DOCUMENTS OFFICIELS
I N AUGUR ATION
DE
Le g août i8f)i
A deux heures précises, les tambours battent aux champs, la musique militaire, installée dans le kiosque qui lui a été affecté, se fait entendre. M. Lépine, préfet de la Loire, accompagné de M. Rostaing, secrétaire général, pénètre dans l'enceinte de l'Exposition où le reçoivent de nombreuses notabilités civiles et militaires : M. Baudron, adjoint, représentant M. Girodet, député-maire, toujours alité; MM. Plantevin, Roux et Valentin, les membres du Conseil municipal ; MM. de Montgolfier et Antoine Gauthier, président et vice-président de la Chambre de commerce; MM. Rivollier et Pierre Staron, membres; M. le général Cary, M. le lieutenantcolonel Guillard et de nombreux officiers de toute arme; M. Duplessis, président du Tribunal civil; MM. Germeix et Vallet, substituts; M. Rageys, juge d'instruction; MM. de La Roulle, Nicolas et Grand, conseillers de préfecture, en grand uniforme; MM. Lamaizière, commissaire général, et Delainaud, secrétaire général des fêtes, etc., etc.
Après les présentations, le cortège se rend vers le pavillon central, la Galerie des Machines. Les pompiers, les flûtistes stéphanois font la haie sur le passage.
On se masse au milieu de la galerie, M. le Préfet faisant face à la grande porte d'entrée, ayant à sa droite M. le général Cary, à sa gauche M. de Montgolfier, devant lui M. Baudron, qui lui souhaite la bienvenue en ces termes:
Monsieur le Préfet,
C'est au nom du Maire de Saint-Etienne, de la municipalité stéphanoise que je viens vous remercier d'avoir bien voulu présider à l'inauguration de nos Expositions.
M. Girodet, trop faible encore pour pouvoir assister à cette inauguration, me charge de l'excuser auprès de vous, du Conseil municipal, de la Commission générale des fêtes. 11 me prie d'exprimer tous ses regrets aux invités de la Ville de ne pouvoir profiter de l'ouverture de l'Exposition pour remercier publiquement tous ceux qui ont secondé son administration dans cette entreprise.
Ce que la maladie lui empêche de faire aujourd'hui, notre premier magistrat municipal aura prochainement l'occasion de l'accomplir, avec d'autant plus de coeur que le succès aura dépassé son attente.
En répondant avec confiance à notre appel, l'Industrie et le Commerce stéphanois ont donné une preuve de virilité qui leur fait le plus grand honneur. Nous leur adressons nos plus sincères félicitations.
Au nom de Monsieur le Maire, je remercie Monsieur le Préfet de la bienveillance qu'il a apportée dès son arrivée à l'expédition'des affaires de l'Exposition.
La Chambre de commerce qui s'est associée si largement à notre œuvre ; et enfin, M. le Commissaire général pour le talent et le dévouement infatigable qu'il a déployés dans l'accomplissement si rapide de l'œuvre qui est devant nos yeux.
M. Lépine prend aussitôt la parole, et d'une voix chaude, claire, vibrante, prononce le discours suivant :
Messieurs,
Je m'associe aux regrets dont M. l'adjoint Baudron vient de se faire l'interprète, mais pour les reporter sur la cause qui retient M. Girodet loin d'ici, et que je déplore.
Ce n'est d'ailleurs ni à lui ni à moi que revenait l'honneur de présider cette imposante cérémonie.
La population de Saint-Etienne qui, prise dans son ensemble, est profondément attachée à la République, souhaitait qu'un membre du gouvernement vînt ouvrir l'Exposition ; l'accueil qu'il aurait reçu aujourd'hui aurait été, j'en suis convaincu, ce qu'il sera dans quelques semaines, digne du gouvernement et digne de vous. (Applaudissements.)
Mais un événement imprévu a dérangé ces projets. Une élection est survenue. M. le Ministre a craint que sa présence ne servît, bien contre son gré, les intérêts de telle ou telle candidature ; ils'est abstenu et vous reconnaîtrez, Messieurs, que ce n'était ni le temps, ni le lieu de faire de la politique. En tout cas, je n'en viens pas faire ici. (Mouvement.)
Représentant de l'Etat, je viens, comme c'est mon devoir, attester par ma présence la sollicitude des pouvoirs publics pour toutes les manifestations spontanées de la vitalité du pays.
Après les splendeurs, les merveilles de l'Exposition universelle, après ce gigantesque effort de l'industrie nationale, i[ était permis de croire qu'elle ne songeait qu'à se recueillir, qu'elle était lasse et qu'elle aspirait au repos; on avait le droit de trouver imprudent et prématuré ce nouvel appel fait, à dix-huit mois de distance, au bon vouloir des industriels par une ville de province et pourtant 28 départements y ont répondu. (Applaudissements.)
Dès le premier jour, les demandes des exposants affluèrent, et les prévisions de la. municipalité furent à ce point dépassées que de 2.5oo mètres carrés, la surface des pavillons dut être portée à 7.000 par des agrandissements successifs.
Les industries qui sont l'honneur de Saint-Etienne, la métallurgie, les armes, les rubans occupent ici la première place : c'était naturel. Mais beaucoup d'autres, étrangères à notre région, sont aussi représentées par d'intéressants spécimens.
Sans doute il peut paraître téméraire d'évoquer ici l'écrasant souvenir de 1889, et pourtant certains de nos exposants ont trouvé moyen d'utiliser ces deux années, de réaliser un progrès, d'apporter ici des perfectionnements nouveaux!
Ce n'est pas un mince mérite, au jugement de ceux qui savent à quel prix le progrès s'achète, ce qu'il coûte à l'inventeur de recherches patientes.de sacrifices et d'efforts, d'argent et de temps! (Applaudissements répétés.)
Je salue ces vaillants champions de notre industrie!
D'autres peuples nous surpassent par l'étendue de leur territoire, leurs vastes colonies, le nombre de leurs habitants; mais la France a pour elle le talent de ses artistes, l'habileté merveilleuse de ses ouvriers, le génie de ses inventeurs! C'est là sa force et sa gloire, sa gloire dans le passé, sa sécurité dans l'avenir! (Applaudissements.)
Honneur à eux! L'hommage que nous leur rendons, c'est la reconnaissance qui nous l'inspire, c'est le patriotisme le plus élevé qui le dicte à nos lèvres; et le gouvernement républicain à qui le pays a confié ses destinées, et qui seul a le droit de parler en son nom, a le devoir de rendre ce public témoignage à ces laborieux artistes de la prospérité nationale. (Applaudissements.)
Messieurs, nous allons maintenant parcourir ensemble ces galeries, ces coquets pavillons qui sont sortis de terre en 74 jours, comme ces palais enchantés improvisés par une baguette magique.
Rendons-en grâce au zèle intelligent, au dévouement désintéressé des hommes compétents, des grands industriels qui ont accepté de taire partie des commissions spéciales.
Faisons sa part à l'entrain, à la furia française de nos ouvriers stéphanois, mais soyons justes et mettons hors de pair cet homme de talent, administrateur doublé d'un artiste, dont je froisse la modestie et je lui en demande pardon... (Rires) C'est vous le magicien, mon cher Monsieur Lamaizière... (Nouveaux rires.)
La municipalité actuelle vous a trouvé dans la succession de sa dévanciè e. Elle a eu cette bonne fortune de mettre à profit vos talents. Je lui en fais mes sincères compliments. (Rires et applaudissements.)
Messieurs, je déclare ouverte l'Exposition industrielle de Saint-Etienne.
Au nom de la Chambre de commerce, M. de Montgolfier, son dévoué Président, prend la parole à son tour :
Messieurs,
Si je prends la parole, au nom de la Chambre de commerce, après les éloquents discours que vous venez d'entendre, c'est que la Chambre a été amenée, par son désir de voir nos industries largement représentées, à prendre une part active dans l'Exposition que M. le Préfet vient d'inaugurer.
Lorsque la municipalité de la ville de Saint-Etienne nous informa de sa décision d'ouvrir une Exposition en 1 89 1 , et lorsqu'elle nous pria de désigner quelques-uns d'entre nous pour faire partie des commissions d'organisation, la Chambre
déclara, sans hésitation, qu'elle était prête à déférer à la demande qui lui était adressée. Se plaçant au-dessus de toutes les questions secondaires que soulevait l'initiative hardie prise par le Conseil municipal, elle n'eut plus à se préoccuper que de la question principale : mettre en relief les belles industries de la région et donner à l'Exposition projetée tout l'éclat possible. A l'unanimité, ses membres déclarèrent qu'ils apporteraient leur concours le plus efficace à l'œuvre entreprise et que tous exposeraient leurs produits.
Il était certain d'avance que cette Exposition présenterait un vif intérêt, car dans aucun autre département on ne trouve réunies autant d'industries aussi puissamment organisées et douées d'une semblable vitalité.
Cette attente n'a pas été déçue, et ce que nous voyons aujourd'hui doit satisfaire les plus difficiles.
L'honneur de cette grande manifestation revient tout entier à la municipalité de la ville de Saint-Etienne, à M. le Maire, dont nous regrettons vivement l'absence, à ses adjoints et à tous les membres du Conseil. Ils ont prouvé une fois de plus que, dans notre pays, il suffit d'oser pour réussir, Leur œuvre est vraiment belle : elle est digne, à tous les points de vue, de la cité qu'ils administrent.
Les timides craignaient, au début, que l'Exposition ne fût pas prête pour l'époque indtquée, et j'avoue, Messieurs, que je le redoutais aussi. Mais nous avions compté sans M. Lamaizière, l'éminent architecte da la Ville, l'auteur du projet si remarquable de notre futur hôpital. Nommé commissaire général de l'Exposition et des fêtes, M. Lamaizière a réalisé de véritables prodiges. Ce qui devait nécessiter un travail de six mois a été fait en moins de 80 jouis.
Sans s'arrêter aux difficultés de tous genres qu'il rencontrait sur sa route, il a accompli, dans les délais qui lui étaient assignés, l'ensemble merveilleux que nous admirons aujourd'hui. Le Conseil municipal lui a déjà voté des remerciements unanimes ; il est juste que nous tous, Messieurs, nous lui adressions aussi nos félicitations bien sincères. Nous ne saurions proclamer assez haut l'intelligence, le talent, l'énergie et l'activité dont il a fait preuve dans sa délicate mission.
Monsieur le Préfet, vous avez bien voulu venir présider à l'inauguration de cette œuvre magistrale. Nous vous en sommes sincèrement reconnaissants. Nous vous remercions des paroles éloquentes que vous venez de prononcer et des sentiments que vous avez si bien exprimés. Nous savons que nous pouvons compter sur votre haute influence pour la défense de nos intérêts. Nous saluons donc avec confiance votre arrivée dans un pays que vous connaissez, auquel vous appartenez par des liens de famille et dont vous appréciez, comme nous, les besoins et la vitalité.
Nous avions espéré un instant, à la suite des démarches qui avaient été faites par la Municipalité et par la Chambre de Commerce, que M. Jules Roche, le distingué Ministre du Commerce et de l'Industrie, serait venu représenter le Gouvernement à cette solennité. Nous regrettons vivement son absence. M. le Ministre aurait reçu ici la réception la plus cordiale et la plus enthousiaste. Tous, patrons et ouvriers, nous avons suivi les débats qui se sont déroulés devant la Chambre des députés, et nous aurions été heureux de témoigner notre profonde gratitude à l'orateur éminent qui avait défendu nos intérêts, au Ministre éclairé qui avait fait triompher nos revendications.
Nos industries sont nombreuses. Les unes réclamaient la liberté de leur matière première, les autres la juste protection à laquelle elles ont droit. Tout ce que nous désirions leur a été à peu près accordé. Aussi, Messieurs, avons-nous l'espoir, je dirais presque la certitude, de les voir grandir et prospérer, si le Sénat ratifie les décisions de la Chambre.
La première de nos industries, celle qui occupe le plus de bras, est la rubanerie. En 1 883 , alors qu'elle n'avait pas de fabriques concurrentes, elle arrivait à 5o millions de produits avec 25. 000 ouvriers. Elle livre aujourd'hui plus de 100 millions de rubans et soieries avec 70.000 ouvriers. Le chiffre d'affaires a doublé, mais la production a quadruplé parce qu'en 1890 la soie était moitié meilleur marché qu'en i833 ; et parce que les filés de coton et les filés de bourre de soie, inconnus à Saint-Etienne en i833, entrent maintenant pour 10 à 12 millions de francs dans la contexture des tissus.
Ce progrès énorme, réalisé malgré la concurrence des fabriques suisses, allemandes, italiennes, anglaises, russes, américaines, atteste la puissante organisation delà fabrication stéphanoise.
L'industrie des lacets, sœur de la Rubanerie, qui en 1 833 produisait pour deux millions de francs et occupait 5oo ouvriers, a aujourd'hui une production de 25 millions de francs et occupe plus de 7.000 ouvriers.
L'industrie houillère produisait, en i833, 800.000 tonnes de charbon et occupait 3. 000 ouvriers. Aujourd'hui, cette industrie extrait près de 4 millions de tonnes et occupe environ i5.ooo ouvriers.
La métallurgie, de 8 millions de francs en i833, est arrivée à produire aujourd'hui 70 millions de francs et, cependant, le prix de ses produits a baissé de moitié. Son personnel est passé de 1.000 à 16.000 ouvriers.
La quincaillerie, cette vieille industrie stéphanoise, est montée de 4 millions 5oo.ooo francs à une production supérieure à i5 millions.
La Verrerie, obligée de se restreindre à la consommation nationale, par suite de la concurrence des fabriques étrangères et des tarifs douaniers, a cependant, aujourd'hui, dans notre département une production de 8 millions de francs, alors qu'en 1 833 elle produisait 4 millions seulement.
Et enfin notre belle industrie armurière a su, malgré tout ce qui a été fait contre elle, conserver sa vieille réputation et maintenir son chiffre d'affaires.
Je marrête, Messieurs, dans cette nomenclature. Nous pouvons nous réjouir du chemin parcouru. Mais nous ne devons pas nous arrêter dans la voie du progrès. N'oublions pas que notre département a le premier en France possédé un chemin de fer, que de ses usines sont sortis les premières barres d'acier fabriquées, les premiers blindages des navires, les premiers bandages sans soudure, les premiers rails ; en un mot, qu'il a été l'initiateur des grandes œuvres de la paix et de la guerre. Ce brillant passé nous oblige à aller toujours en avant.
Nous sommes résolus à ne pas faiblir à cette tâche, mais pour arriver au but, nous avons besoin de l'aide et de l'assistance de l'Etat. Nous espérons, Monsieur le Préfet, que vous voudrez bien être notre interprète auprès de M. le Ministre du Commerce, pour le prier de venir nous visiter dès que les motifs qui l'ont empêché d'être ici aujourd'hui auront disparu.
Permettez-moi aussi de vous demander d'user de votre légitime influence pour prier M. le Président de la République de présider, dans le courant du mois d'octobre, à la distribution des récompenses.
L'a:cueil qui lui sera fait sera digne de cette grande cité, et notre département, si négligé, si oublié et cependant si producteur et si laborieux, recevra de cette visite un précieux encouragement.
Quand M. le Président de la République, quand ses ministres auront pat couru nos usines, se seront rendu compte de ce que nous sommes, patrons et ouvriers, de ce que nous valons, ils n'hésiteront pas à nous accorder ce que nous demandons depuis longtemps — un canal de la Loire au Rhône, et un plus grand développement de nos voies ferrées.
En terminant, Messieurs, je souhaite, comme les orateurs qui m'ont précédé, la bienvenue aux exposants étrangers à notre région qui ont bien voulu se rendre à l'appel de la Commission d'organisation. Ils ont rehaussé l'éclat de cette fête par les remarq i ables produits de tous genres qu'ils ont envoyés.
Je leur adresse, au nom de tous, mes félicitations et mes remerciements.
M. Lamaizière répond en ces termes aux éloges si mérités qui viennent de lui être adressés :
Messieurs,
Vous venez d'entendre les remarquables discours de M. le Maire, M. le Préfet et M. le Président de la Chambre de Commerce. Je considère comme un devoir de répondre en quelques mots aux éloges qui m'ont été adressés.
Les Commissions réunies m'ayant fait l'honneur de me nommer commissaire général de l'Exposition, pouvais-je faire moins que d'apporter à l'œuvre entreprise tout mon dévouement et toute mon activité.' Non, Messieurs, car à peine l'Exposition était-elle connue que de nombreux et importants industriels s'empressaient d'y souscrire. Ne fallait-il pas alors que la ville de Saint-Etienne se montrât digne de ceux qui allaient justement lui apporter leurs produits de toutes sortes et, par ce fait même, démontrer l'importance qu'ils attachaient à notre industrieuse et intelligente cité ?
Aussi nous sommes-nous mis résolument à l'œuvre, grâce à la municipalité qui votait les fonds nécessaires à cette importante entreprise.
Je remercie les Commissions qui ont suivi nos travaux dans tous leurs détails et nous en ont facilité l'exécution. Qu'il me soit permis, cependant, de faire quelques personnalités. Je tiens à remercier tout spécialement, tout d'abord M. Brugniaut, secrétaire général de la Mairie, qui, dans toutes les circonstances, nous a apporté son concours dévoué et éclairé, dans la partie administrative, souvent si difficile; ensuite, M. Clermont, mon collègue à la Ville, qui s'est occupé de la partie mécanique et de l'installation de l'éclairage ; enfin M. Otin. chargé de la décoration des jardins.
En terminant, Messieurs, vous me permettrez encore de dire que j'ai trouvé chez nos entrepreneurs toute l'activité désirable, car ils avaient aussi le désir de nous aider à mener à bien l'œuvre à laquelle nous nous sommes consacrés et qui devait faire honneur à la ville de Saint-Etienne.
Comme les précédents, ce discours est souligné par de vifs applaudissements, puis commence la visite de l'Exposition.
Quand on songe que la veille, à une heure assez avancée delà soirée, la grande Galerie des Machines était encore encombrée par des échafaudages et matériaux de toutes sortes, on ne peut s'empêcher d'être vivement surpris de la transformation opérée aussi subitement.
Tout est dans l'ordre le plus parfait; les installations sont superbes, le coup d'œil charmant et l'on ne se lasse pas d'admirer.
M. le Préfet, M. le général Cary, tous les membres du cortège officiel s'arrêtent complaisamment devant la belle exposition des Forges et Aciéries de Saint-Chamond, et c'est avec un vif intérêt qu'on suit les explications si claires, si nettes de l'éminent directeur de ce grand établissement métallurgique qui, une fois de plus, vient de triompher delà concurrence étrangère dans la question des tourelles cuirassées.
La visite est forcément rapide; si nombreux sont les pavillons, si intéressantes les diverses expositions, qu'un seul jour ne saurait suffire pour les admirer en détail. Il faut se contenter de parcourir, avec le désir intime d'y revenir à plusieurs reprises, les belles galeries de l'ameublement, de la rubanerie, de l'armurerie, de la quincaillerie, de la céramique, etc.
L'espace et le temps surtout nous manqueraient pour énumérer et commenter chacune des installations. Nous aurons à en reparler dans des chroniques spéciales.
Disons seulement que tout le monde a été émerveillé — le mot n'est pas trop fort.
Il était 4 heures quand s'est terminée la visite. M. le Préfet et le cortège officiel se sont
rendus ensuite à l'Exposition des Beaux-Arts, place Dorian, où ils ont été reçus par la Commission.
M. Félix Thiollier a souhaité la bienvenue à M. Lépine en ces termes :
Monsieur le Préfet,
Au nom de la Commission des Beaux-Arts de la ville de Saint-Etienne, j'ai l'honneur de vous souhaiter la bienvenue et de vous remercier de l'intérêt que vous portez à notre exposition. Jusqu'à ce jour, les questions artistiques n'ont pas occupe une grande place dans les préoccupations de la majorité de nos compatriotes.
Grâce à votre appui et à celui de la Municipalité, nous espérons que le mouvement qui se manifeste aujourd'hui aura de la durée et qu'il en résultera d'heureuses conséquences pour Saint-Etienne. Dans notre laborieuse cité, l'art et l'industrie devraient être intimement liés, car ils sont indispensables à notre prospérité.
Le Préfet a répondu en quelques mots pleins de bienveillance, puis il a suivi avec le plus vif intérêt l'Exposition.
(Mémorial de la Loire.)