‹ L'exposition de Saint-ÉtienneChapitre 10 sur 49 · AUTOUR DU PALAIS DES MACHINES · texte numérisé non relu

AUTOUR DU PALAIS DES MACHINES

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tour galant et pour la pointe fine de satire qu'ils contiennent. Sous son enveloppe un peu rugueuse, l'ouvrier stéphanois cache une âme d'artiste, épris de son métier et l'exerçant avec fierté. Le passementier est bien plutôt une sorte d'associé, de collaborateur du fabricant qu'un ouvrier salarié; non seulement il se prête avec empressement à toutes les modifications coûteuses qu'impose à son outillage l'exécution d'un article nouveau, mais il s'ingénie sans relâche à trouver, pour produire mieux et plus vite, des innovations ingénieuses, des procédés nouveaux, des perfectionnements, qui sont souvent des découvertes techniques, d'une rare valeur. Quand la mode de la gravure anglaise a été importée dans l'armurerie, les artistes stéphanois, les élèves des Ollagnier, des Roule, des Rozet, des Drutel, etc., ont pendant longtemps refusé de se livrer à ce travail de manœuvre, quelque lucratif qu'il fût, estimant qu'il les déshonorait. L'un d'eux, et non le moins connu, préféra stoïquement abandonner son établi et entrer dans une houillère comme mineur. Ce trait d'orgueil professionnel n'est point banal.

Par toutes ces qualités, je dirai même, par ces vertus, l'ouvrier s'élève rapidement à la situation de patron. Sur le chiffre de trois cents fabricants de rubans, la majorité sont d'anciens passementiers. La situation n'est point différente dans l'armurerie. La plupart des grandes usines de métallurgie ont été fondées par de simples ouvriers, doués de génie industriel. Nulle part la fortune ne fournit des témoignages plus irrécusables de la puissance du travail et de la supériorité sociale de l'intelligence.

En décidant l'ouverture d'une Exposition artistique et industrielle, la municipalité de Saint-Etienne a voulu organiser une imposante manifestation des industries diverses de la ville et de la région, montrer l'évolution progressive qu'elles ont accomplie. Elle a galamment invité les industries françaises concurrentes et celles qui pourraient trouver, dans une population considérable et riche, d'importants débouchés de consommation. Cette heureuse idée a été réalisée immédiatement avec succès, grâce à l'adhésion unanime de tous les chefs d'industrie de la Loire et au concours actif des personnalités les plus en vue par leur situation sociale et par leur mérite.

Le programme de l'Exposition est vaste. Il est divisé en quatre grandes sections : i° l'industrie ; 2° l'agriculture et l'horticulture ; 3° les beaux-arts ; 4° les arts rétrospectifs, cette dernière section organisée par un Comité privé. L'industrie comprend, comme groupes principaux, la métallurgie, l'armurerie, la serrurerie, la quincaillerie, la rubanerie, l'ameu-

blement, la carrosserie, la peausserie, les produits chimiques, etc. Il y a là, entr'autres exposants,, de puissantes Compagnies industrielles, connues dans le monde entier : le Creusot; les Hauts- Fourneaux, Forges et Aciéries de la Marine et des Chemins de fer, de Saint-Chamond ; les Fonderies, Forges et Aciéries de Saint-Etienne ; les Aciéries et Forges de Firminy ; les Forges Biétrix et C'% de la Chaléassière ; les Forges Deflassieux, les Forges Barthélémy Brunon, de Rive-de-Gier ; les Aciéries d'Unieux (Jacob Holtzer et Cie), etc., etc.

Dès le mois d'avril, une grande Commission spéciale était nommée pour réaliser ce programme ; elle comprend les noms suivants :

Organisation générale.

MM. Girodet, maire, président ; Dumas Philippe, viceprésident; Delainaud Louis, secrétaire; Hutter Louis, rapporteur; Andrieu, Aubonnet, Bertolus Joseph, Boitel, Brugniaut, Granjon, Grillet, Pégout.

Exposition des Beaux-Arts.

MM. Baudron, président; Berthon, secrétaire; Bouché, rapporteur; Chéri-Rousseau O -A, Ducaruge, Favre François, Gauthier Antoine Gillet, Lamaizière, commissaire général des fêtes ; Logé, Benoît Oriol O Passepont, Poinat, Ch. Rebour O Pierre Staron, Félix Thiollier.

Exposition industrielle et agricole.

MM. Roux, président ; Gauthier Antoine viceprésident; Couffinhal, vice-président; Méhier Louis, secrétaire ; Bayle, Berthoud, Clair Benoît, Clermont, Cholat, Chosson Courbon, Deloche Devillaine Du Rousset, Faure Abel. Finaz, Fleury, Gillet, Giron Holtzer, Hugo, Jacquerez, Lebois O I, Lepeltier-Richer, Leseure Maillon, Marrel Charles Marthouret, Michalon Jean, De Montgolfier O Benoît Oriol O PercinO^, Richarme^, Ri voilier Jean-Baptiste, Staron, Vacquier, Verny Veillet F., Villiers.

Cette Commission a dû travailler avec une rare énergie, pour arriver en quatre mois à mettre sur pied une entreprise aussi considérable et hérissée de difficultés de tous genres.

Pour installer les produits métallurgiques, on a édifié sur un vaste emplacement, dans le quartier du Treuil, mesurant plus de 10.000 mètres carrés, un immense hall, qui n'est rien moins qu'un des deux pavillons de la ville de Paris, à l'Exposition universelle de 1889, d'une superficie couverte de près de 2.000 mètres, et dont la construction a coûté Soo.ooo fr. Six autres grands bâtiments, dus à l'administration de l'Exposition, et contenant les industries diverses, un nombre considérable de pavillons, élevés par des exposants pour l'exhibition particulière de leurs produits, sont groupés autour de cette Galerie des Machines, séparés les

Concours d'agriculture, d'horticulture et d'animaux.

MM. Plantevin, président ; LabuIIy M A, secrétaire ; P. Argaud, Bahurel, Ballas, Barbier, Barjot, Barou, Barou François, Bergeron, Boy, Boissonnet, Bonnefoy, Brenier, Chalandon Jules, Chapoton, Charlois, Chirat, Clavaron, Cluzel, Coupard, Courbon, Courbon, Croizier, Dupin, Evrard Maximilien Favarcq, Fontvieille, Gattel, Gillier, Ginot Jules, Guéri n-Granjon, G uichard-Toussaint.Gonny, Jambon, Jayol, Laville, Magand, Marthourey, Matras, Otin fils, commissaire général du Concours agricole ; Perrin, Pitet,Ponson, Revollier Louis, Salichon, secrétaire du Concours horticole; Treille, commissaire général du Concours horticole; Teyssier, Thomas-Javit, Thomas- Poy, Valentin, Vérots fils, Wisser aîné.

Concours international de Musique.

MM. Janson, président; Vallet, vice-président ; A. Dard- Janin, O A, commissaire général du Concours international de musique ; David, Kuhn, Maillot, secrétaires ; Alvin, Brossy, Chazel, Couturier, Croizat Fayard, Funffrock, Garand, Gibert, Jacquier jeune, Lantz Frédéric Millet, Pichon, de Reichensten, Savornat, Vachon.

uns des autres par des jardins et des pelouses. On a surnommé l'Exposition universelle de 1889 la Cité bleue, pour la claire et joyeuse couleur de ses palais. L'architecte municipal M. Lamaizière, à qui a été confiée la direction des travaux de l'Exposition de Saint-Etienne, s'est inspiré des œuvres et des idées artistiques de ses grands collègues parisiens. Il a mis, dans toutes les constructions officielles, de la gaieté et de la lumière. La Galerie des Machines, avec sa polychromie d'une originalité si délicate, a été le thème général de coloris, sur lequel il a exécuté habilement, dans les pavillons disséminés çà et là, des variations très pittoresques.

Trois portes monumentales, dont la principale est fort originale avec ses piliers massifs, aux rosaces multicolores et avec son fronton formé d'armes, d'armures, d'outils de mineurs, d'engins métallurgiques et surmonté de l'énorme écusson de la ville, encadrent pittoresquement les constructions et font un premier plan, imposant, aux entrées de la Galerie des Machines, des pavillons de l'armurerie et de la rubanerie, en façade sur la rue de Roanne. Dans le vaste quadrilatère, que bordent ces pavillons et la Galerie, le directeur des travaux a dessiné avec goût un grand jardin français, rempli de fleurs, d'arbustes exotiques et agrémenté d'une pièce d'eau. Des kiosques et des tentes-abris, d'une rare légèreté de formes, aux vélums blancs, roses et bleus, mettent sur le vert intense des pelouses des colorations claires, d'un effet charmant, avivé, pour le plus grand plaisir des yeux, par le contraste de tons des maisons grises, environnantes.

Si vaste que soit l'emplacement du quartier du Treuil, il a dû être réservé exclusivement aux industries. Pour les Beaux-Arts, on a élevé sur la place Dorian, dans le centre de la ville, un bâtiment spécial. Cette Exposition, la plus importante qui ait été faite jusqu'ici à Saint-Etienne, ne compte pas moins de 700 tableaux, aquarelles et dessins et a pour participants des artistes parisiens illustres, des maîtres de l'Ecole française.

Les arts rétrospectifs ont trouvé une large hospitalité, dans la grande salle des Concours du Conservatoire de musique, au Palais-de-Justice.

L'Exposition d'horticulture et d'agriculture est installée au Jardin des Plantes, où elle peut montrer, sur un immense terrain, d'une physionomie très pittoresque et aménagé ingénieusement, les progrès réalisés dans les méthodes et l'outillage, depuis le grand Concours régional de 1886. Cette exposition sera complétée, en septembre, par un concours d'animaux gras, dans le vaste hall du marché des Mottetières.

Il y aura, en outre, pendant cette période de l'Exposition, des concours internationaux

de musique, de tir, des courses vélocipédiques, des fêtes de jour et de nuit, des ascensions quotidiennes de ballon captif, etc., que sais-je encore; enfin, tout ce qui constitue aujourd'hui les annexes et les hors d'œuvre d'une exposition sérieuse et réussie.

A l'Exposition universelle de 1889, les deux grandes industries artistiques de Saint- Etienne, la fubanerie et l'armurerie, ont eu un succès éclatant. La métallurgie de la Loire, représentée par toutes ses usines, a excité l'admiration universelle. Mais, si ces grandes manifestations internationales sont devenues, par leur extension immense, de véritables mondes, les conditions nouvelles de leur organisation rendent impossible l'étude de tout ce qu'ils renferment. On est sous la suggestion de l'inconnu, du merveilleux, qui demain ne sera plus qu'un rêve et qui, au milieu de tant d'attractions impérieuses, n'est souvent, à l'heure même, qu'un mirage. Les sensations, les impressions et les enthousiasmes s'accumulent confusément dans le cerveau, s'y entassent et forment bientôt une masse énorme et inerte, dont on est étourdi et accablé. La féerie terminée, il semble n'avoir eu qu'une vision apocalyptique, où le Génie humain est apparu, éblouissant dans sa splendeur, écrasant dans sa puissance. Quand les éditeurs de cette belle publication sur l'Exposition industrielle et artistique de Saint-Etienne, MM. Théolier et Cic, m'ont fait l'honneur de me demander à en écrire le texte, j'ai accepté avec empressement. J'y apprendrai beaucoup ; et, à ce spectacle intime et familial des grandes oeuvres de l'industrie et de l'art de mon pays natal, je devrai un des souvenirs les plus agréables de ma vie d'écrivain.

Marius VACHON.

2" Livraison

16 Août 1891

Théolier et C'\ imprimeurs-éditeurs.

Texte par M. Marius Vachon.

Pholutypie Chéri-Rousseau et fils.

La Rubanerie

es rubans m'enchantent. De toutes les créations de l'art du tissage et de celui de la broderie, il n'en est pas, à mon avis, qui présentent des qualités plus exquises, qui produisent des sensations plus délicates et inspirent des idées plus gracieuses. Il y a une souveraine séduction des yeux et de l'esprit, dans ce petit bout d'étoffe de soie, légère, souple et fraîche comme un pétale de fleurs, dont les couleurs, sous la caresse de la lumière, semblent vivantes; qui se plie avec tant d'élégance à toutes les fantaisies de la main de la femme, ornement de sa jeunesse et de sa beauté. En tout temps et en tout pays, la réalité, comme la fiction, en a fait un symbole et un emblème de tout ce qui est la vie du cœur, les rêves de l'amour et ceux de l'ambition. A étudier l'exposition de la Rubanerie stéphanoise, j'ai pris un plaisir extrême ; le spectacle en est merveilleux. Enclose dans un salon quadrangulaire, de dimensions restreintes, aux parois duquel sont adossées les vitrines, le regard peut l'embrasser tout entière. La couleur y joue une symphonie superbe, qui procure aux yeux amoureux des belles nuances, des tons savoureux, des contrastes pittoresques et des harmonies savantes, les mêmes jouissances qu'on éprouve à entendre une page de Don Juan, de Faust, de Lackmé ou de Carmen.~L.es artistes qui donnent les esquisses des compositions des rubans, les tisseurs, les teinturiers et les imprimeurs d'étoffes, sont devenus aujourd'hui si habiles et si audacieux, ils

ont à leur disposition une si grande quantité d'éléments décoratifs, qu'ils peuvent tout imaginer et tout exécuter. Et même pourrait-on leur faire la critique, qui revient si fréquemment dans l'étude des autres arts contemporains, de ne point rester assez simples, de s'abandonner, avec trop de facilité, à l'ambition d'étonner par l'abondance des effets et par l'entassement des difficultés vaincues.

Les exposants de cette section sont peu nombreux, une vingtaine au plus; mais il y a là les maîtres, ceux qui sont l'honneur et la gloire de la Fabrique stéphanoise. J'ai écrit «maîtres » tout comme pour de grands artistes, peintres, sculpteurs ou musiciens, peut-être au profond scandale de ceux qui, plus formalistes et plus arriérés que les philosophes du moyen âge, établissent encore aujourd'hui entre les divers arts des catégories dédaigneuses. Mais je ne m'en dédis point ; « maîtres » je maintiens, estimant qu'un passementier, un serrurier, un potier, un bijoutier, un orfèvre, qui a du talent, qui crée une œuvre, doit être tenu en plus haute considération qu'un médiocre barbouilleur de toiles ou un vulgaire pétrisseur de terre glaise. Qui hésiterait à qualifier de ce fier et noble titre M. Charles Rebour ? Il est bien,

celui-là, de la race des maîtres d'autrefois, qui de leur art faisaient leur vie, qui en aimaient tout, passionnément, la théorie et la pratique, les illusions, les enthousiasmes et les rêves, jusqu'aux déboires et aux douleurs. Dans notre siècle de spécialisation à outrance des facultés et des professions, il a conservé l'originale physionomie du type trinitaire de l'artiste, de l'ouvrier et du négociant, qui invente, produit et commerce. Combien de fois je l'ai surpris dans son cabinet de travail, en tête à tête amoureux avec des fleurs, étudiant dévotement leurs couleurs et leurs formes, jetant sur le papier vingt idées de décoration de rubans pour se fixer, après un travail acharné, à une définitive expression de son problème d'industriel et de son idéal d'artiste ! Un autre jour, je l'ai vu discutant avec ses passementiers, sur les moyens de réaliser une conception artistique; puis, je l'ai renm. Charles rebour. contré, affairé et actif, dans les rues commerciales de Paris,

venant montrer aux commissionnaires et aux marchands les échantillons de l'œuvre nouvelle, éclose sur le métier. Pascal a dit que le génie était fait de patience et de travail; cette profonde vérité s'applique à toutes les manifestations de l'esprit humain. Si je me permets d'entrer ainsi dans la vie d'un homme, dont la modestie privée s'offensera peut-être d'une apparence d'indiscrétion, c'est dans le seul but d'analyser les causes de ses succès et d'en faire l'exemple d'une théorie dont la propagation m'est chère. Voyez la vitrine de cet artiste à l'Exposition. La sensation première, à la vue des rubans qu'elle contient, est celle d'une harmonie parfaite entre la forme, la couleur du tissu et sa décoration. Dans les pièces les plus riches, celles où les tons sont le plus éclatants, où la virtuosité du dessinateur emporté par l'imagination s'est donné le plus libre carrière, il y a toujours une si heureuse proportion d'idées, d'efforts, de travail et de matière, qu'il ne vient jamais à l'esprit de souhaiter plus de simplicité. Dans les produits où la fantaisie, pour répondre aux exigences de la clientèle, en vue de la vente à bon marché, s'est montrée discrète, il semble que l'absence de nombreux motifs de décoration soit bien plutôt une affaire de goût qu'une question d'économie. N'est-ce pas là le comble de l'habileté industrielle?

Les économistes nous terrifient par leurs sinistres pronostics ; à les entendre, nous marchons à toute vapeur, vers la production mécanique, exclusive, où toute différence de bénéfice se chiffrera par la différence de quantité de matières premières. Quelque déférence que je professe pour une corporation savante qui conduit à l'Institut, je crois qu'ils ne doivent pas se regarder sans rire, ces tristes augures. Mon opinion, plus modeste, est, au contraire, que plus nous irons, plus la matière inerte, comme l'argent, perdra de sa valeur intrinsèque, et que l'art seul conservera une supériorité indiscutable sur les marchés industriels du monde entier. Ce terme d'Art éblouit et effraye; il a subi le sort de certaines expressions populaires, dont le sens a été complètement altéré, par excès de réaction en tous sens. Quand je vins ici, il y a deux ans, tenter la fondation du Musée municipal d'art et d'industrie, on me conseilla amicalement, de divers côtés, de ne point trop mettre en avant la question d'art ; je passai outre énergiquement; j'affichai dès la première heure le titre que j'avais rêvé, et je ne m'en suis pas trop mal trouvé, puisque la tentative a réussi et que Saint-Etienne possède ce Musée. Il semble que, pour le plus grand nombre, ce terme implique exclusivement l'idée d'inventions supercoquentieuses, de tableaux couverts de formes et de couleurs; de statues d'or, d'argent, de bronze ou de marbre. J'avoue, sans rougir, que j'ai plus de jouissance artistique à regarder un beau ruban broché, que le quart des peintures exposées au salon parisien des Champs-Elysées. Combien il faut avoir plus de goût, d'imagination, de poésie et de science, pour jeter adroitement sur un satin une fleur des champs et la rendre gracieuse et spirituelle, que pour peindre sans talent une mort d'Adonis, un mousquetaire lutinant une soubrette ou la prise de la Bastille ! M. Charles Rebour prend une simple branche de lilas et s'en fait un thème décoratif, délicieux et fécond. La branche repose, dans sa blancheur immaculée, sur un fond de serge or, avec deux bandes verticales de velours noir gratté. Par quelle mystérieuse affinité d'art ce ruban déroulé a-t-il immédiatement évoqué, à mon esprit ravi, la belle page, d'une si pénétrante poésie dans sa simplicité exquise, peinte par Puvis de Chavannes pour l'hôtel de Bonnat, où l'on voit une jeune femme antique, assise au pied d'un arbre fleuri, dans un ciel d'or ? Cette même branche est placée au milieu d'un satin glauque, relevé par des bandes de velours d'un vert foncé; elle présente un aspect tout différent, mais non moins pittoresque. Le dessinateur habile a simplement nuancé d'un violet délicat les grappes blanches. Il leur met quelques taches savoureuses de rose, sur un nouveau fond, brun, avec bandes de velours terre de Sienne, et l'œuvre nouvelle est plus belle encore. Un bouquet de mimosas sourit à son imagination : il en décore un taffetas bleu, dont la couleur claire donne au jaune des petites houppes de la fleur populaire du Midi l'éclat de l'or vierge. Sur une bande de velours violet, striant un fond sergé, de même nuance, mais d'un ton plus tendre, il noue ensemble des violettes des prés et des branches de mimosas, dont quelques brindilles s'égaillent pittoresquement sur le tissu, comme au hasard d'un coup de vent parfumé. Et cela est exquis. Une feuille de fougère, une palme, lui fournissent des éléments décoratifs, superbes ; tantôt stylisées, avec des rehauts d'or et d'argent, tantôt au naturel, sur fond de satin, vert d'eau, rose, rouge, ombré, ou ton sur ton, donnant ainsi l'effet charmant d'un bas-relief de médaille. Une gerbe de roses, de coquelicots, de bleuets, de marguerites, de boutons d'or, de folle avoine et d'épis de blé, à composer décorativement pour un ruban, n'est évidemment point chose aisée, en raison du contraste violent des coloris de ces fleurs. M. Charles Rebour se joue de cette difficulté, avec une gaieté spirituelle ; il varie les fonds de failletine, en blanc, en crème, en rose, en noir, sans paraître craindre un instant qu'un pétale perde une de ses nuances naturelles, que l'harmonie générale des couleurs en soit troublée. La main du dessinateur est si sûre, la science du coloriste est si

impeccable, que l'un et l'autre n'hésitent pas à jeter hardiment à la volée, sur un tissu de tour anglais, d'un ton crème de la plus délicate tendresse, flexible comme une gaze d'Orient, des roses d'un éclat truculent, dorées, purpurines, aureines, etc., en bouquets, en branches détachées, épanouies, entr'ouvertes ou fermées. Le plus sévère botaniste ne trouverait pas à y critiquer une faute de corolle, de pétale, de pédoncule ou de ton. L'œuvre est parfaite, « à se mettre à genoux devant », suivant la pittoresque expression, que j'ai entendue, d'un vieux passementier enthousiaste.

A côté de ces merveilleux brochés, il y a dans la vitrine de M. Rebour un spécimen de ces soieries imprimées sur chaîne et en velours gratté, dont, je crois, cet artiste a été l'innovateur, un satin blanc comme lait, décoré de roses, de pivoines et de lilas. Cette production me paraît une hérésie artistique, dont la pure et triomphante orthodoxie des brochés voisins accentue la gravité. La pulpe d'une fleur ne pourra jamais être représentée au vif, par cette épaisse étoffe velue, sur laquelle la planche de l'imprimeur doit entasser des irrisations, pour qu'elle ne ressemble point à une houppe de poudre de riz. Tout au plus admettrai sje, comme œuvre d'art, le ruban imprimé, sans grattage, quand la reproduction, au prix d'un travail considérable, de soins d'une minutie onéreuse et d'un dessin superbe, donnera une certaine illusion de la nature. Alors, ce n'est plus du tissage, mais une simple chromotypographie, que l'on admirerait plus encore sur un beau vélin ou sur un fin japon. Je n'ai donc pas à en faire honneur à l'art de la Rubanerie. A quelque perfection que puisse atteindre ce procédé industriel, l'œuvre qui en sortira ne procurera jamais la joie d'un beau broché de satin, de taffetas ou de faille, exécuté par un maître passementier. A voir ces armures, qui donnent à la soie tissée comme une chair vivante, dont le contact est une sensation voluptueuse, à suivre ces ingénieuses inflexions du fil lancé par la navette, qui traduisent sur l'étoffe les merveilles de la nature et les conceptions de l'artiste, on a la même jouissance qu'à caresser de l'œil et de la main un grès de Delaherche, une orfèvrerie de Falize, un étain de Brateau ou un ivoire de Moreau-Vauthier.

La vitrine d'un autre maître rubanier, M. Antoine Gauthier, contient des séries d'unis, de moirés et d'imprimés. Qu'y a-t-il de plus beau dans tout cela ? J'abandonnerais sans hésitation et sans regrets, la pièce aux roses, superbe de coloris cependant, celle aux pivoines, un chef-d'œuvre d'impression, pour un de ses satins, à bandes de velours épinglé, d'un tissage si irréprochable et d'un coloris si puissant. Ils me donnent, dans leur perfection technique, la sensation d'une belle forme, d'un élégant profil d'architecture, d'un savant dessin d'anatomie. Les béotiens vont sourire; mais à réfléchir devant ces superbes morceaux d'art industriel, on reconnaît aisément ce qu'il a fallu d'intelligence, d'habileté et de goût à tous ceux qui y ont coopéré, pour obtenir un résultat aussi M. Antoine Gauthier complet. Les imprimés sur chaîne de M. Gauthier me confir-

ment dans l'opinion que j'ai émise sur la valeur artistique de ce procédé. On me dit qu'une pièce de ce genre ne coûte pas moins de 25 francs le mètre à fabriquer, qu'il a fallu une quinzaine de planches d'impression pour reproduire le dessin original. C'est donc du travail précieux ; mais les critiques sur ses résultats me viennent en masse. Les pivoines, les

roses, les pavots, qui y figurent avec leurs tiges, et dont le rapport entier ne contient que quatre dispositions différentes, sont de bien curieuses fleurs, comme coloris; on les a gratifiées, avec une prodigalité inouie, de tons que la nature, pourtant fort généreuse, leur a encore refusés jusqu'ici. A tout prendre, je trouve encore plus ingénieux et plus pratique le procédé inventé par un peintre italien du xvie siècle. A l'occasion d'une fête de gala, son protecteur lui avait donné une somme d'argent pour s'acheter un costume ; l'artiste but tout l'argent. Cependant, le jour de la fête, il se présente dans un si superbe accoutrement que le seigneur étonné lui demande où il a pu se procurer de pareilles étoffes pour les quelques écus qu'il lui avait remis. L'embarras du pauvre diable laissa un instant à penser qu'il avait volé le costume ; la méprise allait avoir pour lui de fâcheuses conséquences. Il se résout à avouer que, n'ayant plus le sou, il avait, pour se tirer d'affaire, pris le parti économique de peindre, en façon de brocard et de drap d'or, un vieux costume défraîchi. Son invention originale eut du succès, et il fut de mode, pendant toute la saison, de peindre ainsi les costumes d'apparat.

Je serais très fier d'avoir en M. Troyet, dont l'exposition révèle un goût artistique des plus fins, un partisan de mon opinion sur le compte du ruban imprimé. Il nous montre un satin, qui, dans la décoration et dans la technique, trahit la préoccupation d'atténuer les graves défauts de l'impression à la planche. Sur le fond crème, avivé par des bandes vert d'eau, le dessinateur a disposé un bouquet de fleurs variées et, sur les bandes, une guirlande de fleurettes. Ce sont des roses trémières, des œillets, de la bourrache, etc. ; mais il n'a pris de toutes ces fleurs que le ton dominant et la forme essentielle, qu'il a, en outre, enveloppés d'une sorte de buée générale, de nuance indécise, de telle sorte que cette décoration donne l'illusion charmante d'avoir été peinte dans la manière tendre et vaporeuse des pastellistes du xvuie siècle. La même sollicitude pour une clientèle, évidemment très difficile, l'a hanté dans l'exécution de la pièce aux orchidées. Si une œuvre pouvait me convertir aux procédés de l'impression et du grattage, ce serait celle-ci, où M. Troyet s'est ingénié, avec une habileté prodigieuse, à dissimuler le travail ingrat de l'imprimeur, par un dessin d'une fantaisie décorative charmante, par des tons d'un éclat superbe ; mais, quoi qu'il ait fait, la tache originelle n'a pu être effacée, et je persiste dans ma première opinion. Combien dans ses lignes sévères, dans la simplicité élégante de son coloris ton sur ton, est plus beau le broché de faille glauque, aux branches d'olivier ! Voilà de l'art véritable ! Et quelle autre magnifique pièce, celle aux chardons sur fond cardinal ombré ! Et dans ces unis, simples, avec bordures de tour anglais, lisérés de satin sur faille, de faille sur satin, d'une couleur si tendre, tout n'est-il pas à louer, comme spécimens d'une fabrication irréprochable, de premier ordre, exclusivement à l'honneur du rubanier ?

La vitrine de MM. Marcoux et Chateauneuf présente une variété de produits, dont l'ensemble est d'une physionomie joyeuse. Il y a là un peu de tout ce qui se fait dans la Fabrique stéphanoise, en articles de grand luxe et de commerce courant : brochés superbes de dessin et de coloris, ombrés aux nuances chatoyantes, délicates peaux de soie, mille raies délicieuses, imprimés flamboyants, etc. Une intéressante innovation technique doit y être signalée : des velours épinglés à deux hauteurs. Ce procédé de travail, non encore pratiqué jusqu'ici à Saint-Etienne, a permis à ces artistes de fabriquer un nouveau velours, d'une rare originalité, que des dessins d'excellent goût, des vermiculés, des ailerons, des torsades, etc., font aussi artistique que pittoresque. Au premier plan de cette exposition, se trouve un imprimé

à velours gratté et à tissu côtelé, qui me comble de joie, comme l'aveu le plus explicite que parmi les plus chauds partisans de l'impression et du grattage, il en est qui s'efforcent d'arriver malicieusement à donner l'illusion de l'intervention de la main du passementier, dans cette

double opération. La tentative n'est point inutile. Demain, sans doute aucun, un plus hardi encore essayera le côtelé en diagonale, puis des croisements de côtelés ; et, enfin, quand l'imitation sera à peu près complète, on reviendra purement et simplement au broché. Il en va ainsi de toutes les choses de ce bas monde. La logique, impérieuse et bienfaisante, a conduit MM. Marcoux et Chàteauneuf à apporter les mêmes artifices ingénieux dans la série de leurs imprimés surfailletine, à divers fonds de couleur, reproduisant un très gracieux dessin à la Cauvet, un panier fleuri, et dans quelques pièces de même genre, à semis de bouquets de fleurettes sur fond crème. Il en est résulté un progrès sensible dans le coloris et dans le dessin des imprimés, et l'illusion du broché m. Pierre marcoux est devenue moins lointaine.

Toutes ces vitrines somptueuses, où s'étalent des pièces exceptionnelles et de haute fantaisie luxueuse, ne sauraient, en dépit de leur séduction, me faire négliger les expositions d'apparence plus modeste, mais où l'on peut admirer également avec orgueil ce qui constitue le fondement de la Fabrique stéphanoise et en fait la fortune inébranlable. Dans l'art, il y a des petits maîtres, dont l'œuvre, pour être moins considérable et brillant que celui des chefs d'école, ne laisse pas de faire grand honneur à leur pays et de durer fort longtemps, très recherché par les amateurs les plus sévères. M. P. Staron a fait choix, dans sa production variée, pour être mis sous les yeux du public, de quelques satins taille-douce, à deux tons, d'une grâce charmante, qui représentent, les uns, des paniers fleuris, de style Louis XVI, accrochés à un élégant rinceau, et d'autres, le délicieux tableau de Vely, le Premier Pas ; il y a joint une série de petits façonnés, de damas, de bords à franges, de satins merveilleux, de failletines, simples, sans prétentions, qui me plaisent fort. C'est le bon vieux ruban classique de Saint-Etienne, avec une sobre et élégante décoration de fleurettes des champs, de petites roses épanouies, de marguerites, de bleuets, de myosotis, de grecques, de rayures, de pois, de croissants, etc., le tout sur des tons clairs et souriants. On me dit que la plus grande partie en est destiné à l'exportation la clientèle exotique de la Fabrique sté- M- Pierre staron

phanoise n'a vraiment point mauvais goût. Je ne m'étonne plus que nos rubaniers se maintiennent vigoureusement dans une fabrication supérieure, puisque cette clientèle n'admet point d'eux ce qu'elle permet si facilement à leurs concurrents étrangers, la vulgarité et la pacotille. MM. Schœler et Brunon nous montrent également ce qu'ils fabriquent pour l'exportation, surtout pour l'Amérique du Sud, et cela avec une sincérité fort louable, sans se préoccuper de produire un effet de circonstance avec des rubans de grandes largeurs, à

très riche ornementation. Il est du plus haut intérêt de pouvoir apprécier exactement la valeur technique et artistique des articles que consomme l'étranger. Leur vitrine contient de nombreux coupons de rubans à petites largeurs, de toutes couleurs et de tous dessins, qui réjouissent par une physionomie générale de fraîcheur et de gaieté. Au-dessus de la pyramide pittoresque qu'ils forment, flottent des pièces, je ne dirai pas d'art, car ce serait, contre mon gré, paraître déprécier le reste qui n'en manque point, mais de luxe et de haute nouveauté, témoignant que la pratique constante d'une production à bon marché ne fait disparaître ni l'habileté ni le goût.

J'ignorerais que la maison Fraisse-Merley est de vieille souche stéphanoise et compte plusieurs générations de fabricants, son exposition me l'eût indiqué de la façon la plus expressive. Il y a là, sur toutes les œuvres qui la composent, ce caractère d'aimable gravité, de fière élégance, que seule peut donner une tradition presque séculaire. On y chercherait vainement des innovations audacieuses, des fantaisies m. J. schoeler exubérantes, des pétarades de coloris et de dessin, cela détonnerait parmi ces satins unis, de tons si discrets, ces moirés vigoureux et sévères, ces failles si délicates et pourtant fort

majestueuses, dans leurs rehauts de paillettes d"or et d'argent, ces belles rayures multicolores, de lignes si pures. Un satin à décoration de feuilles de jonc, velours gratté, d'un coloris sans intempérance pourtant, égaré dans ce milieu, y produit l'effet d'un parvenu, tout frais émoulu de roture.

MM. Journoud et Peyret ont exposé une série de rubans, façon Gobelins, à décoration de feuilles mortes, qui doivent être classés parmi les œuvres les plus intéressantes de la rubanerie. Sur le fond superbe qu'ils forment dans leur vitrine, sont déployées quelques pièces d'une rare originalité, dont la décoration dans le goût des Japonais est charmante. M. J. Forest, qui, depuis de longues années, a réalisé avec succès, en même temps que les maisons Descours, David et M. Paul fraisse Barrailler, les tentatives infructueuses, faites, au commen-

cement du siècle, pour importer, dans la région de Saint-Etienne, le tissage des étoffes de soies, a une vitrine toute emplie de superbes pièces de velours, de peluches, pour ameublements et travaux de fantaisie. Quelques nouveautés s'y montrent, des brochés, de très belles couleurs, des encadrements de menus tissés, dont les dessins ont une grâce spirituelle. On doit de la reconnaissance à M. Forest d'avoir créé et développé, à Saint-Etienne même, une branche de fabrication, très importante, qui porte aujourd'hui sa réputation industrielle sur des marchés commerciaux, dont l'accès lui était fermé. L'exposition de MM. Giron frères contient les beaux spécimens de leur puissante fabrique de rubans velours et d'étoffes de velours de schappe, dont le chef de la maison, M. Marcellin Giron, a si habilement, depuis 1880, enlevé le monopole à Crefeld, important ainsi à Saint-Etienne une nouvelle industrie, qui donne du travail à de nombreux ouvriers et constitue pour la ville

M. Marcellin GIRON

une source nouvelle de richesse. La maison Alamagny-Oriol occupe, au milieu de la galerie de la Rubanerie, une vaste vitrine, qui contient les produits variés de l'importante usine de

lacet qu'elle possède à Saint-Chamond, et résume la fabrication générale de cette industrie, si prospère, qui n'occupe pas moins actuellement de 6.5oo ouvrières et 5oo ouvriers et donne lieu à plus de 25 millions de francs d'affaires .annuelles.

La Commission d'organisation de l'Exposition collective de la rubanerie a eu l'originale idée de provoquer l'installation de métiers en action, montrant au public les divers procédés de tissage. M. Giron a fait monter un métier mécanique pour la fabrication du velours et de la peluche; M. Antoine Gauthier, un métier sur lequel on: voit tisser le satin aux tulipes, imprimé sur chaîne, que contient sa vitrine d'exposition ; M. Léon Olivier a importé- de .Roubaix- un métier pour les étoffes d'ameublement, qui est mû par l'électricité. D'autres industriels exhibent des machines et des appareils accessoires ' des métiers de tissage: M. Plotton, des navettes; M. Ferréol, des canetières et des broches pour rubans et velours ; MM. Cousin, frères, de Commines, des articles divers, etc., etc. f

L'Exposition de Saint -Etienne montre à ses visiteurs des spécimens merveilleux des productions de la Fabrique stéphanoise ; je les ai analysées avec autant de soin que possible. Au cours de mon incursion dans cette belle industrie, je n'ai pas eu moins à admirer l'ouvrier que l'œuvre. En 188g, au Champ de Mars, une section nouvelle permettait de passer en revue l'organisme social et économique de la nation. Ce que la Commission de cette Exposition n'a pu faire pour Saint-Etienne, faute de temps et de place, je considère comme un devoir de le résumer, dans quelques pages de psychologie historique. L'étude de la Rubanerie, à ce point de vue, prouvera, d'une manière irrécusable, que le développement et la prospérité de la Fabrique ne sont point un phénomène, mais le résultat superbe de la puissance de travail, du génie industriel et artistique de nombreuses générations de patrons et d'ouvriers.

Les archéologues n'ont point écrit l'histoire de la Rubanerie dans l'antiquité ; mais il est bien certain que ce précieux et galant ornement de la toilette féminine existait dans les pays et les temps, qui ont compté des Aspasie, des Lais, des Phryné, des Poppée et des Cléopâtre. En France, pour borner à notre pays cette esquisse d'érudition industrielle, la fabrication des rubans est d'une ancienneté, qui paraît même antérieure à celle des soieries. Le Livre des Métiers d'Etienne Boileau énumère, en 1292, à Paris, 14 dorelatiers ou rubaniers, 32 crespiniers ou passementiers et 3 filleresses de lacs (lacets), alors qu'il n'y est fait mention que d'un « tissutier de soie ». Vers le même temps, Lyon avait déjà une industrie soyeuse, florissante,

M. Benoit ORIOL

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