‹ L'exposition d'Alger, 1876Chapitre 38 sur 64 · EXPOSITION SCOLAIRE · texte numérisé non relu

EXPOSITION SCOLAIRE

La place que M. Levasseur, membre deTiastitut^ assignait à F Algérie dans son rapport sur Tinstructionc secondaire et Tinstruction primaire, témoigne de la persévérance et des âuccès des efforts de l'Administra tion supérieure pour répandre dans la France transmédîterranéenne les bienfaits de l'instruction.

De ee rapport, il résulte en effet que l'Algérie, avec un élève sur 109 habitants européens fréquentant les établissements d'instruction secondaire, et 19 élèves sur 100 habitants, toujours européens, suivant les cours de l'instruction primaire, marche en tête de toutes les autres nations, précédant l'Allemagne, la France et l'Angleterre.

Nous croyons donc que le kcteur nous saura gré de faire précéder nos appréciations sur le concours du mois d'avril dernier d'un rapide historique du développement de l'instruction publique en Algérie, que, pour plus de clarté, nous diviserons en trois périodes^

Première période de 1830 à 1848,

Le jour où la France prenait possession de la Régence d'Alger, l'étude des sciences se bornait à l'ensei-

gnement de la lecture, de récriture et du texte ixx Coran, donné dans quelques rares écoles musulmane» et Israélites, à l'exclusion absolue des filles des deux cultes, élevées dans la plus complète ignorance. Poui* les israélitesi la substitution de la Bible au Coran et des caractères hébraïques aux caractères arabe» constituait la seule différence»

Dès les deux premières années de la conquête, :r/plu8ieurs institutLns particulières, fondées^ à Alger sous le patronage et la surveillance de l'autorité locale,, pourvurent aux besoins de la population européenne. En 1832, on comptait déjà trois écoles françaises et une école Israélite^ où quarante enfants appartenant à ce culte apprenaient les éléments de la langue française; des maisons d'éducation se fondaient aussi pour les jeunes filles.

Au mois d'avril 1835^ le service de Tinstructioû publique recevait une organisation dans la ville d'Alger ^ le Gouvernement y instituait,, à ses frais,, une première école d'enseignement mutuel et une chaire de langue arabe ^ un inspecteur était chargé de la >surveiUance de cet établissement et de celle des maisons d'éducation,, soit publiquesy soit privées, qui étaient ou paraissaient devoir être fondées.

Peu de temps après,, l'écale mutuelle comptait deux cents élèves,, dont plus de cinquante Israélites. Les jeunes musulmans s'y montrèrent très rares ^ éloigné» par la présence des Israélites et par la crainte qu'éprouvaient les parents de voir leurs enfants détournés de l'islamisme au profit de la religion chrétienne.

Cette appréhension était même poussée si loin, qu'on a vu, alors, des enfants musulmans refuser de porter la décoration de l'école qu'ils avaient méritée par leur assiduité, de peur qu'on ne les soupçonnât de s^Ôtre faits chrétiens.

En juin 1833, une école d'enseignement mutuel fitt ouverte à Oran sur le modèle de celle d'Âiger ; en 1834, de nouvelles écoles primaires étaient créées à Bône, à Dély-Ibrahim, à Kouba. Dans toutes ces écoles, les musulman» étaient admis. Dès le début, la

Finance affirmait ainsi sa mission civilisatrice^ en cher*' chant à rapprocher d'elle la race vaincue et en s'effor- (;ant de réunir, dans une éducation commune, les entants des indigènes et ceux des Européens.

Mais, dès 1834, l'instruction primaire ne suffisait plus, à Alger, aux besoins de la population européenne ; on devait créer le collège d'Alger et instituer, l'année suivante, une bibliothèque. En 1836 est fondée la première école mixte, dite alors école maure-^ française. A peine ouverte, elle reçut soixante élèves musulmans, qui consacraient quatre heures par jour n Tétude du français. Une école pour les jeunes fille» françaises fut également fondée cette môme année. En 1837, on créait h Alger une école pour les jeunes filles Israélites et des cours d'adultes pour les musulmans.

Au 31 décembre, le service de l'instruction publique, en Algérie, comprenait vingt-quatre établissements, ainsi répartis :

Instruction secondaire : A Alger, un collège tréquenté par 115 élèves, un conrs d'arabe en comptant 40.

Instruction primaire : A Alger, treize établissements, tant publics que privés, comptant 860 élèves ; à Dély- Ibrahim, une école ; à Kouba, une école ; un établissement privé à Mustapha. Deux écoles et unétaWis*sement privé àOran ; d^x écoles, dont une d'Israélites, à Bône, comptant ensemble 302 élèves : soit un total djB 1 ,202 élèves se décomposant de la manière suivante ftu point de vue des nationalités : Européens, 556 ; Européennes 329 ; musulmans, 90 ; jeunes garçons israélites, 146 ; jeunes filles Israélites, 81.

Ainsi, les efforts de l'Administration n'étaient pas demeurés sans résultats. L'œuvre était lente, mais elle marchait sûrement ; et, à une époque où nos trois départements transméditerranéens n'étaient encore que des points isolés d'occupation « sur les côtes nord de TAfrique, » les divers généraux qui s'étaient succédé à la tête de l'armée d'occupation, avaient le droit d'être fiers des succès obtenus. Ils pouvaient revendi-

qaer la gloire de toutes ces fondations dues u leur initiative personnelle et en, dehors de rauto^rité métropolitaine, dont la première mesure d'ensemble, en ce qui concerne instruction publiqfue, date de 183Ô. Encore, ,se bornait-elle à assurer aux fonctionnaire» de l'instruction publique attachés aux établissements de l'Algérie la conservation des droits et prérogatives dopt jouissent les membres de L'Université.

C'est seulement en 1848 que le ministre de l'instruction publique sera saisi de la haute direction de ce service en Algérie. Jusqu'à cette époque, c'est-à-dire pendant dix ans encore, elle appartient aux généraux qui se sont succédé à là tête du Gouvernement de l'Algérie ; maréchaux Clauzal, Damrémont, Valée, Bugeaud, duc d'Aumale,

Sans entrer dans lea détails des diverses créations qui sont dues à chacun de ces homm35 illustras , il suflSlra d'établir la situation de l'instruction publique au 24 février 1848, pour démontrerqu'elle n'avait pas périclité entre leurs mains et qu'elle était restée constamment à la hauteur des progrès accomplis par la colonisation ,

A cette époque, une chaire d'arabe dans chacun des trois chefs-lieux de province représente le bilan de l'instruction supérieure,

Ij instruction secondaire compte, outre le collège municipal d^\lger, deux pensionnats libres subventionnés par l'Etat à Bône et à Philippeville ; 185 élèves, dont 165 au collège, fréquentent ces établissements.

Vinatruction primaire est largement représentée par 93 écoles, dont 13 privées et non subventionnées. Dans ce nombre, figurent sept écoles mixtes spéciales, fréquentées par 457 élèves musulmans ou Israélites, en dehors de ceux admis dans les écoles communales ordinaires ; savoir : deux écoles arabes-françaises à Alger et à Bône ; trois écoles juives- françaises à Alger, Bône et Oran ; une école de jeunes filles juives et une école de jeunes musulmanes à Alger.

fin résuoié, en 1848, sur une population européenne qui, au 31 décembre 1847, était seulement de 103,890 •

habitants, plus 8,000 enfants ou jeunes gens (y com-' pris ceux des séminaires), chiffre auquel il faut ajouter les jeunes musulmans et Israélites indigènes, re.eevaie&:^ leâ bienfaits de l'iustraction.

Ajoutons, pour rendre justice à tous, que les communautés religieuses des Sœurs-Trinitaires, de Saint- Vincent-de*Paul, des Ursulineâ, de la Doctrine chrétienne et des frères de Saint-Joseph-du-Mans avaient apporté un puissant concours à Toeuvre de moralisation poursuivie par le gouvernement algérien.

Deuxième période, 184S à 1870^

Et 1848y comme nous venons de le voir, le service de Tinstruction publique avait été remis au ministre. Un de ses premiers actes (18491 fut d'élever le collège d'Alger au rang de Lycée. Le 14 juillet 1850^ sur la proposition du général d'Hautpoul, le service de Tinstruction existant dans les écoles maures-françaises est réorganisé; elles prennent le titre à! écoles arabesfrançaises ; trois nouvelles sont fondées pour les garçons à Oran, Blida, Mostaganem ; trois pour les tilles à Constantine, Oran et Bône ; les cours d'adultes sont aussi réorganisés, et, peu de temps après, un décret impérial crée les médersas de Constantine ^ Tlemcen et Médéa, pour renseignement du droit musulman.

Les créations se succèdent ensuite très rapidement ; 1857 voit fonder un établissement mixte d'instruction secondaire à Alger, sous le titre de collège arabefrançais, et instituer, également à Alger, une école secondaire de médecine ; en 1858, un observatoire national y est installé ; en 1859, création du collège communal de Bône ; en 1860, création des collèges communaux de Constantine, Oran et Philippevilie ; en 1863, création de Técole normale primaire d'Alger; en 1865, décret qui institue un collège arabe-français à Constaûtîne et un autre à Ôran : maïs le premier sieul fut créé et commença à fonctionner à partir du l** jan* vier 1867. En avril 1870, création du collège communal de Tlemcen.

Simaltaném^nt et au fur et à mesure de l'extensioii prise par la colonisatiûn et rimmigratiou européenne^ «haque jour voyait s'élever de nouvelles écoles pritnairea et se fonder des écoles arabes^françaises, ali^ montées par les ressources des centimes additionnels à l'impôt arabe ; dans ces dernières écoles surtout, enfants européens et arabes accouraient recevoir sur le» mômes bancs une instruction commune. En comparant, le tableau de la situation de l'instruction publique en Algérie à la fin de 1869 avec celui donné pour 1848, on a la mesure exacte des progrès réalisés dans cette . période de douze années :

Enseignement supérieur : 3 chaires d^arabe 58

1 école secondaire do médecine 49

Enseignement secondaire : 1 lycée 582

1 école normale primaire. 30

8 collèges communaux et institutions d*ins-

truction secondaire 1 . 404

2 collèges arabes-français. 300

1 école arabe des arts-et-mé tiers. 10

Enseignement primaire : 465 écoles primaires, orphelinats, asiles, institutions

privées, etc. 33.070

30 écoles arabes-françaises f . 200

(sans compter 3 grands^ séminaires et 3 médersas.

Soit une population scolaire de .... ^ 41 . 703

Ajoutons que les résultats obtenus étaient aussi satisfaisants que dans la métropole, et que, dès 18TO, la jeunesse algérienne fournissait un contingent respectable aux diverses carrières libérales ouvertes au concours et aux examens, contingent dont faisaient aussi partie les jeunes indigènes élèves du Lycée arabe-français. Oncontaste en 1870 que neuf indigènes avaient suivi les cours de l'école secondaire de médecine; cinq avaient été reçus dans les écoles normales primaires ; six avaient passé Texamen pour le brevet d'instituteur ; sept avaient été reçus au concours pour les emplois d'interprète judiciaire du militaire ; trois à Vécole d'Alfort ; cinq à St-Cyr ; vingt-deux à* Saumur ;

cinq dans les services publics des ponts-èt-chaussées^ postes, forêts, douanes, contributions, télégraphes ; un grand nombre étaient devenus cadis, khodjas ouasses» séurs musulmans ; un avait même passé avec succès les examens du baccalauréat; un autre avait enlevé au concours la place d'inspecteur de riastruction primaire.

Troisième période, 1870 à 1876

L'année 1871 voit une grande reforme s*accomplîr : la suppression des collèges arabes-françaîs et la réunion des élèves qui en suivaient les cours au Lycée d'Alger et au collège de Constantine. Mais, loin d'être un recul, cette mesure constitua par le fait un progrès. A Alger et à Constantine, les enfants européens avaient cessé de fréquenter les écoles mixtes où le niveau des études était moins élevé ; le but du collège mixte était manqué. En rétablissant le contact par le versement des élèves indigènes dans les grands établissements d'instruction publique d'Alger et de Constantine, et en le facilitant sur d'autres par la création de collèges communaux, on revenait à l'application pratique de l'idée-mère des écoles mixtes.

A la fin de 1872, les établissements d'instruction supérieure secondaire et primaire de l'Algérie étaient fréquentés, non compris les enfants reçus dans les «ailes d'asile, par 45.726 élèves- Mais Taugnientation de la population européenne, le développement de la colonisation et la création de nombreux centres imposent des sacrifices toujours nouveaux. Des collèges communaux sont créés à Sétif, à Miliana, à Blida , chaque nouveau viUage i^st doté d*ècoles sur les fonds de la colonisation, et dans son rapport présenté à la session de novembre dernier au Conseil supérieur, M. De Salve, recteur de l'AcadèiAÎ^ d'Alger, pouvait dire d'une façon aussi juste que pittoresque que les établissements de toute nature qui, d^ l'asile à l'école de médecine, distribuent l'enseignement, forment un. vaste réseau dont les ramifications s'étendent aux villages les plus minimes çt les pluj^ ébignés. • " ' -

En 1875, 64,397 enfants des deux sexes oût fré.^ quenté les 573 écoles publiques ou libres, et les 133 salles d'asile ouvertes dans les trois provinces, occupant, les premières, 1,149 maîtres ou maîtresses laïques et congréganistes, les secondes, 247 personnes,

La population scolaire des écoles primaires proprement dites a été de 45,273 élèves se divisant, au point de vue du sexe, de la façon suivante : garçons 23,852, filles 21,421. La part de la nationalité arabe, dans ce chiffre, a été seulement de 1,643 garçous et de 221 filles. .

Quant aux établissements dlnstruction secondaire, ils se composent actuellement 1** du Ly.cée d'Alger, recevant à lui seul 809 élèves, et comportant un personnel de 86 fonctionnaires ; 2** de neuf collèges communaux entre lesquels se répartit une population scolaire de 1,623 élèves.'Constantine est à la veille de voir son collège communal, qui?, reçu 3^0 élèves en 1^75, et dont raménagement ne laisse ri^èn à désirer ^râce aux sacrifices de la Municipalité, érigé en Lycée. Le collège d*Oràn qui, au P' îriaî 1875, comptait 217 élèves, ne peut aussi tarder de mériter cette distinction.

Nous citons pour mémoire quatre établissements libres d'iustruction secondaire recevant 267 élèves.

Enfin, T-^lgérie compte quatre établissemi^nts d'instruction supérieure, savoir : une école préparatoire de médecine à Alger, qui comporte onze professeurs titulaire» ou suppléants, et qui délivre des diplômes d'officier de santé^ de pharmacien et de sage-femme, et trois chp^îres d'enseignement supérieur de langue arabe, une au chef-lieu de chaque département.

Une école normale à Alger pour les garçons, et une école normale pour les filles à Miliana, sont chargées d^ pourvoir en partie au recrutement du personnel enseignant des écoles primaires .

L'initiative privée participe de son côté à la croisade contre l'ignorance, cette plaie de l'humanité, en stimulant par des prix l'émulation des élèves, en aidant par des dons la création des bibliothèques popjilaires ou scolaires. A Alger, et dans quelques au-

très villes, la Ligue de V enseignement tk pu fonder iras frais une bibliothèque, des écoles en pleine vc de prospérité et des cours d^adultes qui, conjoîr ment avec ceux que professent les titulaires des ér communales, partout od la population d'un centi assez nombreuse pour leur assurer un auditoire, f^ ' nissent à la jeunesse et même à Tâge mùr les moyt d'utiliser leurs loisirs à. la perfection de leur instrut. tion.

La Société des Beaux-arts d'Alger concourt aussi depuis deux ans au mouvement, par Tadjonction à ses cours de musique, de peiiiture et de dessin, de cours supérieurs de littérature, d'histoire et de géographie à Tusage des jeunes filles aspirant au brevet supérieur.

Ce tableau, forcément rapide de la situation de Tinstruction publique en Algérie, doit faire comprendre le sérieux et sympathique intérêt qui s attachait à TExposition scolaire.

Hâtons-nous de dire, qu'organisée par les soins intelligents et persévérants de 1 honorable M. Boissière, inspecteur d'Académie, elle a confirmé entièrement notre, opinion sur la videur du personnel enseignant de la Colonie. Bien qu'improvisée pour ainsi dire, en janvier seulement, les instituteurs étaient officiellement avisés, — ; cette Exposition sera fécondé en résultats : nous en avons pour garant l'intérêt qu'elle a inspiré. Déjà certaines Municipalités que nous pourrions citer, se sont promis d'introduire dans leurs écoles respectives, les cartes en relief de M. Moliner, les cartes muettes et parlantes dé M. Sàbathîer, le tableau synoptique du système métrique de M, Ulmo, etc., etc. ; et, d'un autre côté, bon nombre d'fnstituteurs mis & môme de comparer des méthodes, d^étudîer des procédés nouveaux, d'examiner des oahiers, ont découvert des systèmes dont ils saui'bnt profiter. Ces faits seuls suffiraient pour attester que cet essai n'aura pas été stérile.

Sans donner ici la liste des exposants, nous pouvons dire de suite que toutes ou à peu près tou--

;û03 écoles, même celles des plus petits centres, ^étaient représentée» et avaient fourni d'intéressants et .d'utiles travaux.

Nous aurions voulu les passer toutes en revue^ mais malgré notre bonne volonté, un certain nombre d'ouvrages risquaient d'être oubliés ; on nous pardonnera de ne pas procéder ainsi, en considérant l'impossibilité matérielle de tout voir, de tout lire, de tout comparer.

D'ailleurs, — pourquoi ne pas le dire ? — le mode de distributiqn avait entraîné une confusion regrettable qui rendait les recherches très difficiles et les comparaisons presque impossibles.

Nous avons essayé de remédier à cet inconvénient en adoptant le classement suivant :

1* Plans d'école et matériel ; — 2*» Dessin ; — 3*» Arithmétique ; — 4^ Collections ; — 5^ Géographie -et histoire ; — 6° Pédagogie et cahiers de devoirs.

PLA^S d'école et matériel

Les plans de M. Darru, agronome et professeur .d'agriculture à l'Ecole normale d'Alger, méritent une mention toute particulière : l'orientation et la distribution des salles et autres dépendances de l'école ne laissent pour ainsi dire rien à désirer. On voit que cet intelligent architecte a étudié la matière à fond, et qu'il s'est toujours inspiré des instructions et circulaires ministérielles que nos constructeurs négligent trop souvent de consulter.

Nous lui 'conseillerons néanmoins d'abandonner, à l'avenir, ces affreuses tables-pupitres à six, sept et même huit places, vieilles comme l'école, et de les remplacer par des bancs-pupitres à une ou deux places.

Et pourquoi ne dirions-nous pas, à ce propos, ce que le matériel doit être, selon nous ?

Chaque élève doit avoir son pupitre et son banc établis sur un bâtis solide 'afin que le banc ne puisse pas -être approché ou éloigné au gré de l'élève, et que celui- ^i soit forcément bien assis. *

Le pupitre, pourvu en haut d'une rainure et iégère-

ïûent iacliné, doit pouvoir se hausser et se baissera; volonté.

Le banc, légèrement concave, doit être placé de telle manière que le bord qui regarde le pupitre se trouve dans la perpendiculaire de celui-ci ; il sera muni d'un dossier plein et droit qui ne dépassera pas la ceinture de rélève.

Enfin une traverse, pour servir de marchepied, sera placée de manière à pouvoir être facilement mobilisée selon la taille de l'élève.

La Ligue de V enseignement, d'Alger, exposait des tables avec bancs à dossiers ; c'est un progrès considérable que nous ne saurions trop louer. Ces pupitres sont à deux places, il est vrai, et la table ne peut pas se hausser, mais ils remplissent une partie des desiderata qne nous avons formulés^ ; aussi engageons-nous les Municipalités qui ont un matériel à créer ou à renouveler, à établir au moins des tables à deux places si, par raison d'économie, elles ne peuvent pas installer de» pupitres à une place.

Nous sommes obligé d'avouer que cette partie de l'Exposition (matériehde classe)' démontre, une fois de plus, l'infériorité de nos écoles et de leur matériel sur ce qui se fait actuellement ailleurs, en Suède, en Allemagne, en Suisse et principalement aux Etats-Unis.

C'est en Amérique surtout que nous devrions prendre des exemples. Là-bas, en effet, le budget de l'instruction publique prime tous les autres ; chez nous,^ les augmentations successives sont faites avec une parcimonie regrettable. Là-bas, de magni^ques bâtimrents, de vrais temples de l'enfance, sont mis à la disposition des écoles primaires et secondaires ; ici, à Alg&r surtout, les écoles communales sont confinées dans des salles -longues et étroites, basses et humides au grand désespoir des instituteurs, des parents et des élèves.

Nos villes et nos villages de l'intérieur sont cependant en progrès, car la plupart de ces localités possèdent des maisons d'école convenablement aménagées ; msfis, nous ne saurions trop insister, pourquoi Alger

cj.ui paie près de soixante mille francs de frais de location d^immeuhles scolaires, pourquoi, disons-nous, la ville d'Alger n'a-t-elle pas une seule maison d'école lui appartenant ? Pourquoi ne pas nous doter de groupes scolaires où nos enfants trouveraient de Tair, de la lumière, des cours ombragées, coupées de jardins et ornées de gracieux pavillons pour la gymnastique ? Mais, répondra-t-on, l'école serait alors un petit paradis terrestre.... Le beau malheur, si ce petit paradis devait fournir des génératiçns au cœur élevé, à Tâme généreuse, des volontés indépendantes et énergiques, des citoyens amis du progrès et de la liberté.

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