‹ L'exposition d'Alger, 1876Chapitre 13 sur 64 · ANIMAUX REPRODUCTEURS ET AUTRES · texte numérisé non relu

ANIMAUX REPRODUCTEURS ET AUTRES

CONSIDÉRAtlOiîS QÉNéBALES SUR LBS ANIMAUX PRÉ- SENTÉS A l'exposition-

Le bétail, a-t-on dit avec raison, est Texpiresaon de l'état de l'agriculture. L*Exposition qui vient d'avoir lieu a confirmé, cet axiome d'une manière frappante. Tous les spécimens des races européennes semblaient avoir été réunis à côté de nos races indigènes plus tôt à titre de point de comparaison que dans un but de concours.

C'est ainsi que, & côté du cheval de nos provinces africaines et du pur sang syrien auquel il se rattache par son origine ; nous avons vu figurer le métis provenant de l'étalon français et de la jument du pays, €t celui résultant du croisement inverse de jumeots d'origine bretonne, percheronne, auvergnate, voire mên^ normande avec l'étalon barl^.

Dans l'espèce bovine, les variétés ont été tout aussi

nombreuses, et Ton a pu remarquer d'abord : le taureau Durham-charolais avec sa belle prestance, atteignant à 26 mois le poids de 609 kilogrammes. Puis le Charolais ayant donné avec la vache de Guelma des métis demi sang et trois quarts de sang fort remarquables.

Plus loin, rétalon de TAriège (race de St-Girons) qui, par son accouplement avec des vaches indigènes choisies, a produit des sujets fournissant après leur première mise-bas, 12 et 15 litres de lait. A côté, le taureau gascon et ses rejetons à grosse ossature promettant de bons sujets de travail.

Puis les races anglaises d'Ayer fournissant 18 à 20 litres de lait, les bretonnes et les suisses (de Fribourg) encore meilleures laitières.

Enfin le produit du zébu avec le Guelma et le Charolais.

Tout agronome soucieux de Tavenir, ne saurait voir dans Texhibition de ces diverses races qu'une confusion regrettable, qu'un mélange de sang pouvant être préjudiciable au développement et à l'amélioration de la population animale de ce pays. Et cependant, ce fait, si anormal qu'il puisse paraître, est la conséquence de la marche progressive qui ^'effectue dans notre agriculture.

L'Algérie, en effet, suivant la loi commune, tend à modifier ses productions, à les mettre en rapport soit avec les nécessités particulières que lui créent les tendances et le goût des populations nouvelles que la colooisation développe chaque jour, soit avec lesbesoins^ qui résultent des nouveaux procédés de culture.

Quelques mots d'explication justifieront nos dires. Au début de la conquête, l'incertitude du lendemain, les difficultés d'installation, le manque d'affouragements et d'abris, le défaut de main-d'œuvre et peutêtre aussi de savoir, firent que le cultivateur suivit en bien des points la routine de l'Arabe. Que lui importait d ailleurs le bétail; ne trouvait-il pas un stock considérable abaissant la valeur commerciale des plus beaux sujets à 60 et 70 francs? En présence d'une

«einblable dépréciation , y avait-il opportunité à produire aoit des travailleurs, soit de la viande de boucherie ?. . .

Evidemment non. Le bétail resta donc ce qu'il était ; tout au plus, prit-on soin de lui donner un supplément de nourriture et de lui créer des abïis.

Plus tard, au fur et à mesure que se firent les améliorations culturales, Tagriculteur chercha à perfectionner son cheptel.

Xïomment procéder? Le cheval, malgré sa pétulance et son énergie, était peu fait pour les travaux de charroi ; le bœuf, petit, rabougri, de chétive corpulence, ne convenait guère mieux pour les travaux agricoles ; d*un autre côté sa nature rustique et nerveuse le rendait impropre à Tengraissement.

En présence de tels faits, quelques-uns prirent la peine de distinguer les belles familles, de jes accoupler avec soin et d'aider le développement des produits par une nourriture large et copieuse.

Mais la majeure partie des cultivateurs, songeant aux belles races de leur pays d'origine, firent venir à grands frais, soit des mâles et des femelles, soit des mâles .seulement, et s'adonnèrent d'une manière absolue au croisement.

Quelles ont été maintenant les conséquences de ces deux systèmes? C'est ce que nous allons étudier en envisageant en particulier chacun des types qui ont figurés au Concours. .

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