‹ L'exposition d'Alger, 1876Chapitre 19 sur 64 · MACHINES ET INSTRUMENTS AGRICOLES · texte numérisé non relu

MACHINES ET INSTRUMENTS AGRICOLES

^ La quatrième division est une des plus intéressantes pour l'Algérie. Elle comprend tous les instruments ou machines qui servent à défricher, à labourer, à arroser, à préparer ou irriguer le sol pour recevoir les semences ou les planMions ; à recueillir les récoltes de toute nature ; à leur faire subir les opérations ou les préparations qui sont indispensables pour les livrer au commerce, pour les débarrasser de leurs accessoires inutiles, les rendre prêtes enfin à servir aux mille besoins de Thomme ou des animaux qui Taident dans son travail et qui le nourrissent.

L'industrie de la métropole et celle de l'étranger devaient apporter à l'Exposition les instruments p2rfectionués ; il fallait s'y attendre, et c'est un bien, du reste, car la civilisation, nouvelle sur le sol africain, ne

Eeut encore que demander des leçons ail vieux monde, l'agriculture, qui est la base fondamentale de toute vie sociale, affirmée des progrès assez sérieux, assez complets, pour qu'on piïisse prédire que bientôt à côté des fermes, à côté des cultivateurs, qui font sortir de la terre les matières premières s'élèveront des usines où des ouvriers viendront, non-seulement transformer ces produits que le commerce exportera au profit de la Colonie, mais encore fabriquer, ici sur place, avec les matériaux que le sol algérien contient ou produit à profusion, tou^ les outils, toutes les machines que nous sommes encore, obligés de demander soit à la France, soit aux autres nations.

Déjà le premier pas est fait^ et Ton a remarqué avec intérêt les machines et les outils sortis des ateliers algériens ; ils ne le cèdent en rien à ceux qui viennent des bonnes fabriques de France, si même ils ne leur sont pas souvent supérieurs. Èst-il besoin d'ajouter qu'ils sont d'un prix inférieur, puisqu'ils sont dégrevés de tous les frais de transport que supportent les autres. Enfin, — c'est une considération d'économie générale quia une grande valeur, — le prix payé pour leur acquisition reste dans le pays où il se répand en maind'œuvre, c'est-à-dire en travail et en bien-être pour l'ouvrier et le cultivateur. A ce titre, nous insisterons sur les machines et outils exposés par les Algériens, tout en reconnaissant le mérite et l'utilité de ceux qui ont été importés par les fabricants étrangers, mérite qui est consacré par de vieux états de service,, de nombreuses médailles et des- diplômes recueillis dans les Expositions, -^ ces champs de bataille pacifiques de l'industrie, où bientôt à leur tour nos artisans pourront entrer en lice et rivaliser avec leur» aînés.

Il y a là, ii faut le renïarq;uer et insister pour le faire entrer dans l'esprit de ceux: qui ont la mission de guider et de faciliter l'immigration en Algérie, un problème d'économie sociale qui contient dans sa solution l'avenir de notre Colonie.

L'agriculture est la mère-nourrice des hommes à l'état primitif; elle peut leur suffire pendant longtemps;

mais quand ils sont devenus nombreux, quand leurs champs et leurs besoins se sont étendus, et qu'en raison de cette étendue leurs rapports, leurs échanges, sont devenus impossibles sans de dispendieux déplacements ou sans intermédiaires, quand les produits de la terre sont supérieurs à la consommation locale et que ce trop plein de richesses se traduit par des exigences nouvelles dans les transports, les hommes à leur tiHir demandent des engins nouveaux dont le. laboureur livré à lui-même pouvait se passer, puisqu'un soc en bois lui suffisait. Alors l'industrie, représentée parles mille métiers qui transforment et utilisent la matière brute, vient en aide à l'agriculture en lui donnant les moyens de se développer,, de se perfectionner, de tirer de la terre avec sa subsistance matérielle, son bien-être physique et moral.

Aussi, nous sommes persuadé que la colonii^ation ne se développera réellement que le jour prochain où les ouvriers, — suivant l'impulsion donnée par les laboureurs, ces premiers pionniers de toute civilisation, — viendront élever et animer les usines à côté des fermes, les uns aidant les autres dans un but de prospérité commune. Le fer, ayec lequel le laboureur trace son sillon, est sorti des entrailles de la montagne voisine; mais,à l'étatdeminerai,ilestallése transformer dans les hauts fourneaux de l'Angleterre, de la Belgique ou de la France avant de lui revenir sous sa forme utilisable ; il paie le prix de tous ces voyages sans que le grain jeté en terre produise un épi de plus ; de même pour les tissus qui servent à ses vêtements, pour le papier sur lequel il inscrit ses comptes journaliers.

Pourquoi ces matières premières ne seraient-elles pas travaillées dans la Colonie même? — Mais, dit-on, les ouvriers manquent. Le jour où des capitalistes intelligents auront compris tout le parti que l'industrie peut tirer sur place des minerais de toutes sortes, — fer, plomb, cuivre, zinc, mercure ; — des textiles, alfa, diss, palmier nain, et surtout de la ramie, le^ ouvriers français afflueront en Algérie en bien plus grande proportion que les cultivateurs.

' Le laboureur s'attache au sol, à Thorizon borné dont le clocher de son village fait le centre, où il a grandi petit berger avant de devenir garçon de ferme ou maître, quand la fortune lui a souri si des circonstances plus fortes que sa volonté l'obligent à se déplacer, à s'expatrier surtout, ce n'est qu'à regret qu'il le fait, et il arrive toujours sur une terre nouvelle avec des prédispositions à la nostalgie, que la vie isolée du colon développe encore et qui le rendent bien plus sensible aux influences climatériques.

L'ouvrier, le Français surtout, assez insouciant de sa nature, s'attache à l'usine qui lui fait gagner le pain quotidien de sa famille ; il suit le travail et se déplace volontiers suivant les chances de gain qui lui sont offertes ; la vie en commun à l'atelier lui fait oublier la patrie absente; il résiste mieux à l'éloignement, sait arranger sa vie là où il se trouve, pourvu que son activité soit employée.

Les centres ouvriers feront le bien-être du colon, et le jour où les mines de fer seront voisines d usines d'où sortiront des rails et des locomotives, la conquête sera complète, et l'assimilation dé la race indigène ne sera plus qu'une question de temps, en dépit- des mœurs et malgré la religion.

Aussi est-ce avec un grand sentiment de satisfaction que nous avons vu les machines sorties des ateliers de TAgha, de Boufarik, Beni-Méred, St-Denis-du-Sig, etc. — C'est l'industrie implantée en Algérie, c'est la graine jetée en bonne terre, c'est la moisson de l'avenir, l'auxiliaire le plus puissant d'une colonisation prompte, réelle et solide.

Les consommateurs appellent et stimulent les producteurs.

MACHINES A ÉLEVER l'bAU. — DISTRIBUTEURS ET REPARTITEURS.

La première section de la quî^trième division comprend les pompes et norias.

L'eau est tellement essentielle à la vie des hommes, des animaux et des plantes, que les moyens de se la

pracurer et de la distribuer facilement ont, de totisj temps, préoccupé Teaprit des inventeurs.

Dans les pay» o(t cet élément vivifiant est abondant, la nature elle-même aidait à sa répartition, et quelquei^ travaux élémentaires» suffisaient pour le répandre à profusion sur les cultures ; maisdaus les pays m^ins favorisés, plus exposés^ à l'action directe du soleil, où il fallait aller chercher l'eau dans les entrailles de la terre, Tintelligence de l'homme, aux prises avec la nécessité, a dû créer le» moyens de Tamener à la surface ; — de là les nombreuses variétés de norias et de pompes.

L'origine de la noria est très- ancienne ; on en trouve en Algérie comme dans le sud de l'E spagne, au Maroc, en Tunisie et dans tout l'Orient,, probablement, même dans rinde, des échantillons», nombreux encore, qui doivent être ce qu'ils étaient avant Tère chrétiennes — une roue sur laquelle s'enroule UDe corde sans fin portant des godets de poterie grossière qui descendent au fond du puits et montent lentement i'eau ; comme moteur, un bœuf^ un cheval ou un âne ; et comme organes de transmission de force,, des roues en bois à rouet et à fusées dont les frottements absorbent les deux tiers de la force motrice aux dépens de la vitesse et par conséquent du rendement.

L'Exposition contenait un assez grand nombre de modèles de norias perfectionnées, les unes à manège, les autres à bras ; et nous devons dire qu'entre les- divers systèmes exposés, nous aurions été fort embarrassés de donner la préférence à im seul exclusivement, car si tous ont inévitablement leurs défauts, tous ont aussi leurs qualités, chacun des constructeurs ayant eu pour but d'alléger la charge à monter : — chaîne, godets et eau, et d'utiliser le plus possible à cet effet par la simplification des rouages, la force appliquée soit par le travail des animaux, soit par les bras de l'homme.

La noria étant une machine de première utilité en Algérie, où, comme nous le disions tout à l'heure, elle existe depuis longtemps dans son état primitif, devait stimuler les constructeurs algériens,, et le publie a

constaté avec satisfaction que les spécimens fournis? par les ateliers de la Colonie ne le cédaient en rien aux plus vieilles et aux plus renommées des maisons de France.

Nous citerons entre autres les norias à godets, à manège et à manivelle de M. Fourrier, constructeur à Boufarik ; son atelier est outillé de façon à faire une concurrence sérieuse aux importateurs ; il occupe en moyenne quarante ouvriers, et ses produits ont un 'fini et une précision qui permettent de prévoir qu'avant peu le travail du fer se fera en Alg^érie aussi bien que dans la métropole, qu'il s y formera des ouvriers, et enfin que l'industrie y prend racine solidement.

M. Buzutil, de TAgha, près Alger, avait exposé des norias à grande profondeur et d'un débit considérable. La construction en était peut-être un peu massive, mais la garantie de solidité n'est jamais un défaut.

M. Alliez, d'Alger, avait exposé des norias à petite profondeur, une surtout qu'un enfant pourrait mettre en mouvement et qui peut rendre les plus grands ser-vices pour les besoins d'une ferme et môme pour le jardinage. Elle est à tampons et peut débiter sans effort jusqu'à 80 litres à la minute.

M. Milteriot, d'Alger, mérite aussi une mention particulière pour ses norias à petite profondeur.

M.Bretonnière, dePbilippeville, aessayé d'appliquer l'action directe de la vapeur à l'élévation de l'eau ; son appareil n'était pas d^une construction assez complètement finie pour q^ue nous puissions le juger, mais nous avons la conviction qu'ail y a là une idée qui deviendra pratique, et dont la réussite ne dépend que de quelques perfectionnements que linventeur trouvera certainement.

Nous avons encore à parler des pompes fixes ou mobiles exposées. M. Alliez en avait une coUectioit complète.

M. Prunier, constructeur à l'Aglip, exposait avec une pompe à balancier en cuivre fort bien construite, nne pompe à incendie, très légère, assez puissante pour parer aux accidents, qui peuvent survenir dans.

une ferme ou un atelier, et d'un bon marché exception* nel qui la met à la portée de tous les colons soucieux de leur sécurité.

M. Riudavetz, d'Alger, présentait des pompes que Ton pourrait appeler ménagères. Ce sont celles qui se prêtent à tous les petits besoins d'une habitation et qui se transportent à la main comme un arrosoir.

Les constructeurs français étaient représentés dan» cette section par de nombreux spécimens de pompes.

Nous citerons MM. Decker et Mot, de Paris, qui avaient six modèles de pompes pour arrosage, aux organes solides et ailx formes simples et robustes.

MM. Fauché et Cie, de Lyon, qui avaient envoyé 28 modèles différents : pompes à incendie, pompes à vin, pompes à purin, qui démontrent que cette maison fait de ce genre de construction une spécialité parfaitetement entendue.

De la comparaison des produits importés avec ceux exposés par les Algériens, il ressort clairement que, dans un délai très court, la Colonie pourra se suffire a elle-même dans ce genre d'outillage comme dans tous ceux que Tagriculture demande pour ses nécessités urgentes, locales pourrait-on dire, nécessités qui sont mieux connues par les artisans qui habitent le pays que par ceux qui n'y ont jamais mis le pied.

Puisque nous parlons des engins destinés à élever et répandre Feau, nous croyons, pour rester dans notre sujet, ne pas devoir nous astreindre à suivre Tordre adopté pour le classement par le Comité organisateur de l'Exposition ; nous préférons grouper ensemble tous les produits exposés se rattachant à l'hydraulique agricole.

Le moulin à vent de M. Fournier, constructeur à Cuers (Var), attirait l'attention des visiteurs ; ses ailes rouges battaient l'espace au moindre souffle du vent, et pour prouver son efficacité, l'eau était répandue eh pluie sur les visiteurs.

Ce moulin peut-il remplacer le travail d'une noria? Evidemment non ; il est soumis à un élément trop iiiConstant pour qu'on puisse compter sur un rende-

ment régulier, mais il offre une compensation : il marche seul quand il fait du vent et supprime par cela même le cheval ou le mulet. Il sera très utile pour ceux qui peuvent enmagasiner l'eau et laisser le moulin tourner à sa fantaisie. Le système qui permet aux ailes de se régler elles-mêmes suivant la force du vent est extrêmement ingénieux. L'ensemble du moulin est simple et solide, peu sujet aux dérangements, facile à réparer, qualités qui lui feront certainement trouver son emploi chez beaucoup de nos colons.

Dans la 30® section étaient réunis les divers appareils d'irrigation.

Nous y trouvons encore M. Fourrier, de Boufarik, avec une vanne simplifiée pour bassin.

Tous les propriétaires qui ont des eaux à utiliser, savent qu'à chaque point d'intersection d«s canaux d'irrigation non construits en maçonnerie, on est obligé quotidiennement d'édifier, au détriment du sol avoisinant, des barrages en terre dont une partie est toujéurs enlevée par les eaux. A cet inconvénient s'en ajoute un autre, résultant du temps relativement considérable qu'exige la mise en état de chaque branche de canal.

Un procédé imaginé par M. Filliaux-Doreau, et qu'il a déjà appliqué à sa propriété d'Aïn-Marmora (Coléa), remédie à ce double inconvénient et réunit toutes les conditions désirables d'utilité pratique et de bon marché. Dans un moule en bois, dont toutes les parties se démontent isolément après l'opération, l'inventeur coule un composé de ciment et de caillasse qui produit un bloc présentant une rigole et l'amorce de trois branches. Chaque branche, d'un diamètre uniforme, est munie de deux rainures entre lesquelles glisse une vanne, d'un type approprié, s'adaptant partout et servant à la régularité du débit des eaux.

Une légère modification dans le moule permet d'obtenir un appareil à quatre branches, et, au besoin, d'augmenter la section de la rigole maîtresse.

Ce système, auquel M. Filliaux-Doreau a donné le nom de Répartiteur économique pour irrigations^ est appelé, par son prix modeste de revient (2 fr. 50 à

3 fr. 50 par bloc, suivant les matières employées) â rendre les plus grands services en Algérie, pays d'irrigation par excellence.

L'ingénieux inventeur a montré, du reste, à quels^ mobiles il obéissait, en exposant un procédé dont il a constaté les résultats, car il fournit gratuitement tou» les renseignements nécessaires pour la fabrication de son répartiteur économique.

M. Jeandel, du Golfe-Juan (Alpes-Maritimes), avait exposé une collection de tuyaux de drainage et d'irrigation ; ces derniers, percés de trous plus ou moins éloignés suivant la nature du sol à irriguer, sont bien compris; ils distribuent l'eau également souslesol^ sans en laisser absorber une goutte par l'évaporation ; ils procèdent par infiltration lente, ce qui est le meilleur moyen dWrpsage-

Enfin ces produits peuvent se fabriquer partout aussi facilement que les drains ; c'est un avis aux fabricant» algériens.

Beaucoup de gens habitués h trouver dans le Champde-manœuvre de Mubtapha une réduction du Sahara, ont été fort surpris de voir au centre de l'Exposition jaillir des gerbes scintillantes du milieu d'un bassin où des carpes, de vraies carpes non artificieiles, prenaient joyeusement leurs ébats.

La pièce d'eau des Suisses, à Versailles, a été, dit-on , creusée dans une nuit pour satisfaire un caprice du Roi-Soleil, mais la Commission de la Société d'agriculture chargée de l'installaftion de l'Exposition n'avait pas à son service l'inépuisable cassette de Louis XIV; et s'il lui eût fallu aller chercher l'eau sur la conduite du Hamma, par les procédés ordinaires^ elle eût été fort empêchée.

Heureusement, un entrepreneur d'Alger s'en est chargé, et, en quelques heures, il a amené l'eau au centre de l'enceinte, assez abondamment pour la distribuer dans le buffet-restaurant, dans l'usinespécimen de M. Ham^ud, pour alimenter diverses machines, et pourvoir enfin aux incendies en cas^de

teâoin, sans compter le jet d'eau placé au rond- point qui est devenu le lieu de rendez-vous préféré des promeneurs.

M. Mestajer, dépositaire en Algérie du système Dussard, ne pouvait trouver une meilleure occasion de faire ressortir les avantages pratiques de ce mode de conduite, simple dans la pose, complètement étanclie, facile à réparer, et d une durée illimitéOé

Simple dans la pose ; — car ces tuyaux peuvent être placés au fond d'une tranchée, suivant toutes les ondulations du sol, et par les premiers ouvriers venus, sans soudure, par conséquent sans feu et sans le concours de matières accessoires.

Complètement étahche ; — la rondelle en caoutchouc pressée, et régulièrement maintenue par deux anneaux en fer galvanisé, serrant deux oreillons ou tenons très solides avec encoches, se prête à toutes les «inflexions, retraits ou dilatations en conservant une herméticité complète. »

Facile à réparer ; — en raison de la simplicité de la pose de ces tuyaux, il est aisé de comprendre combien il est simple d'en faire enlever une section et de la remplacer, même sous l'eau, par l'ouvrier le moins expérimenté.

D'une durée illimitée ; — sa duxée est cejle du métal lui-même, car dans les conduites d'eau, ce n'est jamais la matière qui fait défaut. Il y a deux causes qui amènent prompt ement la mise hors de service des tuyaux, quelle qut> soit leur résistance réelle comme solidité * le fléchissement du sol sur lequel ils reposent et que nul ne peut prévoir, surtout ,dans les pays soumis fréquemment aux convulsions souterraines ; puis les cristallisations calcaires qui, — comme nous en avons vu, — réduisent en trois ou quatre ans un tuyau de 0"10 centimètres de diamètre intérieur à l'état de tuyau de pipe.

Les tuyaux Dussard se prêtent, par le système de leurs joints, à des inflexions verticales auxquelles les tuyaux de toutes matières à joints rigides ne résisteraient pas sans rupture, et ils ont ce grand avantage

qu'en faisant les conduites par longueurs de petites dimensions, ils sont faciles à relever et à nettoyer quand les dépôts calcaires menacent de les obstruer, d'autant mieux que ces dépôts ne font pas corps avec le métal, comme avec les poteries ou les ciments ; dans ee cçis, il n'y aurait peut-être à remplacer que quelques anneaux et les rondelles en caoutchouc, ce qui serait une dépense insignifiante. On ne peut parler des tuyaux Dussardsans citer l'ingénieux outil indispensable à leur pose: le serre-joint, appareil, des plus simples et dont chacun comprend l'emploi à première vue.

Dans ce pays où la distribution des eaux touche à de si grands intérêts, on ne saurait trop attirer l'attention des particuliers, et surtout des Municipalités, sur un système aussi simple et offrant d'aussi grandes garanties de durée et de sécurité.

M. Merrazzi, dont nous aurons à parler plusjloin, avait égalen^ent des modèles de tuyaux de canalisation, en ciment comprimé, appelés à rendre de réels services dans ce pays où les questions d'eau sont souvent paralysées'par le manque d'argent. En effet, les tuyaux fabriqués à l'usine d'Hussein- Dey peuvent résister à 8, 10 et 12 atmosphères, et leur prix est tellement inférieur à celui des conduites en métal, qu'il rend la distribution de Teau réalisable pour les communes les plus pauvres.

Il y a dans l'économie domestique d'une ville deux cas où l'eau préoccupe ses habitants: celui où elle est nécessaire pour Talimentation et les mille besoins de la vie, ensuite celui où, souillée, corrompue, l'hygiène publique commande de s'en débarrasser. — Après la conduite d'eau, son complément, l'égoût. Nous avons vu un tronçon sur lequel nous appelons l'attention des intéressés ; nous ne parlerons pas d« son prix, qui est inférieur à celui que coûterait toute autre matière ; mais dans beaucoup de localités où les matériaux et les ouvriers manquent, ce modèle est certainement destiné à un emploi utile, tant pour la facilité de son transport et la promptitude de sa pose, que par les garanties de solidité qu'il comporte.

Page 1