Gazette des Becnix-Arts, {" péi., t. XX, p
2. Ce précieux morceau est, depuis, devenu la propriété du musée de Berlin.
VOUZT DF; droite du triptyque "L'ADORAnON DES BERGERS
'Musée de Santa Maria Nuova. à Floi-e::co)
tte des Beaux-Arts
l'macié, des yeux très rapprochés, un front' presque caché par une chevelure noire se confondanl avec la barbe. Pour les deux figures,
Il E L \ \ I E i; r, E ,
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.In Lyon.)
un même modèle a posé. Relevé par une tonalité harmonieuse (une draperie, d'un bien turquoise rarement rencontré dans les tableaux du temps, en fournit la note dominante), de facture à la fois très savante et très libre, un délicieux fond de paysage faisant songer à celui de la Pic/à de l'aiilrc panneau de Vienne, le petit ensemble
niôrito dT'Iiv signait'' cumme dos plus iiitércssaiils pour réhule de son auti'iu-.
Un anh'c lahlcau. de plus grandes diniensious. s'il n'est pas do Gérard, osl ooilainonioiil lo travail d'uu artiste très inlUiencé par lui. Cette œuvro, oxiioséo par sir C.-A. Turnor, à Londres, a pour sujet L'Instihiliu)) de la dêrotiun au Rosaire i\\° 2.j(j), c'est-à-dire la remise du Rosaire à saint Dominique parla Vierge, la distribution et la vénération du Rosaire, la prédication de saint Dominique. Un dévernissage poussé trop loin semble avoir altéré la couleur de ce tableau, d'aspect imprévu. L'extraordinaire liberté de la faclure. l'iieurouse disposition des groupes, la remarquable entente do la perspective aérienne, lui donnent un aspect presque moderne. La présence, dans cette composition, d'une reine de Franco suivie de sa cour a fait croire à une œuvre de l'école française ; le type confine de trop près à celui de Gérard de Saint-Jean pour no pas donner une présomption très forlo qw faveur do l'attribution à ce maître. 11 y a même à l'avanl-plan, à droite, un Cduilisan de la suite de la princesse, dont la longue cbeveluro blonde, la toque posée sur l'oreille, lo justaucorps vert, le manteau rouge et les houseaux jaunes font partie de la garde-robe du peintre de Ilaarleni. Nous devons, faute do place, nous abstenir de consacrer un plus long examen à cette [leinlurede si puissant intérêt et de si haute valeur artistique.
A l'école de Ilaarlem se rattache aussi le Calvaire exposé par M. (ilitza, do Hambourg, une page extrêmement curieuse attribuée peut-être à tort à Gérard de Sainl-Joan, mais certainement conçue dans le style de ses œuvres.
Signalons, enfin, comme se rattachant à la même catégorie de productions énigmatiques, la petite Vierge debout, tenant l'Enfant .lésus, à l'entrée de l'abside d'une chapelle. Deux anges musiciens forment les volets de ce ti'iptytjuo, apparlonant à M. Mann, de Glasgow n" 8'Ji. Cette peinture, présentée dans d'autres expositions déjà, y fui, comme à Rruges, l'objet d'intéressantes controverses. Désignée tour à tour comme espagnole, comme italienne, comme llamando, on la cataK)gue maintenant comme de Memling. Elle nous semble infiniment plus près de l'école de Ilaarlem. Le type des anges surtout la rappnjche des œuvres de Gérard de Saint-Jean. La Vierge est d'ailleurs très particulière et rappelle certaines estampes du XV'' siècle. La draperie, d'un blanc bleuâtre, à plis épais, constitue un remarquable morceau de peinture, et d'un caractère trop spécial pour suggérer aucun rapport avec Memling.
Tliioriy Bouts, l'oinu' tians le voisiiia;;e inmiéJial île Gérard de Saint-Jean, n'esl pas sans trahir l'intlueuce de communes origines. Déjà M. Camille Benoît, dans la Gazette des Beaux-Arts, a insisté sur
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(CatUédrale do Lubeck.)
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ce point. La Cène, magistrale peinture appartenant à l'église Saint- Pierre de Louvain, qui occupa son auteur du mois de mars 14Gi au mois de février tiG8; le Martyre de saint Érasme, à la même église; le Martyre de saint' Hippolyte, à la cathédrale de Bruges, formaient à l'exposition un ensemljle impressionnant et imprévu.
D('ssiii;ileur de grand style. l)ien qii"iin pou ant;iileux. coloriste admiralile et singulier en outre. Bouts compte parmi les plus hautes personnalilés artistiques du xv'' siècle. Si la Cène avait pu être rapprocliée de ses volets, aujourd'hui à Munich et à Berlin, l'efTel d'ensemhle eût été écrasant. Les types de Bouts sont très accusés, très personnels et, d'emhlée. remettent en mémoire ceux de Gérard de Saint-Jean. Les Apôtres de la Crnr en fournissent le plus précieux exposé : figures graves, aux joues creuses, au nez droit, rarement aquilin, à la barhe plus longue que fournie, laissant à découvert une bouche aux lèvres fines et abaissées. A peine est-il besoin de faire ressortir combien ce type est voisin de celui du Christ de Quinlcn Massys. Impossible de ne point se sentir gagné jiar la conviction que vt)ici le maître du forgeron d'Anvers, par l'origine louvaniste de celui-ci. La chose est si vraie que, même à l'exposition, figurait sous le nom de Massys une Tête de C/irisf appartenant à ]MM. de Somzée, laquelle n'est, comme déjà le lit remarquer Jl. Friedhender lors de l'exposition de la New Gallery, à Londies, en t900, qu'une œuvre d'un pseudo-Bouts, le maître dit « tle V Assomption de la Virr(i<' », sans duute Albert, le fils du peintre.
Le type féminin clioz Bouts est ri'gulier, mais impassible. Du reste, le peintre idéalise peu. Sous son pinceau, les martyres de saint Hippolyte et de saint Erasme se réduisent presque à de purs incidents. Les spectateurs, les acteurs eux-mêmes, s'en émeuvent peu. Dans le Martyre île saint Erasme, de la plus affreuse cruauté, puisqu'ony voit enrouler sur un treuil les entrailles du bienheureux, les tortionnaires s'acquittent de leur besogne en vulgaires tâcherons. L'un d'eux seulement serre les dents sous l'effort, et nous retrouvons précisément cette contraction du visage, à Anvers, dans le chef-d'œuvre de Quinten ÎNIassys, où l'on voit saint Jean plongé dans la chaudière d'huile bouillante.
Bouts, avons-nous dit, est un remarquable paysagiste. C'est, en outre, un traducteur fidèle de la nature ambiante. Dans le fond d'un Crucifiement appartenant à ^L A. Thiem, de San Remo (n° 40i, se découvre un panorama de Bruxelles, avec la tour de l'hôtel de ville, la porte de liai et le beffroi (l'église Saint-Nicolas'.
La haute et inflexible conscience de Bouts lui permettait d'être à roccasion un portiaitiste de premier ordre. Dans la Cène, il s'est représenté dans un rôle secondaire; un portrait, le sien encore, appartenant à M. le liaron Oppenheim, le classe au premier rang des maîtres du genre. C'est de nouveau son image sans nul doute.
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LA MADONE ET U ENl'ANT ENTRE DEUX ANGES Musée des Offices. Florence. i
: des Beaux-Arts
Imp Paul Mo^&
que l'on retrouve sous les traits de saint Luc, dans un tableau malheureusement assez maltraité par une restauration, appartenant à lord Penrhyn m" 115). Le saint patron des peintres s'occupe de
LE ruUTEMEXT DE Cl; 0 1 X , LA MISE AU 1 U M If E A i: ET LA IIKSLHHECTII \ 0 L E T S I X T É m E U It S DU r 0 L Y r T Y O U E HE M E M L I X G
(CathéJrale do Lul.e^k.)
tracer sur le papier le portrait de la Vierge, assise devant lui sur un haut fauteuil à baldaquin, tenant l'Enfant Jésus. La Madone n'est point gracieuse; le petit Jésus est plutôt maussade. Saint Luc, sous les traits de Bouts, moins avancé en âge que dans la Cène, est, en revanche, une belle et noble figure. Le peintre, coiffé de son traditionnel bonnet, de teinte violacée cette fois, porte une robe de
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nuance plus claire. Il s'a^jciKuiillo à même le pavement. Le mobilier (le la pièce, le paysage du i'und, vu par les arcades, l'atelier du |)eintre surtout, qu'on aperçoit par une porte entr'ouverte, présentent un Krand intérêt. Saint Luc a momentanément délaissé le
s A I -M B L A I S E ET S A I .N 1 J .: A N - B A T 1 1 > T E VOLETS E X T É K I E U H S DE GAUCHE VV P . i L V r T ï Q U E DE M E M L 1 X G
(Cathélral; <lc I.u'ieck.'
chevalet où repose une image éi)auchée de la Malone. Elle se découpe en blanc sur le fond ro:ige. Les ustensiles du peintre, ses pinceaux, sa palette de inrme assez spéciale, sont des détails d information précieuse. La gamme un peu criarde des colorations, le vert intense de la draperie recouvrant un siège au fond de l'appartement, doivent être portés au c jmple de la fàcbeuse remise à neuf
Gasetie âes Bca^x-Az-ti