FAÇONS DE LA DEUXIISHB ANNÉE
Un butage d'automne 20 francs.
Un Jabour 15 —
Un hersage 5 —-
40 francs.' Après les façons, la plantation qui a de dix-huît mois à deux ans est assurée ; elle revient donc, sans compter la rente du sol, mais en y ajoutant quinze francs pour frais de remplacement des manques, à trois cents francs' par hectare ; ce chiffre a été rarement dépassé, et souvent dan» les plantajtions d'automne, et lorsque toutes lès façons indiquées n'ont pu être données, ou bien encore dans les plantations moins denses, il n'a pas été atteint. En hauteur, le3 arbres ont grandi dans le domaines da
Sources d*environ deux. mètres par an, en prenant la moyenne des sept premières années; quant à Taccroissement du tronc en circonférence, il est de 9 */« ^ '^^ centimètres pendant les sept premières années pour des boisements de 900 à 1.000 arbres plantés à l'hectare, mais réduits d'environ un dixième à' la septième année, par suite des manques ou de l'élimination des sujets rachitiques.
Les plantations, commencées en 4869, ont été continu<ées îsans interruption ii raison de deux à trois mille arbres par an et s'élèvent à ce jour à environ :
49.000 arbres en massifs couvrant 49 hectares; 4.000 af bres «n bordure sur les chemins; total, 20.000 arbres.
Les pricipales variétés sont: le Globulus, le Red Guw,, le Red'Gum dit Tenter field, le Colossea, le Casuarina, le Giéviltex et\e Mèlaxiosylon ; qaelqvLes spécimens de variétés tels que : Occidentalis, Rostrata, Flooded-Gum, Mègacarpa et ¥imi7f,alis ont très bien végété.
Dans la partie haute, où se trouvent les plantations les mieux réussies et les p)us prospères, le terrain se compose d'une bonne couche arable de terre franche argilo-c^leaire d'une épaisseur de 30 centimètres ii un mètre, reposant sur des schistes terreux d'une grande épaisseur et ne contenant pas d'humidité.
Dans la partie basse, les terres sont pl}is argileuses; l'e^u est à peu de profondeur, et l'argile plus ou moi;is rapprochée de la surface rend les résultats très variaJbles.
Mais si le reboisement est une opération capitale, la conservation des bois existant ne présente pas un moindre intérêt; or, la propriété des Sources comprenait 57 hectares de forêts dont les essences dominantes sont le frêne, l'ormeau et le tremble ; ces bois étaient tellement envahis par les ronces, comme le sont toutes les forêts humides ou marécageuses de la Mitidja, qu'elles constituaient un maquis a peu près impénétrable.
Convaincu de cette vérité, le propriétaire résista résolument aux avis de ses voisins qui lui conseillaient de défricher ce massif, et songea à le transformer en prés-bois ; le débroussaillement fut commencé en 1870, tantôt avec l'aide de pénitenciers militaires, tantôt au moyen de la main-d'oeuvre libre ; le coût du simple débroussaillement a dû dépasser cent francs par hectare ; mais cette première dépea&e 9^ été plus que couverte par le pro-
•Suït des éclaircies. Un troupeau de chèvres, pris en pacage pendant leté, a empêché les ronces de prendre le dessus, ce qui a permis de procéder graduellement à Textirpation de celles qui avaient résisté. Cette seconde opération, ans laquelle la forêt serait tôt ou tard revenue à son état primitif, puis Télagage des arbres, qui a permis k l'air et au soleil de pénétrer jusqu'au sol, et enûn l'ouverture dans le sol de tranchées facilitant l'écoulement des eaux de sources et de pluie, constituent une dépense d'au moins cent cinquante francs par hectare ; le sacrifice d'argent et de temps a été largement compensé par les résultats obtenus ; graduellement le sol s'est couvert d'herbes, et la nature des herbages s'améliorant d'année en année, on peut prévoir que dans deux ou trois années il y aura là des prairies d'été de premier ordre ; d'autre part, les arbres, débarrassés des ronces et des lianes qui les étouffaient et des basses branches qui les déjettaient, se sont mis à végéter avec une vigueur surprenante, ce qui permet d'espérer qu'ils donneront un produit d'au moins sept à huit cents francs par coupe tous les vingt ans, ce qui, en tenant compte de l'intérêt composé, doit représenter un revenu annuel d'environ trente francs par hectare ; or, comme on ne peut évaluer aune somme moindre les produits du pâturage, il résulte que le revenu du sol estimé au plus bas, est encore très supérieur à la rente moyeïine de la contrée qui, pour ces terres basses et humides, ne dépasserait guère trente-einq à quarante francs.
Sur les 54 hectares dont se composait le massif, il n'en reste plus que 5 à mettre en état; le propriétaire espère les achever en 1877.
PLANTATIONS DE M. TROTTIER.
M. Trottier a entrepris de vastes plantations à Hussein-Dey, au Fondouk et à la Maison-Carrée.
On peut résumer de la façon suivante les résultats qu'il a obtenus :
Hu$sein-Dey. — Le sol <ie la plantation qui a 3 hectares d'étendue, est argilo-siliceux, et peu humide ; il ne •contient que l'humidité capillaire et pas de couche aquifère
jusqu'à Targile bleue ; aussi les eucalyptus en massif ne trouvant pas Thumidité nécessaire s'arrêtent dans Tété.
Ces plantations^ faites en 1867 et 1868, comptaient au début 2,000 sujets par hectare ; la première coupe enleirant la moitié des arbres n'a eu lieu qu'après trois ans. Di<s^ trayant les arbres sans valeur, il y a eu 600 tiges vendues
au prix moyen de f r. 50 c, soit. 300 fr.
De 1870 au 26 août 1874, on a enlevé successivement 200 arbres par hectare, à 2 fr. l'un., 400 » Le 26 août 1874, 100 eucalyptus vendus 4 f r. l'un 400 » Le 14 août de Tannée suivante, 63 ont été ooupés et employés à une construction qui aurait exigé neuf mètres de poutrelle, soit à 80 fr. le mètre, 720 fr., ce qui met la tige
d'eucalyptus à 11 fr. 40 c , . 720 »
En janvier et février dernier, il a été abattu, sur l'hectare d'expérience, 186 arbres actuellement en magasin, à 6 fr. l'un 1 . 116 »
Environ 469 eucalyptus restent en teri^, leur valeur actuelle est de 8 fr. l'un 3.600 »
Soit un total d'une valeur de 6.536 fr.
Un hectare d'eucalyptus représente donc h la neuvième année une recette brute de 6.536 francs*
Il est à observer que la charpente de la construction dont il a été parlé ci-dessus, a été faite avec des eucalyptus de huit ans, abattus le 14 août, employés le 20 novembre, et à cette heure aucun mouvement de flexion ne s'est produit.
Le charronnage qui emploie des eucalyptus, surtout comme flèches de charrie ts, s'en déclare satisfait.
Des rayons de roues, faits en eucalyptus il y a six ans, et adaptés à une voiture qui sert journellement, sont en parfait état.
Fondouck,— Les plantations ont été faites de 1867 à 1870 elles couvrent 28 hectares. La régularité de végétation et l'aspect de bonne venue des Red-Gum, est remarquable dans toutes les parties où le sol, composé d'une terre rouge graveleuse et sèche, ne convient pas à l'eucalyptus globulus.
Il en est de même sur un terrain alluvionnaire d'excellente qualité, mais peu profond .et reposant sur une couche de galets. Les globulus qui sont splendides là où. cette/ co.uche n'existe pas, ont succombé partout où ils l'ont ren-
contrée et devront être remplacés par des Red-Gum qui peuvent perforer facilement cet obstacle infranchissable a^x racines de Teucalyptus.
Maison-Carrée, — Après les eucalyptus, le grand intérêt des plantations de la Maison-Carrée est le taillis d'acacias lèiophyllaetcéanophylla dont Técorce, très riche en tannin, paraît destinée à faire une révolution dans l'industrie de la tannerie, puisque, d'après des expériences très sérieuses, elle contiendrait de 23 à 25 *U de tannin, alors que celle du chêne n'en renferme que 6 à 7. Il pourrait donc y avoir là, pour lavenir, un riche produit d'importation.
En outre, cet acacia paraît résister très bien à la sécheresse, et s'accommoder des mauvais terrains ; près de la maison de l'Archevêque a la Maison-Carrée, sur un rocher où le lentisque n'avait qu'une végétation rabougrie, les acacias céanophylla et léiophylla, forment un taillis d'assez bonne venue.
En. 1874, il y avait à la Maison-Carrée 5.000 de ces acacias, couvrant 3 heStares, dont 1.000 plantés en 1873; ces derniers ont résisté aux sauterelles d'abord, aux criquets ensuite ; il n'en a pas été de même pour ceux plantés en 1874 ; ils ont été radicalement détruits. Mais rétablis en 1875, ils sont aujourd'hui en bonne voie.