‹ L'exposition d'Alger, 1876Chapitre 17 sur 64 · GALLINACÉS · texte numérisé non relu

GALLINACÉS

Nous voici amené à faire le compte-rendu d*un« exposition, qui a dû passer inaperçue pour bon nombre et accessoire pour la majorité. Et cependant, -elle avait une importance marquée, que les gourmets ont dû comprendre, et dont les indifférents se rendront compte en songeant à la piètre figure que font sur 11(19 tables les poulets de provenance indigène.

W°^ la baronne de Royer, M® Constard' de Nerbonne, M. Gras, propriétaire à Ben-Ali-Bey, avaient di^ement répondu, parTenvoi de fort belles collée tions, à rappel &it aux éleveurs.

Celle de M"® la baronne de Royer, notamment, ' mérite une mention spéciale, et la Commission lui a décerné à l'unanimité des ses membres, une médaille d'argent.

Nous allons faire Tétude de chacun des types composant cette collection ; mais avant, disons ce qu'est k poule bédouine.

Petite, au corps fluet recouvert d'un plumage de toutes nuances, généralement roux, panaché de noir et de gris ; vive, alerte, à la poitrine étroite, aux cuisses maigres, elle «st bonne pondeuse mais médiocre couveuse. .

Sa chair est brune, ferme, presque coriace, la graisse rare et jaunâtre. Par disposition naturelle, elle est assez réfractaire à Tengraissement. Le repos absolu en cage lui est peu profitable, et il est assez difficile, même dans ces conditions, d'arriver à la mettre avantageusement en chair.

Examinons maintenant les sujets composscnt les collections présentées.

Race Brahma-Pootra. — De taille élevée, chargée de chair et d'os, le coq semble peser de 4 à 5 kilogrammes, les poules de 2 à 3 kiL 500 grammes ; leur plumage est épais et descend* jusqu'au torse. Le mâle porte la tête haute sans fierté ; crête de moyenne dimension.

On considère ces sujets comme donnant une chair abondante, mais peu savoureuse.

Les Dorking. — Belle espèce d'origine anglaise, bien faite, au port majestueux ; le corps arrondi. Les pectoraux puissamment développés, indiquent chez ce sujet une abondance des parties charnues les plus recherchées. Sa tête est fine, sa crête simple et bien plantée ; barbillons très longs, donnant à la physionomie une certaine gravité ; plumage de couleurs variées, généralement clair ; queue grande, élevée, formée de

^plumes àe teinte foncée à beaux reflets. Démarche àa mâle, cadencée et superbe.

Les Anglais placent cette race au-dessus de toutes les autres, et ce n'est pas sans raison.

La poule, est dit-on, bonne pondeuse et excellente couveuse.

La Cochinchinoise blanche rappelle presque en tout point le Brahma-Pootra auquel elle se rattache par ^on origine. On considère cependant la chaii* de la cochinchinoise comme plus délicate.

Padaue crève-cœur. — Cette race est caractérisée par une grosse huppe de plumes longues et abondantes surmontant la tête ; ses pattes fines dénotent un système osseux fin et léger ; et comme le corps est arrondi et assez volumineux, il en résulte que la chair prédomine.

La poule nous a paru coquette, et sans préjuger de sa qualité comme couveuse, nous ne pouvons nous défendre de' certains doutes.

Race espagnole (andalouse). — Une bonne race> bien faite, près de terre, au corps large solidetaent établi, au plumage simple sans éclat, généralement de teinte noire. Le coq atteint la taille de 60 centimètres ; il porte bien sa tête surmontée d'une superbe crête ; il a un air gaillard qui lui va bien. La poule a la physionnomie douce et facile.

En somme, c'est une bonne race, sans apparat, que nous voudrions bien voir se répandre en Algérie. Sa réputation est depuis longtemps faite comme pondeuse et excellente couveuse. Sa chair est délicate et succulente.

CANAEDS ET OIES

Ces deux espèces, qui semblent avoir été créées en vue de la production de la graisse, et qui sont une ressource si précieuse en France pour les habitants des campagnes, sont encore rares en Algérie ; et cependant elles s y acclimatent fort bien, témoins les beaux spécimens présentés par M. Kling, de Mustapha.

La chair et la graisse de l'oie ou du canard^ quoique

destinées à être conservées salées, ont sur les produits similaires du porc Tavantage de n'être point indigestes. Nos cultivateurs feraient donc bien de se montrer moins réservés à l'égard de cette production, et de lui -accorder une place plus importante dans la basseoour.

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