sur la pointe mastoidienne et au niveau de l’antre, a fait une paracentèse et l'envoie pour intervention sur la mastoïde.
A l’examen. — Le conduit est gonflé en arrière. Le tympan apparaît à peine, rosé sous des débris épidermiques abondants. L'O.' G. n'entend la montre qu’au contact. Le cathétérisme montre qu'il n'y a pas de liquide dans la caisse mais ne soulage pas le malade. On pense à une lésion du conduit et non de la caisse. Il revient quinze jours après dans le même état,
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se plaignant toujours de crises douloureuses, surtout occipitales, qui l’empêchent de dormir et de s'occuper de ses affaires. Le malade est d'ailleurs très nerveux.
Peu de douleurs au niveau de l'apophyse, mais il y a un gros gonflement de la partie postérieure du conduit, non acuminé, qui masque le tympan.
Le même jour on fait une radiographie (D' ARCELIN).
Celle-ci montre un aspect symétrique des deux régions mastoïdiennes. Les apophyses sont petites, peu pneumatiques, les deux sinus semblant en légère procidence. Les régions antrales sont normalement claires.
Ces constatations permettent de déconseiller au malade l'intervention mastoïdienne qu'il était venu demander.
Ultérieurement, le malade donne de ses nouvelles (octobre 1922). Pendant quelques jours, après sa dernière visite, les douleurs ont persisté; puis il se fit un petit abcès dans le sillon rétro-auriculaire gauche, qui guérit rapidement après son ouverture. Le spécialiste qui le suivit lui remit la note suivante : « Abcès de la partie postéro-supérieure du conduit auditif gauche avec fusée en arrière sous-périostée dans la région de la base de la mastoïde. »
OBSERVATION VII
M D... 36 ans. Entre le 11 déc. 1922 dans le service de M. le Professeur CoLLET, envoyée pour « mastoïdite aiguë droite ».
Le début de l'affection date du 5 décembre : lancées douloureuses dans l'oreille droite. Pas de coryza , ni d'affection auriculaire antérieure. Les douleurs deviennent très vives le 7 décembre, mais la malade ne cesse son travail que le 9. L'oreille ne coulait pas du tout. Cette nuit, après application d'un cataplasme, écoulement d'un peu de pus épais par le conduit.
Examen. — Gonflement diffus de la région mastoïdienne inférieure s'étendant au creux parotidien. Le pavillon est décollé. La peau est un peu rosée, l’œdème est très marqué. L'exploration n’est douloureuse que vers la pointe mastoidienne et dans le creux parotidien, mais pas au niveau de l'antre. Trismus léger. Temp. 37°8, un peu de malaise général.