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En définitive, le Maroc Occidental peut, sans se mettre en danger de manquer de viande, exporter des moutons.
L'importance du cheptel actuel permet d'estimer à plusieurs centaines de milliers de têtes, le nombre des animaux disponibles chaque année, celà par analogie avec l’Algérie. Il est même à prévoir que l’exportation d’ovins du Maroc, en donnant de l'essor au commerce moutonnier de ce pays, favoriserait le ravitaillement local.
2° — Nécessité d'améliorer le mouton du Maroc Occidental: Cependant’ jusqu'ici le Maroc Occidental n’a pas exporté de moutons en quantités importantes. Mais celà tient avant tout à ce que la Métropole n’a jamaïs pu offrir des animaux importés un prix rénumérateur.
Il faut faire ici la part des erreurs de débutants; envoi d'animaux maigres qu’on espérait engraisser dans des plaines humides, aussi facilement que le font les Algériens sur les pâturages des Alpes, envoi d'animaux trop âgés, non castrés etc.
Mais il est certain que l’échec presque total est dû pour la plus grande part au manque d’homogénéité des troupeaux présentés. Les règles actuelles du commerce en gros obligent à la « standardisation >» des marchandises quelles qu’elles soient. Le boucher de gros qui achète le plus souvent sans voir, par télégramme, au poids, a besoin de savoir le type d’animaux qui compose le lot.
L'exemple du marché de Marseille permet d’affirmer. que les lots « mélangés » trouvent difficilement preneurs et toujours au prix de la qualité la plus basse. D'ailleurs, les seuls moutons qui aient obtenu à Bordeaux
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quelque faveur, sont ceux qui proviennent du Tadla, présentant un type bien défini.
L’Eleveur du Maroc Occidental n’a jamais été appelé à rechercher la conformation du mouton de boucherie.
L’indigène marocain n’a pas de préférence pour le gigot et pour lui un mouton est toujours un mouton, le plus grand ayant des chances d’être le meilleur.
Si l’on veut exploiter commercialement le troupeau
actuellement en friche, comme étaient en friches la
plupart des terres fertiles de ce pays à l’arrivée des Français, il faut tout d’abord l’améliorer et surtout le
rendre homogène.
Monsieur le Vétérinaire-Inspecteur de l’Elevage Montégut, qui a apporté au Maroc une expérience du mouton acquise sur les Hauts-Plateaux Algériens, et qui a étudié longuement à la Bergerie d’Oued Zem les moutons marocains et leurs produits par croisements avec les races importées, vient de publier dans un opuscule du Service de l’Elevage. « Ce qu’il faut connaître pour devenir éleveur du mouton au Maroc », un chapitre « Amélioration du troupeau » qui traite clairement la question.
Ainsi que le dit l’auteur de cette note, trois procédés seulement se présentent à nous pour améliorer le troupeau marocain: la sélection, l’importation, le croisement.
A. — Sélection: La méthode la plus simple, la moins onéreuse aussi, pour arriver à améliorer et rendre homogène un cheptel de l'importance de celui du Maroc est la sélection. Il suffit de fixer un type à rechercher, d'éliminer ensuite les individus qui s’écartent de ce type,
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pour ;unifier dans, le sens : choisi la , population oviné du pays. : RO PA Eee Ru «e
Le Gouvernement du. Protectorat a deux moyens de. favoriser cette action: les primes aux sujets qui s’approchent de l’idéal visé, et la castration des mâles Date
tant dés’ Cäractères pat MEL divergeants.
Pau ici, Fe concours, Fe Fr primes à l'élevage ovin ont lieu: à Oued Zem, Marrakech, Sidi Slimané et Christian Aveé les mêmes règlemients que ceux décrits ‘à à" propos du Maroc ‘Oriental, cés concours sont
aussi inépérarits. È
ne modifier Voremble du cheptel, il ne suffit pas. d’accorder une modeste somme d’argent au propriétaire d’un animal peut'être fort béau, mais bien souvent perdu dans ün FROUDIN dHdivieus très quelconques.
Mieux vaudrait. : par; un procédé comparable à celui des primes aux. défrichements et aux, labours -préparatoires,, institués de. longue date :au Maroc. pour encourager,, des progrès de, l’agriculture, exonérer de: tout ou une .partie:.du.. tertib les troupeaux de reproducteurs: béliers et.brebis: suitées constitués par des animaux bien conformés et en bon éat de santé et d’entretien.
Cette” iéthode’ diminuerait peut-être au début les ressources ‘du budgét marocain, mais elle touchéraït au point ‘sensible l'éleveur ‘indigène: et l’inciterait mieux qu'aucune. autre à améliorer et. « valoriser » son troupeau.
Les, campagnes de. castration; menées chaque année. plus vigoureusement ; par le Service de J'Elevage, ont. propagé-cette opération chez les Marocains qui, préférant la chair. du, bélier. à. celle: du mouton, n’en ressentaient
pas vivement l’utilité. Maïs ces campagnes ne peuvent porter leurs fruits qu’à condition d’être très méthodiques et conduites par des praticiens qui connaissent le but cherché par l'opération.
Or, il ne peut y avoir de sélection que s’il y a un type idéal une fois posé.
Au Maroc, et sous l’action d’une propagande dirigée par les industriels du Nord, on semble actuellement porté à rechercher plutôt le mouton à laine que le mouton à viande. Certes, les deux qualités ne s’opposent pas pas et l'exemple du Maroc Oriental le prouve, où le meilleur mouton de boucherie est justement celui qui a la plus belle toison. Mais il n’en est pas de même au Maroc Occidental, et les seuls moutons de ce pays qui aient obtenu la faveur des acheteurs français sont des moutons du Moyen Atlas, des « Chleuhs », dont la laine est très défectueuse.
En fait, le Maroc ne sera jamais, dans son ensemble un pays producteur de laine fine. S
D’une part, son climat s’y oppose et l’alternance d’une saison d’abondance et d’une saison de privations, ne permet pas le développement régulier de la toison.
D'autre part, comme le fait remarquer M. le Vétérinaire Montegut, la même brebis ne peut produire à la fois du suint et du lait. Or, tous les bergers indigènes ont besoin pour vivre du lait de leurs brebis, et la traite sera toujours pratiquée au détriment de la laine,
Enfin, si le mouton est vendu entre quinze et dix huit mois, ce qui est l’âge le plus favorable, il n’est tondu qu’une fois dans son existence et bien souvent par l’ache-
teur, dont la laine constitue un à-côté. L’éleveur a donc plus d’intérêt à rechercher la qualité de la viande que celle de la laine, les produits de son troupeau ne lui donnant au plus qu’une toison dont la valeur est faible, comparée à celle de l’animal entier.
Reste le troupeau d'élevage qui fournit une masse importante de laine. Mais il n’y a pas pour le marché place seulement pour la laine de première qualité, et les matelassiers, comme les fabriquants de draps de troupe, offriront toujours à ceux qui leur apportent la matière première, des prix intéressants.
Il y aurait donc lieu, sans la mépriser complètement, de négliger un peu la valeur de la laine, pour apprécier davantage celle de la viande, tout en faisant coïncider les deux qualités chaque fois que ce sera possible,
Une autre erreur à éviter, est celle qui consiste rechercher la taille comme une qualité première. Chez le mouton, moins encore que chez tout autre animal, la taille ou le poids ne sont pas des qualités intrinsèques, et à qualité égale un mouton petit sera toujours plus facilement placé sur le marché Français qu’un grand mouton.
En définitive, si le Maroc Occidental veut exporter des moutons il lui faut orienter son élevage dans le sens de l'animal de boucherie et sélectionner son troupeau vers le modèle à dos lage, à gigot bien conformé, au risque de favoriser ainsi les moutons berbères à laine grossière, au dépens des moutons à laine plus fine, mais à grand cou,
fanon, cuisses plates, inutilisables pour la consommation française.
B. — Importation. Le remplacement des moutons Ma. rocains par des moutons de grand rapport, et le mouton
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