FAUCHEUSES, MOISSONNEUSES, RATEAUX A CHEVAL
La 7® section, qui comprenait les faucheuses et les •moissonneuses, attirait surtout l'attention des cultivateurs algériens. , .
On laboure et on sème, lorsque l'époque en est venue, un peu plus ou moins à propos Suivant le temps et ses ressources et sans trop compromettre la récolte. On peut avancer ou reculer ces opérations, sinon à son gré absolument, au moins en les faisant plier un peu à sa convenance et en choisissant un temps favorable.
Maïs quand la récolte est arrivée, que les blés, les orges, les avoines, les lins sont mûrs, il faut les couper et les rentrer ; on ne peut plus choisir son moment, et comme cette nécessité est la môme à la fois pour tous les cultivateurs, que chacun a besoin tout à coup d'une grande quantité de bras, il y a demandes nombreuses, par suite manque d'ouvriers et élévation du prix des journées.
Nous avons tous vu ces Kabyles qui quittent leurs montagnes quelques jours avant les moissons pour venir se répandre dans la plaine, la faucille à la main. Ils ont très bien su comprendre qu'à cette époque les colons avaient besoin d'eux, et leurs prétentions sont allées grandissant à mesure que les terres se débroussaillaient et que la culture s*étendait. Aussi, en les payant très cher aujourd'hui, ne peut-on en avoir encore autant qu'on en désire.
Les machines sont appelées, en ce cas comme en bien d'autres, à remédier à l'insuffisance des bras. — C'est ce qui explique l'intérêt qui s'attachait aux faucheuses et aux moissonneuses.
Les petites cultures ne comportent pas un aussi coûteux matériel, mais ce qu'un seul ne peut faire, plusieurs le peuvent, et nous espérons que bientôt, des travailleurs intelligents pourront avoir un matériel suffisant pour aller de ferme en ferme moissonner à forfait toute une contrée, dans des conditions de vitesse et de prix qu'on ne peut obtenir avec des ouvriers qui passent, exploitant un moment favorable, et outillés comme au temps où Ruth allait glaner chezBooz.
Nous citerons la moissonneuse Johnston, construite par MM. Deker et Mot, de Paris. — Depuis l'Exposition, nous avons eu des renseignements sur son emploi par un agronome des environs d'Alger qui en a fait l'acquisition et qui est très satisfait de ses résultats. Il l'attèle avec deux ou quatre bœufs suivant l'inclinaison du ' sol et le travail en est complet.
La même maison exposait aussi deux modèles de faucheuse et un autre modèle faucheuse et moissonneuse à volonté.
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Une luoissoTineuse très remarquée par sesapparenccs de solidité et renaej»ble de. son organisme étaitcelle de Samuelson, de la maison Pilter, qui avait aussi des faucheuses du même inventeur, et une autre.de Walter etWod.
Les Américains étaient représentés ckns cette section par des faucheuses Whitely, construites aux Etats-Unis par M. Warder Mittchell et envoyées par MM. Rigault et Cie de Pari*.
Le seul reproche que nous adresserons à tous ces ingénieux appareils, qui se ressemblent un peu tous en apparence, c'est d'être trop compliqués, d'avoir surtout dans le jeu des râteaux des mouvements en levier dont le point d'appui est trop près des points d* attache et' qui doivent en peu de temps entraîner de fréquentés et difficiles réparations en campagne, sinon la ruine complète de la machine*
La moissonneuse Johnston peut, en 12 heures de travail, abattre 3 ou 4 hectares de récolte. Les systèmes similaires annoncent tous à peu près cette moyenne^ vérifiée par l'expérience.
La maison Deker et. Mot exposait un modèle de meule automatique pour aiguiser les lames des faucheuses et des moissonneuses, complément indispensable de ces outils et qui doit les suivre cooame la pierre à aiguiser suit le faucheur.
Nous devons signaler, pour compléter cette section, une petite machine à moissonner à bras de Tinventlon de M. Legros, conducteur des Ponts-et-Chaussées en Algérie. Cet instrument, d'un petit volume, consiste en un bâti de fer reposant sur trois roues et portant deux lame^ de faulx réunies à l'avant et s'écartant à volonté suivant un angle plus ou moins ouvert selon les résistances à vaincre, ou, pour mieux dire, suivant la force de3 tiges à couper. Une disposition très simple, consistant en un rebord vertical appliqué sur le dos des faulx, sert de versoir. L'i^ppareil entre en coin dans la moisson ; des tiges de bambous, placées en angle aigu au-dessus des roues et descendant en se réunissant
j.usqae devant la pointe du bâti, 'écartent les tiges et facilitent Tactio^ des lamés.
Cet instrument, trèâbiten' combiné, peu coûteux, sera réf>andu avant peu de temps dans toutes les fermes qtii n'ont pas dé terres assez étendues pour employai" les^gfandesînàchines à chevaux, mais dont cependant, toute 'proportion gardée, les nécessités sont les mêmes que dans les grandes exploitations : -^ la moisson promptement faite en temps opportun.
Plusieurs modèles des machines Legros fonctionnent en ce moment aux environs dé l'Arba, et donnent les meilleurs résultats comme régularité de travail et comme vitesse. Un homme seul manœuvre cet outil auquel, avec quelques légères adjonctions, il ne serait pas difficile d'atteler un cheval ou un bœuf. -
N«uf modèles de râteaux à cheval étaient exposés ; nous ne répéterons pas toujours les mômes noms, ces instruments sortant des divers ateliers que nous venons de nommer plusieurs fois déjà.