‹ L'exposition d'Alger, 1876Chapitre 29 sur 64 · PRODUITS AGRICOLES · texte numérisé non relu

PRODUITS AGRICOLES

BT ICàTlàfiBS UTILES ▲ l'aGRICULTUBS BT ▲ l'iNDUSTRIB.

Commlssloii

MM. Revbrchon, président ; Bastidb, Blasselle, Pbyront, Cochet, Dbssoliers (Edouard), Joly, Robin, Vidal» Pasquibr.

CIÎR^ALBS

Bléj orge, avoine, seigle, mais, alpine ou millet long y bechna. — Bien que l'époque choisie pour TËxposition et la récolte médiocre de 1875 aient sensiblement paralysé les efforts des organisateurs, les échantillons exhibés ont pu donner une idée de la fécondité du sol et de la valeur de ses produits.

Parmi les nombreux envois du cercle d'Orléans ville, on remarque des orges et des blés durs de la plus belle apparence. La tribu Tôurtasine ' (annexe d'Alger) expose aussi des blés durs qui ont été vendus à raison de 25 francs le quintal ; le cercle de Boghar, des orges 6oté» de 7 & 8 £r. 80 le quintal, alors ^ue cette denré»

obtenait à Alger pour des qualités similaires les prix de 13.50 à 16 fr. le quintal. L'éQorme écart qui existe entre ces cours est dû au prix que les acheteurs, sur le marché de Boghar, doivent payer pour faire transporter les céréales de ce point à Alger, lieu d'embarquement ; il fournit un nouvel argument en faveur de la prompte construction du chemin de fer qui doit relier toute la contrée située entre Boghar et Affreville à la ligne d'Alger à Oran. Quant aux blés durs, s'ils étaient cotés à 25 francs le quintal sur les marchés de l'annexe d'Alger, et à 20 francs sur ceux du territoire de Boghar, alors que le prix était de 22 francs sur le marché d'Alger, cette circonstance s'explique par ce fait que les quantités existantes sur ces points étaient alors nécessaires à la consommation locale.

Comme spécimen de force productive du «ol, nous ne trouvons pas d'exemple plus frappant que celui fourni par trois touffes d'orge, envoyées de Tuggurtb par le caïd Ben Driss^ provenant de cultures entreprises dans les anciens fossés de cette ville, et qui naguère cloaque d'infection, son* aujourd'hui transformés en riants jardins et champs fertiles. Trois grains ont produit, le premier 18 épis, le second 84, le troi-^ sième 78.

Nous devons aussi signaler les blés durs et tendre^i et les avoines de la ferme Tournier, d'El Kantour (dépt. de Constantine), qui expose une collection com plète et très remarquable de tous ses produits ngrir coles ; les blés tendres de M. Allard, de Guyotville, et en fait de spécimens de la prochaine récolte, quelquefs gerbes de seigle et de blé déjà fleuris venant de Médéa.

L'exhibition actuelle confirme la réputation des blés durs de l'Algérie, considérés avec raison comme les premiers du monde, réputation que les producteurs sauront leur conserver en entretenant la richesse du sol par des engrais approprié^ à sa nature.

L'orge indigène est aussi d'une qualité à ne redouter aucune comparaison ; l'usage de plus en plus considérable qu'en fait la brasserie est une consécration de ses bonnes qualités, et, quelle que soit l'importance

de la production locale, cette denrée trouvera toujours des débouchés suffisants.

De nombreux échantillons de maïs ont été exposés : maïs blanc, maïs géant, maïs Garagua. Les cultivateurs algériens ont tenu compte^ dans une certaine mesure, du regret exprimé par ie rapporteur de la Commission de Vienne en raison de la place insuffisante que cette céréale occupait en 1872 dans les cultures de la Colonie. La statistique établit en effet qu'en 18751emaïsaoccupé unesuperficie supérieure de 6,000 hectares à celle de 1872, et si le rendement en grainà n*a augmenté que de 3,500 hectolitres, la cause en est principalement à ce fait que des parties assez considér râbles ont été coupées en vert pour être données comme nourriture aux bestiaux. Des tentatives faites en vue de conserver les tiges de mais par la méthode de l'ensilage ont parfaitement réussi. C'est ainsi que M. Armand Arlès-Dufour, le savant agronome de l'Ouedel-Alleug, a pu garder pendant tout Thiver 75-76 du maïs ensilé, dont il expose un spécimen^ ce qui lui a permis d'entretenir en parfait état ses nombreux troupeaux jusqu'à Tapparition du fouiTage vert. Nous livrons cet exemple aux méditations des cultivateurs et des éleveurs des trois départements. Des tiges de maïs Caragua semé en terre non irriguable, pour être mangées en vert, étaient aussi très remarquables ; elles ont atteint, arrivées à maturité, plus de trois mètres de hauteur, et le grain récolté a pu être vendu en France pour semence au prix de 40 fr. le quintal, prix qui ne pourrait plus il est vrai, être obtenu aujourd'hui. Tous les autres échantillons de maïs, battu ou en épis, réunissaient les qualités désirables : grosseur, finesse et poids du grain^ saveur de la fécule. L'hectolitre de cette céréale (maïs blanc) récoltée en 1875 à Chéragsïs, en terre sèche, par M, Rabouel, ne pèse pas moins de 79 kil.

Et peut-être sera-t-il utile de rappeler qu'en Hongrie et aux Etats-Unis d'Amérique le mais est largement employé, la feuille comme fourrage, le grain Comme aliment farineux, à la nourriture et à l'engrais-

aement du bétail, et que c'est à cette céréale que ces pays doivent de pouvoir livrer à Texp jrtaiioa les énormes quantités d'animaux gra^ qui sont Tune des principales ressources du pays et de l'industrie locale.

Dans rUnion américaine, le maïs est mélangé au

blé, particulièrement dans les Etat^ du Sud, pour la

fabrication du pain. La récolte moyemie est, chaque

année, de 215 millions d'hectolitras ayant une 'valeur

, de 3 milliards de francs. •

Le bechna est représenté par nn échantillon qu'expos(î l'exploitation agricole de rOued-Aisâi ; Talpisteou millet hng(Phala7HS canariensis, en arabe Bera&aj par 'deux spécimens que présentent P M. Certeùx, membre de la Société d'agriculture qui, le premier, a attiré l'attention publique sur l'importance du rôle réservé à la culture dé cette gratninée au point de vue de l'exportation ; 8*^ M. Gustave Elie, négociant, inventeur d'un crible spécial à Faide duquel il parvient à ' un nettoyage complet.

L'alpiste, spontané au sol algérien, était vendu, il y .a quelques années, comme criblure ou déchet du blé, au prix moyen de 15 fr. les cent kil. Depuis que des négociants spéciaux ont appris qu'on pouvait se procurer cette graine en Algérie et l'acheter à do bonnes conditions, les demandes ont afflué, le prix a monté, et s'est élevé, pendant les deux dernières années, jusqu'à 85, 90 et même 100 fr. les cent kil.

L'exportation de Talpiste a, du reste, commencé à prendre une telle importance, ,que M. le contrôleur des Douanes, à Alger, l'a classé depuis quelques mois, dans ses bulletins mensuels, au nombre des principaux produits exportés. — En 1874, il en a été expédié, d'api'ès la statistique de la Douane, 315,926 kil., et, en 1875, im million cent quarante^ neuf mille cent treize kilogrammes (1,149,113 kil.) parle département d'Alger seul. Le mois de septembre figure pour le chiffre de 294,984 kil. L'alpiste aj'-antété vendu Tannée dernière au prix moyen de 70 fr. , les cultivateurs du département d'Alger seulemeut ont bénéficié de ce chef d'une valeur de plus de

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un million de francs, indépendaiîte du profit donné par le blé, à la venue duquel cette graminée ne nuit aucunement. L'alpiste doit être semé de préférence avec le blé dur, et on peut facilement en récolter 6 à 8 quintaux à l'hectare.

Le mouvement d'exportatioa des céréales, en 1874, s'est traduit parles chififres suivants : fromeoit, 1,052,843 qm; seigle, 30 qm; orge, 767,325 qm ; avoine, 90,397 quintaux métriques. .

Farines, semoules, pâtes alimentaires. — Les échantillons de farine et de ^maule, elposés par les minotiers de l'Algérie, sont généralenient, comme ceux envoyés aux préeédeUteâ Expositions, d'une grande beauté. Les semoules, particulièrement, ne laissent rien à désirer et accusent de nouveaux progrès dans les modes de fa'bricat ion employés ; elles rivalisent, quand elles ne leur sont pas supérieures, avec les plus beaux produits de là fabrication européenne. Aussi les débouchés ^ue leur assjure ^eur excAlente qualité deviennent-ils chaque jour plus nombreux.

Si on ajoute q*ue les blés durs d'Afrique sont aussi fiches en gluten sec que les blés d'Odessa, et qu'ils donnent un rendement supérieur de 2 kil. par 100 kil., la faveur dont jouissent les semoules algériennes s'explique suffi^mment.

Des expériences faîtes au laboratoire de la Sorbonne, et qu'il n^est peut-être pas inopportun de rappeler, ont établi de la manière suivante la composition chimique de la semoule préparée avec les blés durs d'Afrique :

Eau 10 3a

Matières azotées ^. . . . 13 91

Dextrine et matières sucrées 3 45

Matières grasses 35

Amidon 70 97

Matières minérales, silice, phosphate, sels alcalins 1 02

Les farines sont représentées par les envois de la ferme Tournier (El Kantour, dépar ement de Constan-

tine)^ — farines de blé tendre donnant un rendement de 75 p. °/o après deux tours de meule ;

De la minoterie Narbonne Jeune (Hussein-TDey), — minots de blé tendre et de blé dur, semoules pour pâtes et pour potages ;

Des minoteries Louis Axiack, Boudon, Picot (moulin St-Joseph), Giraud, deBlida, — qui exposent des produits similaires ; Benazet^ de Bouïra, — minot de blé dur.

Un spécimen de pain fabriqué avec les farines de blé dur pour l'alimentation du nombreux personnel du domaine des Sources (Oued-el-AUeug) mérite d'être signalé ; son prix de revient n'est que de 0.25 c. le kil. Cependant si ce pain est moins blanc que celui fabriqué avec la farine de blé tendre, il est tout aussi, sinon plus savoureux ; il a, de plus, la propriété de se conserver frais plus longtemps. Après six jours d'exposition en plein air, par un temps des plus variables, avec alternative de sécheresse et d'humidité, on coûstate que les pains exhibés possèdent encore toutes les qualités qu'ils avaient en sortant du four. Les ouvriers qui en font leur nourriture habituelle s'accordent à déclarer qu'il est beaucoup plus nourrissant que le pain de farine de blé tendre.

Doués des avantages incontestés qu elles pcfesèdent, les semoules d'Afrique devaient être recherchées pour la fabrication des pâtes alimentaires. Aujourd'hui, les principales fabriques de France, et quelques maisons d'Italie, les emploient de préférence à toutes autres.

La maison Bertrand, de Lyon, d'abord, puis d'autres fabricants de Paris, ont monté d'importantes usines h vapeur consacrées à la confection des pâtes alimentaires avec les semoules de blé dur d'Afrique.

De son côté, l'industrie locale, sollicitée par les exemples qui lui étaient donnés, s'est mise résolument à l'œuvre, et les collections de pâtes de plusieurs maisons algériennes témoignent de Timportance prisa par cette industrie. Nous citerons, entre autres, les exhibitions de M. Boudon (moulin de l'Atlas), de M. Dalom, fabricant à Alger, et de M.'Castagliola, fabri-

eant à Médéa. La dégustation de leurs produits permet de constater que, quelle que soit la forme qu'elles affectent, les pâtes fabriquées dam ces usines sont claires, diaphanes, d'un goût fin et délicat.

Un emploi nouveau des farines de blé tendre, récemment essayé à Alger par M. Henri Gignoux, mérite aussi une mention. Sous le nom de biscuits Kroknel oriental ^ cet industriel expose un gâteau sec qui jouit déjà d'une popularité méritée et se substituera, dans un bref délai, à tous les produits de même nature importés jusqu'ici d'Angleterre. Ce gâteau, qui a la propriété de se conserver pendant une longue durée, à la seule condition d'être tenu à l'abri de l'humidité, est fabriqué exclusivement avec de la tuzelle 1'^ qualité du pays, additionnée d'oeufs, de beurre et de sucre. La pâte, dans laquelle il n'entre pas une goutte d'eau, est préparée au cylindre.

Signalons encore des échantillons de fécules alimentaires et de riz conservés à l'aide d'un procédé dont M. Sémont, de St-Eugène, est l'inventeur, et qui, miseï^ flacons il y a quatorze ans, ont gardé intactes toutes leurs qualités. M. Sémont expose aussi, dans la môme catégorie, des produits de son invention, le carifé, destiné à remplacer les cafés de basse qualité, et une chicoî^ée fabriquée avec la plante récoltée dans sa propriété.

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