‹ L'exposition d'Alger, 1876Chapitre 43 sur 64 · GÉOGRAPHIE ET HISTOIRE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE ET HISTOIRE

La géographie était largement, disons même richement représentée ; il nous a été permis de constater avec satisfaction l'impulsion donnée depuis quelques années à l'enseignement de cette pç^rtie essentielle des connaissances humaines.

Parmi les travaux exposés, nous mentionnerons particulièrement ceux qui nous ont paru répondre le mieux aux conditions à rechercher pour rendre facilement saisissable et jassimilable à l'esprit des élèves, en même temps qu'attrayante, cette étude pour eux parfois un peu sèche et aride de la géographie.

Les cartes-reliefs, dressées par M. Moliner, instituteur à Alger, sont destinées à rendre de sérieux services en familiarisant les élèves avec la configuration réelle du sol.

Le Conseil général a partagé cette manière de voir, et pour faciliter la vulgarisation de ces reliefs, a voté à leur auteur une subvention de cinq cents francs.

Les cartes de M. Sabathier, directeur de l'école de la place Randon, à Alger, constituent une fort ingénieuse invention ; à la fois muettes et parlantes, ces

cartes permettent aux élèves d'exécuter Içs exercices les plus variés, sans que la routine y ait aucune part.

Elles nous paraissent appelées à remplacer avantageusement, dans un avenir procliain, les cartes murales muettes ou écrites. Une courte explication suffira pour en faire comprendre le mécanisme.

Lorsque les fiches mobiles sont placées, la carte est nécessairement écrite ; elle devient mi -parlante quand on retire une partie des fiches et, enfin, tout-à-fait muette lorsque ces dernières sont complètement enlevées. Cette heureuse disposition se prête à mille et une combinaisons et force l'élève à chercher, à comparer ; ces exercices développent chez lui non pas seulement la simple mémoire, mais encore le travail de synthèse et de comparaison. Cette nouvelle méthode fera son chemin et s'imposera d'elle-même comme toutes les choses marquées* au coin du bon sens.

Les belles cartes envoyées par le collège de Philippeville méritent une mention spéciale. Vigoureusement et intelligeamment exécutées, elles donnent encore les renseignements les plus précieux et sur la configuration générale des côtes et sur les accidents orographiques. Nos félicitations bien sincères à l'honorable M. Gros, principal de cet établissement et l'un de nos plus sav^ts géographes.

Nous signalerons ensuite, parmi les travaux les plus méritants, les cartes envoyées par les écoles de Bône, de Coléa, de Mouzaïaville ; par les frères de Blida, par M. Ulmo, instituteur à Alger, et par le Directeur de Montpellier. .

Nous mentionnerons enfin les cahiers cartographiques des frères des écoles -chrétiennes. Ces cahiers forment un cours complet qui conduit successivement l'élève des notions les plus élémentaires à la connaissance des cinq partiçs du monde. Nous sommes persuadé que ces cahiers, d'ailleurs fort appréciés dans diverses Expositions, facilitent beaucoup l'étude de la géographie et donnent à l'élève une idée exacte de la eonfiguration générale du globe;

. Nous ne saurions accorder par exemple la même

approbation à un tableau, exposé par les mêmes maîtres et intitulé accidents géographiques : dénomination que ne justifient nullement les trirèmes, les phares, îes ballons, les tortues et jusqu'aux homards qu'on y voit figurer.

Ovide dit quelque part : « Nosce prius patriayn, » En matière géographique, cette parole est profondément vraie, et la malheureuse guerre de 1870n 1871 a confirmé éloquemment Tadage latin et démontré la nécessité absolue de faire apprendre d'abord aux enfants la géographie de leur propre pays et la convenance qu'il y aurait pour tout Gouvernement à metti;e dans le sac de chaque soldat — sinon dans la tête, ce qui serait infiniment préférable, — des cartes géographiques de leur patrie, plutôt que celles des contrées dont la conquête est rêvée. — C'est d'ailleurs ce que pensent tous les hommes intelligents en France et à l'Etranger.

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